On la croyait condamnée, elle revient dans la course. La NASA prévoit de renvoyer des astronautes à bord de Starliner en 2028. Boeing peut, en partie, dire merci à SpaceX.

Retenue par la NASA en 2014, en même temps que SpaceX, la capsule de Boeing a enchaîné les incidents. Elle effectue son tout premier vol habité en 2024, mais des fuites d’hélium et un problème de propulseurs compliquent sa mission. À tel point que la NASA choisit de faire appel à SpaceX pour rapatrier les deux astronautes sur Terre.
Prévu pour dix jours, leur séjour sur la Station Spatiale internationale (ISS) s’est étiré sur neuf mois. Et en février dernier, la douche froide : l’agence a classé l’incident dans la catégorie la plus grave de son échelle. Mais visiblement, rien n’est écrit dans le marbre.
Plusieurs vols habités prévus
Car lors d’une conférence de presse organisée ce 28 septembre, la NASA et Boeing ont indiqué enfin savoir d’où venaient les pannes. Les fuites d’hélium étaient dues à des joints de vannes abîmés par le peroxyde d’azote, l’oxydant utilisé pour la propulsion. Les propulseurs du module d’équipage, eux, souffraient de corrosion. En cause, des résidus d’hydrazine, un carburant, entrés en contact avec le CO2 de l’air. Boeing va donc purger ces résidus et isoler les propulseurs.
La mission non habitée Starliner-1 doit démontrer que ces changements sont payants. Elle aura lieu dès ce mois de décembre, voire en janvier 2027. Et excellente nouvelle pour Boeing, les deux organismes ont également annoncé Starliner-2, prévue à la mi-2028 avec l’astronaute Woody Hoburg aux commandes, ainsi que deux autres vols habités par la suite. La capsule revient définitivement de loin.
Pour cette nouvelle étape, la NASA va en effet verser 359 millions de dollars au constructeur. Une somme qui va non seulement financer les modifications de la capsule, mais aussi permettre la certification de Vulcan, la fusée de la United Launch Alliance (ULA), pour les vols habités. Car Atlas V, qui lancera Starliner jusqu’à sa quatrième mission, part à la retraite.
La pression est sur les épaules de Boeing
Ce revirement n’a rien du hasard. « Ce n’est un secret pour personne que SpaceX compte abandonner ses anciennes plateformes comme Falcon et Dragon pour se concentrer sur Starship », a lancé Jared Isaacman, administrateur de la NASA. Mais l’agence devra continuer à desservir l’ISS, peut-être jusqu’en 2032, puis les futures stations privées. Relancer une compétition coûterait des milliards, alors qu’elle n’a besoin que de deux sièges tous les six à neuf mois.
L’enjeu reste, malgré tout, immense pour Boeing qui a dépensé 2 milliards de dollars dans ce programme. « Nous sommes incroyablement enthousiastes », assure John Mulholland, responsable de Starliner. D’autant qu’elle pourrait, très bientôt, se retrouver quasi seule sur le marché.