Décidément, SpaceX voit extrêmement loin. En plus de vouloir dominer le secteur spatial et l’intelligence artificielle (IA), l’entreprise d’Elon Musk accélère clairement pour se muer en véritable opérateur de télécommunications.

SpaceX passe à la vitesse supérieure. ©Diego Thomazini / Shutterstock
SpaceX passe à la vitesse supérieure. ©Diego Thomazini / Shutterstock

On sait que la société place doucement ses pions pour proposer une offre dite « direct-to-device ». Problème, elle manque de fréquences basses, plus efficaces en zones urbaines et denses, qui concentrent un nombre bien plus élevé d’utilisateurs sur un même signal. Car outre-Atlantique, les trois géants AT&T, Verizon et T-Mobile se les ont accaparées au fil du temps. SpaceX va donc devoir employer la manière forte après avoir entamé les travaux en rachetant des fréquences à EchoStar l’année dernière.

Plusieurs pistes envisagées par SpaceX

Deux pistes seraient à l’étude en interne, selon des révélations exclusives du média Semafor. La première consisterait à racheter directement des concurrents pour mettre la main sur leurs fréquences, et la seconde reviendrait à participer aux enchères gouvernementales prévues l’année prochaine. Elles porteront sur la bande C, une portion du spectre radioélectrique qui offre un bon compromis entre portée du signal et capacité de données. Point notable, elle est aussi bien exploitable par satellite que via les réseaux terrestres.

SpaceX aurait également présenté un prototype de smartphone à ses investisseurs, et réfléchirait à construire son propre réseau hybride, mêlant satellite et infrastructure terrestre classique. Elon Musk lui-même a déjà évoqué la possible acquisition d’un opérateur télécom. Mais une telle démarche se chiffrerait en centaines de milliards de dollars.

La constellation Starlink compte plus de 10 000 satellites en orbite. ©Below the Sky / Shutterstock
La constellation Starlink compte plus de 10 000 satellites en orbite. ©Below the Sky / Shutterstock

Amazon veut aussi sa part du gâteau

La concurrence s’annonce particulièrement féroce sur ce nouveau terrain. Car de son côté, Amazon, qui s’apprête à marcher sur les plates-bandes de Starlink avec sa constellation Leo, vient de déposer sa propre demande auprès de la pour déployer une constellation de plus de 5 000 satellites dédiée au « direct-to-device ».

Les deux géants de la tech ont une ambition claire : s’imposer sur un marché jusque-là monopolisé par les opérateurs historiques. D’ailleurs, ces révélations ne sont pas passées inaperçues : les actions d'AT&T, Verizon et T-Mobile ont chuté de 4 % dans la foulée.

Si pour l’heure, rien n’indique qu’ils arriveront effectivement à faire pencher la tendance en leur faveur, il semble évident que le visage des réseaux mobiles est définitivement en train de changer.

  • Internet haut débit (presque) partout
  • Facilité d'installation
  • Débits excellents
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Foire aux questionsContenu généré par l’IA
Qu’est-ce qu’une offre mobile « direct-to-device » par satellite ?

Le « direct-to-device » désigne une connectivité satellite pensée pour fonctionner directement avec un smartphone standard, sans antenne satellite dédiée. L’idée est de s’appuyer sur des bandes de fréquences compatibles et des adaptations réseau pour que le téléphone voie le satellite comme une extension du réseau mobile. Les débits et la latence restent en général plus contraints qu’en 4G/5G terrestre, surtout au début, mais l’objectif prioritaire est la couverture (zones blanches, secours, itinérance). Techniquement, cela repose sur un maillage de satellites en orbite basse (LEO) et une coordination étroite avec l’écosystème mobile (cœur de réseau, gestion de la mobilité, interférences).

Pourquoi les « fréquences basses » sont-elles si importantes pour la couverture en zones urbaines denses ?

Les fréquences basses (typiquement sous 1 GHz) portent plus loin et pénètrent mieux dans les bâtiments, ce qui améliore la couverture à puissance équivalente. En ville, elles aident à maintenir un signal stable à l’intérieur et dans les rues encaissées, là où les fréquences plus hautes se dégradent plus vite. Elles permettent aussi de réduire le nombre de sites radio nécessaires pour couvrir une zone, ce qui compte sur des marchés déjà saturés en infrastructures. En contrepartie, ces bandes sont rares, très convoitées et souvent déjà attribuées, ce qui rend leur accès coûteux (rachat, partage ou enchères).

À quoi sert la bande C et pourquoi est-elle stratégique pour des réseaux hybrides satellite + terrestre ?

La bande C est une portion du spectre utilisée à la fois par des services satellitaires et par des réseaux terrestres selon les pays et les autorisations. Elle est recherchée car elle offre un compromis : meilleure portée et robustesse que des fréquences plus hautes, tout en proposant des capacités supérieures à des bandes très basses. Pour un acteur visant un réseau hybride, cette « polyvalence » facilite l’idée de combiner couverture satellite et densification terrestre, avec des arbitrages plus souples. Mais son usage est fortement encadré, car il faut gérer la coexistence entre acteurs (risques d’interférences) et respecter les conditions d’attribution lors d’enchères ou de licences.