Tesla efface discrètement le terme « Full Self-Driving » sur ses sites européens. Et ce n’est pas un hasard : cette décision pourrait aider le constructeur à décrocher un feu vert toujours incertain.

Tesla adapte sa stratégie au marché européen. ©Press Connect / Shutterstock
Tesla adapte sa stratégie au marché européen. ©Press Connect / Shutterstock

Car pour Tesla, faire accepter son système de conduite assistée en Europe relève du parcours du combattant. Le Vieux Continent impose en effet des règles plus strictes qu’aux États-Unis et plusieurs régulateurs, notamment dans les pays nordiques, demeurent sceptiques. Malgré le forcing du constructeur, qui tente par tous les moyens de changer l’avis des décideurs, la tâche s’avère très ardue. Selon Bloomberg, l’entreprise d’Elon Musk a donc choisi une autre stratégie. 

Un nom trompeur

Sur les versions européennes de son site, Tesla présente désormais son système sous le nom de « Tesla Assisted Driving », soit « conduite assistée ». Le site américain, lui, continue d’afficher « Full Self-Driving (Supervised) ». Ce nom est contesté depuis longtemps. Pour les régulateurs, les défenseurs de la sécurité routière et même certains clients, « Full Self-Driving » (« conduite entièrement autonome ») laisse croire que la voiture peut se passer du conducteur. Or, celui-ci doit constamment rester attentif et prêt à reprendre la main. 

Aux États-Unis, le régulateur automobile californien a menacé, fin 2025, de suspendre les ventes de Tesla, estimant que sa publicité pouvait tromper les conducteurs. Il a renoncé après que le constructeur a abandonné progressivement l’appellation Autopilot et précisé quand une supervision est obligatoire.

Même son de cloche en Europe, où les autorités néerlandaises, lorsqu’elles ont approuvé le dispositif en avril, ont tenu à rappeler qu’un véhicule équipé du FSD n’est pas autonome.

Les automobilistes qui utilisent le FSD doivent rester attentifs à tout moment. ©chettarin / Shutterstock
Les automobilistes qui utilisent le FSD doivent rester attentifs à tout moment. ©chettarin / Shutterstock

Un enjeu majeur pour Tesla

Si huit pays européens ont déjà autorisé le FSD, le feu vert à l’échelle de l’UE se fait encore attendre, et Tesla doit convaincre 15 des 27 États membres pour y parvenir. Mais beaucoup sont encore frileux. La France, elle, a accepté des essais sur route avec deux voitures seulement.

L’enjeu est de taille pour Tesla. Car le FSD, facturé 99 dollars par mois, est central dans la stratégie d’Elon Musk, qui veut faire du constructeur un pionnier des véhicules autonomes et de la robotique. Reste à voir si sa nouvelle approche sera payante. Et un changement de nom ne règle pas les problèmes du système en soi : beaucoup de régulateurs s’inquiètent de la propension du FSD à dépasser les limitations de vitesse. Les détenteurs de Tesla qui souhaitent en profiter vont donc devoir s’armer de patience, encore…

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