Microsoft commence à retirer ou à rebaptiser quelques intégrations Copilot, mais il ne faut surtout pas y voir un début de désengagement. Lors de la conférence Acer organisée à l’IFA 2026, le groupe a au contraire expliqué vouloir intégrer l’IA plus profondément dans Windows.

Microsoft veut moins de boutons Copilot dans Windows 11, mais certainement pas moins d’IA. © Microsoft
Microsoft veut moins de boutons Copilot dans Windows 11, mais certainement pas moins d’IA. © Microsoft

Depuis quelques mois, Microsoft semble vouloir calmer le jeu autour de Copilot dans Windows 11. Son nom disparaît de quelques applications, tandis que le groupe promet de se concentrer à nouveau sur les fondamentaux du système. Il ne faudrait pourtant l’interpréter comme un recul sur l’IA. Microsoft a au contraire précisé la place qu’il compte lui donner dans Windows : moins de fonctions estampillées Copilot, davantage de traitements exécutés sur le PC et, à terme, un système pensé pour accueillir des agents sans devoir solliciter le cloud à chaque opération.

Moins de Copilot à l’écran, plus d’IA directement sur le PC

Microsoft vient justement d’en donner une première traduction très concrète avec Project Zenith, une nouvelle catégorie de PC conçus pour le développement et l’exécution locale de gros modèles. Mais ces machines fraîchement annoncées ne sont qu’une déclinaison très ciblée d’une stratégie plus généraliste : Microsoft ne compte pas réserver l’IA locale aux développeurs ni aux configurations les plus musclées.

Satya Nadella en avait posé les termes dès la Build 2026, expliquant vouloir apporter une « unmetered intelligence », soit une intelligence « illimitée », sur tous les bureaux et dans tous les foyers équipés de Windows. Une formule reprise quelques mois plus tard à l’IFA par Mark Linton, vice-président de Microsoft chargé de Windows et des appareils, qui a lui aussi transposé à l’ère de l’IA le vieux mot d’ordre du groupe, celui d’un PC sur chaque bureau et dans chaque foyer.

Concrètement, il ne s’agit pas de promettre une intelligence artificielle gratuite et sans aucune restriction d’usage. Microsoft veut surtout que Windows puisse confier davantage de traitements au PC lui-même, dès lors que ses ressources le permettent, plutôt que de solliciter systématiquement le cloud. CPU, GPU et NPU pourraient ainsi prendre en charge localement une part croissante des tâches courantes, tandis que les modèles distants resteraient mobilisés pour les opérations les plus exigeantes. Une requête exécutée sur la machine ne mobilise alors ni puissance de calcul dans un centre de données, ni tokens facturés ou décomptés par un service distant.

Cette volonté de faire passer l’IA au second plan de l’interface transpire aussi dans les choix récents de Microsoft. Dans le Bloc-notes, par exemple, l’intégration autrefois estampillée Copilot répond désormais à l’appellation plus neutre « Outils d’écriture ». Le nom disparaît également de Photos et de l'outil Capture d’écran, sans que les fonctions d’IA associées soient supprimées.

Windows prépare déjà l’étape d’après

Cette évolution doit aussi servir un autre chantier déjà bien engagé chez Microsoft : celui des agents capables d’agir directement dans Windows. Parce qu’ils peuvent enchaîner les opérations pendant de longues périodes et solliciter régulièrement des modèles, ces agents ont tout intérêt à s’appuyer autant que possible sur les ressources du PC plutôt qu’à multiplier les appels au cloud.

Reste la sempiternelle question de leur autonomie : jusqu’où Windows doit-il les laisser agir ? Mark Linton l’a de nouveau abordée à l’IFA, notamment dans le cas des entreprises, qui n’ont évidemment aucun intérêt à laisser des agents circuler librement dans leurs systèmes ou accéder indistinctement aux ressources de leurs utilisateurs.

Sur ce terrain, Microsoft travaille depuis plusieurs mois à encadrer beaucoup plus précisément leur marge de manœuvre. Le groupe prévoit ainsi de les isoler dans des environnements dédiés, de leur attribuer une identité propre et de contrôler leurs permissions, afin qu’ils puissent utiliser les ressources du PC sans disposer pour autant des mêmes droits que la personne connectée.

Microsoft n’en est d’ailleurs plus au stade des intentions. Les Microsoft Execution Containers, l’identité dédiée aux agents et les mécanismes destinés à encadrer leurs permissions avaient déjà été détaillés à la Build 2026. Windows doit ainsi pouvoir distinguer leurs actions de celles de la personne connectée, limiter les ressources auxquelles ils ont accès et conserver une trace de leur activité. Mark Linton promet désormais davantage de précisions sur la manière dont tout cela prendra forme dans Windows d’ici la fin de l’année.

Windows 11
  • Refonte graphique de l'interface réussie
  • Snap amélioré
  • Groupes d'ancrage efficaces
8 / 10