Pour anticiper les menaces, SFR et Nokia viennent de valider une solution de cybersécurité post-quantique sur le réseau optique français. Un test mené avec succès à Vélizy, qui pourrait redessiner la sécurité des infrastructures télécoms d'ici quelques années.

SFR et Nokia ont franchi un cap supplémentaire dans la course à la cybersécurité post-quantique, en testant avec succès un chiffrement quantum-safe sur le réseau optique de l'opérateur français. Menée au TechnoLab de Vélizy, rattaché à SFR, l'expérimentation a permis de chiffrer les données directement sur la fibre, à la vitesse de la lumière, pour les protéger contre de futurs ordinateurs quantiques assez puissants pour casser les codes actuels. L'objectif est clairement d'anticiper cette menace émergente et les réglementations européennes déjà en vigueur, DORA et NIS2.
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SFR et Nokia à l'épreuve du chiffrement quantum-safe
L'informatique quantique n'est pas qu'un fantasme de chercheurs en blouse blanche. À terme, elle pourrait casser les chiffrements qui protègent aujourd'hui nos communications les plus sensibles. Le risque porte un nom d'ailleurs : « harvest now, decrypt later », littéralement récolter maintenant, déchiffrer plus tard, ces données interceptées aujourd'hui et stockées, en attendant qu'un futur ordinateur quantique les déchiffre tranquillement. De quoi donner des sueurs froides aux opérateurs.
C'est justement pour parer ce scénario que SFR et Nokia travaillent ensemble. Rendue publique le 16 juillet 2026, l'expérimentation a été menée au TechnoLab de Vélizy, un environnement calqué sur les infrastructures réelles de l'opérateur, pour tester la solution Quantum Secure Network de Nokia sur le réseau de transport optique WDM, une technologie qui fait voyager plusieurs signaux lumineux simultanément sur une même fibre. Un terrain de jeu grandeur nature, loin des simples démonstrations en laboratoire fermé.
Concrètement, les données sont chiffrées automatiquement dès leur passage sur la fibre optique, grâce aux équipements 1830 PSS de Nokia, sans matériel supplémentaire ni rupture de charge. Les clés cryptographiques, elles, sont pilotées par le serveur de sécurité 1830 SMS. On a du coup une protection de bout en bout basée sur l'algorithme AES-256, sans sacrifier ni le débit ni la latence.
SFR prêt à déployer le chiffrement quantum-safe à grande échelle
Le gros atout de cette approche est qu'elle ne nécessite aucune infrastructure dédiée. Le chiffrement s'appuie directement sur les équipements WDM déjà en place chez l'opérateur. Autre bonne nouvelle, la solution reste parfaitement compatible avec les très hauts débits, du 100G au 400G et au-delà, sans grignoter les performances. Voilà qui devrait rassurer les ingénieurs réseau les plus pointilleux.
Un autre point fort évoqué par SFR et Nokia : cette sécurisation tient la route sur de longues distances, sur de nombreux sites, et même lorsque les données transitent par des réseaux tiers. La protection de bout en bout reste garantie tout du long. De quoi imaginer un déploiement progressif à l'échelle de tout le territoire, sans bouleverser l'existant ni multiplier les investissements lourds.
Pour SFR, deuxième opérateur télécoms français avec 25 millions de clients, cette expérimentation répond à des enjeux réglementaires. Vous n'êtes pas sans savoir que depuis peu, deux textes européens imposent aux entreprises jugées stratégiques de renforcer leur cybersécurité, sous peine d'être sanctionnées. Il y a DORA, pensé pour le secteur financier, et NIS2, qui vise plus largement les infrastructures critiques comme les télécoms. En s'y attaquant dès maintenant, SFR soigne son image de pionnier, puisque la filiale d'Altice France, dont la vente à Orange, Free et Bouygues Telecom sera gérée par l'autorité de la concurrence, avait déjà été le premier opérateur à lancer la 3G, la 4G puis la 5G en France.