Tesla a fait rouler son nouveau Roadster la tête en bas sur une rampe, puis l’a fait voler quelques secondes grâce à des propulseurs à gaz froid conçus avec SpaceX. Elon Musk annonce une production en 2028, et la version accessible sur simple réservation n’aura aucun propulseur.

Elon Musk avait présenté en novembre 2017 un Roadster de quatre places, capable de parcourir 1 000 km avec une seule charge et promis aux premiers clients pour 2020. Il a fallu neuf ans et une longue série de reports pour que ces clients découvrent la version définitive, sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, au Texas, lors d’une démonstration diffusée en direct sur X à 2h55, heure de Paris. Seuls les détenteurs d’une précommande âgés d’au moins 21 ans avaient été invités. Elon Musk a tenu sa promesse de spectacle, mais Tesla a nettement revu à la baisse la fiche technique d’origine.
Trois versions, et le vol réservé aux invités de Tesla
Tesla a ouvert le show avec une rampe en forme de C. Le Roadster l’a gravie jusqu’à finir la tête en bas, plaqué contre la paroi par des ventilateurs qui aspirent l’air sous la caisse. La voiture s’est ensuite élancée dans le vide pour un tour complet sur elle-même, avant de regagner le sol sur ses quatre roues, stabilisée par ses propulseurs à air comprimé. Un robot Optimus avait pris place au volant, mais d’après Engadget, toutes les cascades étaient programmées. Un peu plus tard, le Roadster a survolé plusieurs Tesla garées et un semi-remorque. « Eh bien, ça a marché », s’est amusé Elon Musk.
Derrière le spectacle, Tesla a présenté trois versions de son Roadster. Le modèle Performance, à deux places, est équipé d’une aérodynamique active et du système d’aspiration, avec un 0 à 96 km/h annoncé en moins de 1,6 seconde. Avec la version Thrust et ses propulseurs à gaz froid logés à l’arrière, le temps annoncé est inférieur à 0,9 seconde, et Tesla a chronométré un 0 à 96 km/h en 0,81 seconde pendant la démonstration, précise notre confrère Frandroid.

Le constructeur a équipé la seule Rocket de propulseurs répartis sur tout le pourtour de la caisse, pour faire décoller la voiture et la faire pivoter en vol. Tesla annonce plus de 370 km/h en pointe pour cette monoplace accessible uniquement sur invitation, et précise sur sa page officielle qu’elle n’est pas homologuée pour la route.
Tesla a rouvert les réservations dans la foulée, sans annoncer le moindre prix. Pour la Performance, l’acheteur verse 5 000 dollars à la commande, puis 45 000 dollars sous dix jours. Au total, l’acompte est de 50 000 dollars, soit le montant exact réclamé en 2017. Pour la Thrust, il s’élève à 250 000 dollars aux États-Unis.
Une autonomie divisée par deux depuis 2017
Les clients de la première heure ont de quoi tiquer en découvrant la nouvelle fiche technique. Tesla annonce plus de 480 km d’autonomie pour toutes les versions, contre 1 000 km promis à l’origine, et ne propose plus que deux places au maximum. En pointe, la marque promettait plus de 400 km/h en 2017, alors qu’elle annonce aujourd’hui un peu plus de 370 km/h, et pour la seule Rocket. Avec moins de 1,6 seconde, la version de base est en revanche plus rapide que le Roadster de 2017, annoncé à 1,9 seconde.
Certains clients avaient versé jusqu’à 250 000 dollars pour la série limitée Founders, sur la foi de ces promesses. Pour Electrek, la Thrust et la Rocket sont surtout des vitrines marketing, et Tesla n’en vendra tout au plus qu’une poignée. Chez Morningstar, l’analyste Seth Goldstein voit lui aussi dans le Roadster une affaire d’image. « Le Roadster deviendra le nouveau modèle phare de Tesla », a-t-il écrit dans une note publiée en septembre, où il estime les ventes à environ 2 000 exemplaires par an. Tesla a vendu 1,6 million de véhicules l’an dernier, et Elon Musk minimisait en 2023 le poids du Roadster dans les finances du groupe.
Tesla a d’autres priorités en 2026. Le constructeur a arrêté cette année les Model S et X pour libérer des lignes de production à ses robots Optimus, et prévoit plus de 25 milliards de dollars d’investissements cette année, surtout dans l’IA et la robotique. Elon Musk, qui avait promis en mars une présentation pour la fin avril, a cette fois avancé une échéance de production. « Nous entrons en production en 2028 », a-t-il lancé à la fin de la démonstration, d’après Yahoo Finance. D’ici là, Tesla prévoit de tenter le saut du Snake River Canyon, dans l’Idaho, où le cascadeur Evel Knievel avait échoué en 1974.
Et puisqu'on est dans les dates, petite devinette. Avez-vous noté le petit clin d'œil d'Elon Musk à un autre roadster célèbre ? Un indice chez vous : 19h55.