MTG-I2, nouveau satellite météo destiné à l'Europe et à l'Afrique du Nord, s'envolera le 27 août à bord d'Ariane 6, lors de la toute première mission du lanceur vers l'orbite géostationnaire, confirmée par Arianespace ce lundi.

Le logo de la mission VA270 d'Arianespace, dont on connaît désormais la date de lancement. © Arianespace
Le logo de la mission VA270 d'Arianespace, dont on connaît désormais la date de lancement. © Arianespace

C'est désormais officiel, comme Arianespace nous l'apprend ce lundi 20 juillet, la mission VA270 décollera le 27 août prochain depuis Kourou, pour emmener le satellite météorologique MTG-I2 vers l'orbite de transfert géostationnaire, une grande première pour Ariane 6. L'appareil dernier cri, fruit d'un long partenariat entre l'ESA et Eumetsat, doit affiner sensiblement les prévisions météo sur l'Europe et l'Afrique du Nord, en particulier face aux orages violents. On fait le point sur ce lancement pas comme les autres, et sur la technologie qui l'accompagne.

Un décollage désormais daté pour un défi inédit pour Ariane 6

Le suspense n'aura pas duré longtemps. Quelques jours seulement après avoir simplement évoqué un décollage « courant août », Arianespace a tranché, et ce sera donc le jeudi 27 août 2026, dans un peu plus d'un mois. Le lanceur européen décollera depuis le Centre spatial guyanais dans sa configuration Ariane 62, dotée de deux boosters à propergol solide P120C, pour un vol qui doit durer environ 36 minutes, jusqu'à la séparation du satellite.

Ce lancement, baptisé VA270, écrira une nouvelle page de l'histoire encore jeune du lanceur, puisqu'il s'agira du neuvième vol d'Ariane 6, du sixième dans sa version Ariane 62, mais surtout de sa toute première mission vers l'orbite de transfert géostationnaire. Un trajet bien plus long que les précédents, à 36 000 kilomètres d'altitude.

Pour Arianespace, ce sera également le 362e lancement de son histoire et le quatrième de l'année 2026, un rythme qui confirme la montée en puissance du lanceur européen. Jusqu'ici, Ariane 6 enchaînait surtout des missions en orbite basse, notamment pour la constellation Amazon Leo, avec succès à chaque fois.

Le satellite météo MTG-I2, à son arrivée en Guyane. © Arianespace
Le satellite météo MTG-I2, à son arrivée en Guyane. © Arianespace

MTG-I2, la nouvelle sentinelle météo de l'Europe

Dans la coiffe d'Ariane 6, sera installé le satellite MTG-I2 pèse 3 800 kg, qui constitue le troisième maillon de la famille Meteosat Third Generation, issu de plus de quinze ans de développement. Il vient prendre le relais des quatre satellites Meteosat Second Generation, placés en orbite entre 2002 et 2015. Le consortium industriel est mené par Thales Alenia Space, épaulé par OHB System en Allemagne et Leonardo en Italie, sous la supervision conjointe de l'Agence spatiale européenne (ESA) et d'Eumetsat, qui exploitera l'appareil une fois en poste. Le satellite sera capable d'apporter des prévisions météo plus fiables à l'Europe comme à l'Afrique du Nord.

Son instrument phare, le Flexible Combined Imager, scrutera en permanence le même point du globe grâce à un cycle de balayage rapide toutes les deux minutes et demie. Il viendra épauler son jumeau MTG-I1, alias Meteosat-12, déjà en orbite depuis son lancement par Ariane 5 en décembre 2022. Ensemble, les deux satellites couvriront l'Europe et l'Afrique du Nord, même si la cadence de balayage ne sera pleinement effective qu'une fois le segment sol achevé, en 2027.

L'autre atout du satellite MTG-I2, c'est le Lightning Imager, un instrument qui traque la moindre décharge électrique dans l'atmosphère, jour et nuit. Une technologie déjà testée avec succès sur MTG-I1 dès 2022, où elle avait fait figure de pionnière en Europe. L'intérêt est ici d'affiner les prévisions à très court terme, une discipline que les spécialistes appellent le nowcasting.

Une fois les trois satellites de la famille MTG réunis en orbite, leurs données croisées doivent aboutir à un cube météo en 3D, capable de représenter éclairs, vents et pollution atmosphérique. Pour Simonetta Cheli, directrice des programmes d'observation de la Terre à l'ESA, l'objectif est clair : mieux alerter en amont des épisodes météo extrêmes, au bénéfice direct des citoyens européens.