Le robot humanoïde CyberOne de Xiaomi est désormais capable de poser des écrous autotaraudeurs avec un taux de réussite de 98 % sur une ligne de production automobile, quatre mois après un premier essai à 90,2 %. La machine trie aussi des pièces flexibles avec 90 % de réussite.

Xiaomi a fait travailler son robot humanoïde CyberOne sur une ligne de fabrication de véhicules électriques. Pendant trois heures, la machine a serré des écrous autotaraudeurs sur des pièces de plancher moulées sous pression, au rythme de 76 secondes par pièce, la cadence la plus rapide de la chaîne. Lors de ce premier essai, le robot a réussi l’opération dans 90,2 % des cas. Quatre mois plus tard, Xiaomi annonce qu’il pose désormais ces écrous avec 98 % de réussite, à un point seulement de la performance d’un opérateur humain sur cette même tâche. L’écrou autotaraudeur est une pièce complexe, dont la pose a demandé un long travail d’ajustement.
Le robot ajuste sa prise à chaque écrou cannelé
À cause de sa structure cannelée, la position de serrage de l’écrou change à chaque prise. Un aimant attire en plus la goupille de positionnement pendant la manipulation et déplace légèrement la pièce à chaque tentative. Pour maîtriser cette variabilité, les ingénieurs de Xiaomi ont associé un modèle Vision-Langage-Action, Xiaomi-Robotics-0, avec de l’apprentissage par renforcement. Le robot croise la vision de deux caméras, montées à l’avant et au poignet, avec un capteur tactile placé au bout des doigts. Avec la caméra seule, le robot perd parfois le contact réel, en cas de reflet ou d’occlusion partielle ; avec le capteur tactile seul, il se laisse tromper par un contact accidentel entre les doigts. Grâce à cette fusion des deux entrées, le robot repère le contact réel entre l'écrou et la main dans les deux situations.
Mais CyberOne est aussi exigeant avec son corps tout entier.
Le robot garde aussi son équilibre à chaque geste, quel que soit l’angle de travail. Il calcule en moins d’une milliseconde comment satisfaire, dans l’ordre, ses contraintes d’équilibre, de sécurité, puis de tâche. Avant l’essai réel, CyberOne a été entraîné sur une plateforme de simulation, avec des centaines de millions de perturbations aléatoires appliquées à des milliers de robots virtuels. Le robot applique ensuite cette stratégie sur les machines de l’usine, sans réglage préalable.
Les automates classiques sont moins performants sur les pièces souples
Les panneaux de la console centrale changent de forme et glissent à chaque prise parce qu’ils sont souples. Une pièce rigide garde une forme fixe d’un contact à l’autre. Là encore, CyberOne trie ce type de pièces et plie des bacs de rangement. Et neuf fois sur dix, c’est un sans-faute. Exactement comme en robotique industrielle, qui maîtrise parfaitement l’exercice, CyberOne sait adapter son geste à ce qu’il manipule.
Le robot Figure 02, développé par la start-up américaine Figure, a exécuté des tâches logistiques pendant un direct de plus de vingt heures. Pour sa part, un robot d’Abigot a résisté sur une ligne de production de tablettes pendant 64 heures d’affilée, avec un taux de réussite de 99,99 %. Ces deux démonstrations durent plus longtemps que celle de Xiaomi, mais elles ont eu lieu sur des lignes conçues pour l’exercice. Xiaomi respecte, quant à lui, le cycle de production le plus rapide de sa chaîne automobile, fixé à 76 secondes, sur un poste intégré à une usine automobile déjà en activité.