Cowboy Space vient de dévoiler Big Iron, une fusée dont le second étage reste en orbite pour devenir un data center. L’entreprise voit très grand et vise un lancement dès 2028, une deadline très optimiste.

Fondée en 2024 sous le nom d’Aetherflux par Baiju Bhatt, le cofondateur de l’application de trading Robinhood, Cowboy Space voulait au départ capter l’énergie du Soleil en orbite et la renvoyer sur Terre à l’aide de lasers.
Mais elle a totalement revu ses ambitions en mai 2026 : après avoir levé 275 millions de dollars, elle a annoncé vouloir exploiter des centres de calcul IA en orbite. Son premier satellite de démonstration, Reason-1, a d’ailleurs été lancé par SpaceX ce 1er octobre. Et visiblement, la start-up n’a pas envie de se reposer sur ses lauriers.
Une architecture inédite
Car pour exploiter des data centers dans l’espace, il faut tout d’abord pouvoir les y acheminer. Et Cowboy Space a expliqué ne pas avoir trouvé de fusée ; elle a donc décidé de construire la sienne, Big Iron. Haute de 86 mètres, un peu plus qu’un Falcon 9, elle doit placer plus de 15 tonnes en orbite.
Son premier étage réutilisable va s’appuyer sur neuf moteurs Clydesdale, qui brûlent un mélange d’oxygène liquide et de méthane. Puis un dixième exemplaire du même moteur devrait équiper le second étage. Une technologie en phase d’essais, Cowboy l’ayant testée la semaine dernière au centre spatial Stennis de la NASA. La chambre de combustion, elle, a été construite et mise à l’épreuve en seulement 90 jours par une équipe d’une trentaine de personnes, assure l’entreprise.
C’est surtout le second étage qui fait déjà parler, puisqu’il est voué à rester en orbite pour se muer en data center d’1 mégawatt, équipé de cinq racks de puces NVIDIA Vera Rubin. Chaque pièce a son rôle à jouer pour que cette prouesse soit rendue possible : la coiffe devient par exemple un radiateur, tandis que l’azote déploie les panneaux solaires.
Ces satellites formeront, à terme, Stampede, une constellation pouvant compter jusqu’à 20 000 engins sous réserve de l’accord du régulateur américain.
Cowboy Space veut répondre à la pénurie de lanceurs
En parallèle, Cowboy annonce le programme Big Iron Express pour ouvrir la fusée à des clients extérieurs, qui pourront envoyer en orbite des charges ayant besoin de jusqu’à 1 mégawatt de puissance. L’étage supérieur peut aussi être remplacé par un modèle qui largue des satellites. Le moment est bien choisi, alors que SpaceX se prépare à retirer son indétrônable Falcon 9. De quoi laisser un immense vide dans le domaine des lanceurs de taille moyenne.
Et si de nombreuses concurrentes, comme Neutron, Terran R ou Nova Space sont en préparation, force est de constater que le chemin est encore très long pour faire aussi bien que la fusée de SpaceX. Pour sa part, Cowboy Space vise décembre 2028 pour un premier lancement. Un calendrier qui semble très optimiste : fabriquer une fusée opérationnelle prend souvent de très longues années.