Airbus remporte un contrat de cybersécurité de 25 ans auprès du ministère des Armées. Baptisé PARACOM, il porte sur des passerelles chargées de sécuriser les échanges de données entre réseaux militaires classifiés et non protégés.

Airbus Cybersecurity, la filiale d'Airbus vient de décrocher le contrat PARACOM auprès de la DGA. © Airbus
Airbus Cybersecurity, la filiale d'Airbus vient de décrocher le contrat PARACOM auprès de la DGA. © Airbus

La Direction générale de l'armement (DGA) a confirmé ce mercredi 23 septembre avoir attribué le contrat PARACOM à Airbus Cybersecurity, la filiale d'Airbus dédiée à la sécurité informatique, au nez à la barbe de plusieurs de ses concurrents. D'une durée de 25 ans, ce contrat de cybersécurité englobe l'étude, la production et le maintien en condition opérationnelle de passerelles destinées aux réseaux du ministère des Armées. Ces équipements seront déployés aussi bien sur les sites du ministère que sur les théâtres d'opérations.

Airbus décroche PARACOM, le contrat qui doit blinder les réseaux de l'armée française

Au sein du ministère des Armées, les réseaux informatiques sont séparés selon la sensibilité des informations qu'ils transportent, du « secret » jusqu'au « non protégé ». Mais ces réseaux ont parfois besoin d'échanger des données. PARACOM se placera alors entre eux pour filtrer ce qui passe d'un côté à l'autre et sécuriser ces transferts. Une fois homologuées et certifiées, c'est-à-dire officiellement validées pour ces niveaux de sensibilité, ces passerelles seront déployées dans les armées et dans les directions et services du ministère. Elles deviendront alors un pilier de sa cybersécurité.

Airbus est une fois nouvelle récompensée pour son savoir-faire en la matière. « Depuis 2013, nous fournissons des passerelles de ce type pour les forces terrestres françaises », rappelle François Lombard, qui dirige l'activité Connected Intelligence d'Airbus Defence and Space, la branche défense et espace du groupe. Selon lui, PARACOM contribuera à renforcer « le bouclier numérique » des forces françaises.

Le contrat accompagnera ces passerelles tout au long de leur vie. Airbus devra d'abord les concevoir et en réaliser plusieurs prototypes, puis les produire. Il devra ensuite assurer leur maintien en condition opérationnelle, c'est-à-dire veiller à ce qu'elles restent fonctionnelles pendant toute la durée du contrat.

© Alexandre Boero / Clubic

Du datacenter au sous-marin, une cybersécurité tout-terrain

PARACOM, qui sera installée dans les bâtiments du ministère ou envoyée sur les théâtres d'opérations, ne se contentera pas d'un seul costume. Airbus prévoit plusieurs versions. La première s'intégrera dans une baie de datacenter, qui accueillent les serveurs. Une autre prendra la forme d'un caisson autonome, déployable dans un poste de commandement, d'où les militaires dirigent les opérations. D'autres encore sont prévues pour des environnements tactiques plus contraints, où les conditions d'installation sont bien plus exigeantes, comme les drones, les sous-marins, les navires de surface, les avions, les hélicoptères, les blindés ou véhicules terrestres.

À mesure que les opérations militaires se numérisent, les données circulent davantage, et les menaces informatiques qui les visent aussi. Contrôler ces flux de données est donc devenu un enjeu majeur pour les armées. Pour Airbus, c'est aussi une vitrine. François Lombard met en avant l'expertise de ses équipes dans les échanges dits « multi-niveaux », entre réseaux de sensibilités différentes. Selon lui, elle renforce la position du groupe en tant qu'« acteur souverain de la cybersécurité en France ». Autrement dit, un acteur français capable de fournir ces technologies sensibles sans dépendre de l'étranger. Notons que le montant que du contrat n'a, sans surprise, pas été communiqué, tout comme le nombre de passerelles commandées, ni le calendrier de déploiement.