Pendant que de nombreuses voix dans l’industrie de l’intelligence artificielle (IA) alertent sur un possible scénario catastrophe, Jensen Huang hausse les épaules et minimise les craintes de ses pairs. Mais son entreprise a-t-elle intérêt à dire le contraire ?

Car le climat est de plus en plus alarmiste dans l’industrie. Après les agissements délibérés et dangereux de plusieurs agents IA, des employés d’Anthropic ont évoqué un risque concret et réel pour l’humanité. Dans la foulée, Dario Amodei, patron de la start-up, a publié un long essai appelant à « ralentir le rythme » du développement de l’IA. Il est soutenu par Sam Altman et Elon Musk. Mais visiblement, tout le monde n'est pas du même avis.
Le bras droit de Trump sur l’IA
Dans une interview accordée à CBS News, le patron de NVIDIA est catégorique : « Il y a 0 % de chances que ce soit la fin du monde en 2030. Faire peur aux gens n’est pas nécessaire. C’est irresponsable ». Il va jusqu’à qualifier les mises en garde d’un employé démissionnaire d’Anthropic d’« irresponsables », estimant qu’elles ne reposent sur aucune base scientifique. Pour lui, la sécurité de l’IA n’a rien d’un dilemme existentiel : c'est un « problème d'ingénierie », qui se résout avec du « bon vieux génie logiciel ».
Une posture qui lui vaut les faveurs de Donald Trump, lui qui n’entend absolument pas freiner le développement des modèles au risque de voir la Chine devancer les États-Unis. Huang est d’ailleurs attendu au dîner organisé le 24 septembre prochain en l’honneur de Xi Jinping.
Sans surprise, Huang rejette également tout appel à un renforcement de la régulation. Selon lui, les lois existantes sur la responsabilité des produits et l’accès non autorisé aux systèmes suffisent largement à encadrer les dérives de l’IA. Une position qui colle à celle défendue par Donald Trump, qui a lui-même écrit que le seul garde-fou dont l’IA avait besoin était « un président fort et intelligent ».
NVIDIA joue gros
Il n’y a rien de vraiment étonnant, NVIDIA étant aujourd’hui au cœur de toute l’industrie de l’IA. Ses puces alimentent la quasi-totalité des modèles les plus puissants, ce qui lui a permis de devenir l’entreprise la plus valorisée au monde. Son P.-D. G prévoit, d’ailleurs, d’encore doubler ses ventes de puces l’an prochain. Concrètement, plus l'industrie accélère, plus NVIDIA prospère.
En parallèle, il est bon de noter que Dario Amodei appelle à restreindre les exportations de processeurs de pointe vers la Chine. Huang, lui, plaide pour le contraire, tant le marché de l’Empire du Milieu est crucial pour les activités de son entreprise. Difficile, dans ce contexte, de savoir si le dirigeant agit en tant qu’observateur objectif, ou en défenseur de ses propres intérêts commerciaux.