Le rover Perseverance parcourt aujourd’hui la quasi-totalité de ses trajets martiens sans intervention humaine directe. Depuis février 2021, il est allé plus loin au cumulé que Curiosity. La NASA teste par ailleurs un nouvel outil pour préparer les itinéraires du rover grâce à l’intelligence artificielle.

Le rover Perseverance roule désormais presque seul sur Mars - ©Triff / Shutterstock
Le rover Perseverance roule désormais presque seul sur Mars - ©Triff / Shutterstock

Depuis son atterrissage dans le cratère Jezero, le 18 février 2021, Perseverance conduit tout seul l’essentiel de ses trajets. Grâce à son algorithme de navigation autonome, AutoNav, le rover analyse les images prises par ses caméras et calcule environ 1 700 trajets possibles avant chaque manœuvre. Son ordinateur de bord dispose d’une puissance de calcul équivalente à celle d’un iMac G3, qui se vendait à la fin des années 1990

Contre seulement 6,2 % pour Curiosity, précédent rover de la NASA arrivé sur Mars en 2012, il a roulé seul sur environ 90 % de ses trajets. Le 28 mai 2025, le rover a atteint 36 945 mètres au cumulé, contre 36 859 mètres pour Curiosity à son 4 554ᵉ sol martien, et trois fois plus vite que son prédécesseur.

Perseverance a franchi un champ de blocs rocheux avant de devancer Curiosity en distance cumulée

En 2023, le rover a traversé le champ de blocs rocheux Snowdrift Peak, dans le cratère Jezero. Le trajet en ligne droite à travers ce secteur mesurait 520 mètres, mais Perseverance a parcouru 759 mètres au total, en évitant des roches absentes des images orbitales utilisées pour préparer l’itinéraire. Ce trajet aurait demandé trois fois plus de temps si des opérateurs humains l’avaient entièrement planifié, selon le Jet Propulsion Laboratory (JPL), le centre de la NASA chargé de la mission.

Au 1 312ᵉ sol de la mission, le 28 octobre 2024, le rover a parcouru plus de 30 kilomètres et prélevé 24 échantillons de roche. Il a roulé seul sur près de 90 % de ses trajets. Au 11 décembre 2025, sol 1710 de la mission, le rover a passé la barre des 42,3 kilomètres, avec plus de 90 % de pilotage autonome et plus de 99 % de mesures de position par odométrie visuelle. Lors de la campagne d’ascension du delta du cratère Jezero, une zone de dépôts sédimentaires anciens, il a couvert 88 % des 17,7 kilomètres du parcours en pilotage autonome, selon la revue Science Robotics. Le rover Opportunity, actif de 2004 à 2018, conserve pour sa part le record de distance totale parcourue sur Mars, avec 45 161 mètres. Fin 2025, les ingénieurs du JPL ont entrepris de certifier Perseverance pour un total de 100 kilomètres parcourus.

En février, Perseverance a testé un nouveau système de localisation par image panoramique, mis au point par une équipe de chercheurs affiliés au JPL. Le rover a déterminé sa position sans recours aux repères envoyés depuis la Terre, selon des chercheurs affiliés au JPL.

Depuis son atterrissage dans le cratère Jezero, le 18 février 2021, Perseverance conduit tout seul l'essentiel de ses trajets - ©NASA
Depuis son atterrissage dans le cratère Jezero, le 18 février 2021, Perseverance conduit tout seul l'essentiel de ses trajets - ©NASA

Les ingénieurs du JPL confient une partie du tracé à une intelligence artificielle

C’est la première fois qu’un robot d’exploration sur un autre monde suit un trajet entièrement calculé par une intelligence artificielle. Les 8 et 10 décembre derniers, des ingénieurs du JPL ont fait effectuer deux trajets de Perseverance planifiés par Claude. Pour cette démonstration, l’équipe a utilisé un modèle de vision et de langage fondé sur l’IA d’Anthropic, afin d’analyser des images prises en orbite par le Mars Reconnaissance Orbiter, un satellite de la NASA en service depuis 2006, et d’établir les points de passage du rover.

Les équipes du JPL ont ensuite vérifié ces instructions et les ont testées dans un jumeau numérique du rover, avant leur exécution sur Mars. Le rover a parcouru environ 210 mètres lors du premier trajet, puis 246 mètres deux jours plus tard, sans intervention humaine supplémentaire pour le choix de la trajectoire.

Source : Ars Technica