Les États-Unis se dotent d’une académie spatiale fédérale, pensée comme un vivier de futurs ingénieurs, astronautes et stratèges de l’espace. Un projet lancé à grande vitesse par l’administration Trump, qui entend laisser son empreinte dans la conquête du cosmos.

Donald Trump présente un décret présidentiel pour créer l’Académie spatiale des États-Unis sous les applaudissements de Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique, Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, et Jared Isaacman, administrateur de la NASA. ©NASA/John Kraus
Donald Trump présente un décret présidentiel pour créer l’Académie spatiale des États-Unis sous les applaudissements de Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique, Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, et Jared Isaacman, administrateur de la NASA. ©NASA/John Kraus

Le 28 août dernier, Donald Trump a signé un décret visant à poser les bases d’une future académie spatiale. Objectif : former une nouvelle génération capable de faire progresser les intérêts américains dans l’espace. Une initiative qui intervient alors que la NASA accélère son programme Artemis, qui vise à implanter une base permanente sur la Lune avant la Chine. 

Former les travailleurs de l’espace de demain

Cette académie doit former des scientifiques et des ingénieurs, mais aussi des pilotes, des entrepreneurs et de futurs fonctionnaires. Le texte évoque même des « guerriers », signe que la frontière entre vocation civile et militaire reste floue. Mais la NASA, elle, a déjà mis en place une commission dirigée par son administrateur, Jared Isaacman. « Notre première réunion a montré tout le talent et l'engagement derrière la vision du président Trump », s’est-il félicité le 9 septembre dernier.

L’agence spatiale a d’ores et déjà publié un appel à candidatures auprès des 50 États, invités à proposer un site pour accueillir le campus. La date limite est fixée au 26 octobre. Car le calendrier est particulièrement serré. Les premiers travaux de construction doivent démarrer dès 2027, tandis qu’une première promotion de 300 étudiants devrait intégrer des locaux provisoires l’année suivante en attendant l’ouverture du campus définitif, prévue pour 2031.

« La localisation de l'académie est un facteur clé de sa réussite », a insisté Matt Anderson, numéro deux de la NASA, en appelant les États à présenter leurs « meilleurs atouts ». Reste la question sensible du financement, le projet prévoyant une scolarité gratuite en échange d’un engagement de service au sein de la NASA ou, pour certains diplômés, de la Space Force.

Le logo de la NASA. ©Delpixel / Shutterstock
Le logo de la NASA. ©Delpixel / Shutterstock

Déjà de nombreuses incertitudes

Mais ce projet suscite aussi de vives critiques, rapporte Ars Technica, notamment chez les démocrates. Le sénateur John Hickenlooper le qualifie de « redondant, coûteux et pas sérieux », et considère qu’il s’agit d’un doublon de l’Air Force Academy, déjà chargée de former des officiers pour l'armée de l'air américaine. Il rappelle que le déficit public, lui, continue de se creuser.

D’autres élus réclament davantage de transparence, notamment au niveau du financement. En parallèle, l’incertitude plane : car cette initiative devra très certainement s’appuyer sur le maintien d’une majorité républicaine au Congrès. Or, les élections de mi-mandat, prévues en novembre prochain, pourraient rebattre les cartes et compromettre la suite de cette académie encore balbutiante.

Pour rappel, un responsable américain vient de révéler, pour la première fois, que le pays dispose d'armes prêtes à être actionnées en orbite terrestre.