Portée par le boom de l'intelligence artificielle, ASML s'impose comme la valeur la plus chère de la Bourse européenne. Le fabricant néerlandais pourrait devenir la première entreprise du continent à franchir les 1 000 milliards de dollars de capitalisation.

Avec une action en hausse de 60 % depuis janvier, ASML (Advanced Semiconductor Materials Lithography) s'est hissée au sommet des valeurs européennes, en avoisinant désormais les 700 milliards de dollars de capitalisation. Pour franchir le fameux seuil des 1 000 milliards, le titre devrait grimper jusqu'à 2 600 dollars, soit 42 % de plus qu'aujourd'hui, un scénario jugé crédible aujourd'hui par plusieurs analystes. Reste à savoir si les géants du cloud continueront d'investir massivement dans leurs data centers, comme le rapporte Reuters.
ASML, seule entreprise européenne dans le top 20 mondial des plus grosses valorisations boursières
ASML n'est pas une entreprise comme les autres. La firme néerlandaise, dirigée par le Français Christophe Fouquet présent à VivaTech cette année, domine très largement le marché des machines de lithographie extrême ultraviolet (EUV), de véritables cathédrales de précision indispensables à la gravure des puces les plus avancées. Sans son feu vert technologique, ni TSMC ni Samsung ne pourraient fabriquer les processeurs qui alimentent aujourd'hui l'explosion de l'intelligence artificielle.
Le groupe affiche une forme presque insolente, avec un carnet de commandes quasiment complet pour ses systèmes EUV de dernière génération jusqu'en 2027. Ses résultats du deuxième trimestre ont d'ailleurs largement dépassé les attentes des marchés, propulsant l'action vers de nouveaux sommets et confirmant que la demande ne faiblit pas, bien au contraire.
Imaginez qu'ASML a doublé, coup sur coup, quatre poids lourds de la cote européenne, à savoir les Suisses Roche, Novartis et Nestle, ainsi que le Français LVMH, pour s'installer seule sur la plus haute marche du podium continental. Surtout, elle est la seule entreprise à intégrer le top 20 des valorisations planétaires (à la 20ème place), intercalée entre les mastodontes Visa et Exxonmobil. Une ascension éclair, dont on n'a pas forcément l'habitude sur le Vieux continent, et qui tranche évidemment avec l'image d'un marché européen souvent jugé plus poussif que Wall Street, qui braque désormais tous les projecteurs sur le groupe néerlandais.
Les risques qui pourraient freiner ASML vers les 1 000 milliards
Les prévisions des analystes varient fortement d'un établissement à l'autre. New Street Research campe sur un cours prudent de 1 611 dollars, quand Bernstein grimpe jusqu'à 2 866 dollars, bien au-delà du seuil des 1 000 milliards. Entre les deux, la plupart des grandes banques, de Morgan Stanley à Deutsche Bank en passant par JP Morgan et HSBC, convergent plutôt autour de 2 100 à 2 470 dollars, un consensus assez optimiste.
« Je pense qu'ASML a vraiment de bonnes chances d'être la première entreprise européenne à franchir la barre des mille milliards », confie Carolyn Bell, gestionnaire du fonds Global Best Ideas chez Stonehage Fleming, où ASML représente environ 8 % des actifs, auprès de nos confrères. Reste une question à laquelle elle-même n'a pas de réponse toute faite : quand ?
La trajectoire n'est pas encore dessinée. Tout dépendra de la capacité de Google, Amazon et des autres géants du cloud à maintenir leurs investissements colossaux dans les data centers, et de celle de TSMC ou Samsung à exécuter leurs propres plans d'expansion. L'action se négocie déjà à 38 fois les bénéfices attendus pour 2027, un niveau supérieur à celui de la plupart de ses concurrents. Un autre signal très positif, pour ASML.