Arianespace a officiellement lancé la campagne de lancement de la mission VA270. À son bord, le satellite météo MTG-I2 doit propulser Ariane 6 vers l'orbite géostationnaire pour la toute première fois, avec un décollage visé courant août 2026.

Après avoir enchaîné les missions vers l'orbite basse pour la constellation Amazon Leo, Ariane 6 s'apprête à relever un tout autre défi avec la mission VA270. Cette fois, le lanceur devra rallier l'orbite géostationnaire, à 36 000 kilomètres d'altitude, où les satellites restent en permanence au-dessus du même point du globe. À son bord se trouvera le satellite météo MTG-I2, qui vient d'achever sa traversée de l'Atlantique pour rejoindre le Port spatial européen, en Guyane, où sa campagne de lancement a officiellement débuté. Reste maintenant à Arianespace à préparer, d'ici le décollage prévu au cours du mois d'août 2026, ce neuvième vol du lanceur européen, qui n'aura encore jamais volé aussi loin.
Pourquoi le prochain vol d'Ariane 6 est encore différent de tous les précédents
Arianespace a, il y a quelques jours, officialisé sur ses différents canaux de communication le lancement de la campagne pour la mission VA270. Le satellite MTG-I2 venait tout juste de rejoindre le Centre spatial guyanais, à Kourou après un long voyage transatlantique, direction les installations de préparation des charges utiles. L'ouverture de son conteneur de transport marque le vrai point de départ des opérations avant l'envol.
Place maintenant à plusieurs semaines de vérifications méticuleuses, cruciales, faites de contrôles électriques et mécaniques, de tests de propreté, d'une recharge de la batterie, et du remplissage des réservoirs d'ergols. Le satellite sera ensuite fixé à son adaptateur de lancement puis soigneusement encapsulé dans la coiffe d'Ariane 6, prêt à recevoir officiellement son ticket pour l'orbite de transfert géostationnaire.
Si la date exacte du décollage doit encore être précisée, Arianespace vise pour l'instant le mois d'août. Pour cette mission, Ariane 6 sera de retour en version Ariane 62, équipée de deux boosters à propergol solide P120C, une configuration plus légère que celle mobilisée lors des récents tirs pour Amazon. Une chose est sûre en revanche, Ariane 6 prendra la direction de l'orbite de transfert géostationnaire, une destination que la fusée n'avait encore jamais visée. Ce sera donc, très concrètement, le trajet le plus long jamais parcouru par le lanceur européen depuis son entrée en service. Voyons d'ailleurs ce qu'Ariane 6 devra mettre en orbite.

Comment MTG-I2 va améliorer les prévisions météo
Avec ses 3 800 kg, le satellite MTG-I2 est le troisième maillon de la famille Meteosat Third Generation, fruit de plus de quinze ans de développement mené par un consortium emmené par Thales Alenia Space, avec OHB System et Leonardo comme partenaires principaux. Il vient prolonger le travail longtemps assuré par les quatre satellites Meteosat Second Generation, placés en orbite entre 2002 et 2015. Une fois en poste, MTG-I2 sera exploité par Eumetsat (European Organisation for the Exploitation of Meteorological Satellites), au service des prévisions météo pour l'Europe et l'Afrique du Nord. James Champion, chef de projet MTG à l'ESA, explique d'ailleurs qu'après plus de quinze ans d'efforts et de technologies inédites développées de toutes pièces, son équipe se dit fière de livrer un satellite capable d'apporter des prévisions plus fiables à l'Europe comme à l'Afrique du Nord.
À son bord, l'instrument phare s'appelle le Flexible Combined Imager. Depuis l'orbite géostationnaire, à 36 000 kilomètres d'altitude, il conservera en permanence le même point de vue sur Terre au fil de sa rotation, un peu comme un rapace qui garderait sa proie dans le viseur. Sa signature est un cycle de balayage rapide toutes les 150 secondes, soit 2,5 minutes, une cadence qui devrait faire toute la différence pour la prévision météo, mais qui ne sera pleinement effective qu'une fois la mise en service du satellite et de son segment sol achevée, en 2027. Positionné à 9,5 degrés Est, à hauteur de l'Allemagne et de la Sardaigne, MTG-I2 complètera son jumeau MTG-I1, déjà en poste à la même longitude que Londres, pour couvrir ensemble l'Europe et l'Afrique du Nord.
MTG-I2 embarque aussi un Lightning Imager, qui peut détecter chaque éclair de jour comme de nuit pour affiner les prévisions à très court terme, une discipline que les spécialistes appellent le « nowcasting ». Un instrument déjà inauguré en 2022 sur le premier MTG-I, où il avait fait figure de première européenne. Une fois les trois satellites de la famille MTG réunis en orbite, leurs données croisées, celles de l'Imager et celles du Sounder, permettront même de construire un cube météo en 3D, capable de modéliser les éclairs, les vents ou la présence de polluants dans l'atmosphère. Autant d'avancées qui, selon Simonetta Cheli, directrice des programmes d'observation de la Terre à l'ESA, doivent surtout se traduire par de meilleures alertes en amont des épisodes météo extrêmes, au bénéfice direct des citoyens européens.