La police criminelle norvégienne Kripos revendique une méthode de traçage des paiements en Monero. Avec sept autres pays, elle a permis l’arrestation de vingt-huit hommes début juin 2026, tous soupçonnés d’avoir payé en cryptomonnaie l’accès à des forums pédocriminels du dark web.

Kraken et Binance ont retiré le Monero de plusieurs marchés entre 2021 et 2023, sous la pression des régulateurs - ©LEE WA DA / Shutterstock
Kraken et Binance ont retiré le Monero de plusieurs marchés entre 2021 et 2023, sous la pression des régulateurs - ©LEE WA DA / Shutterstock

La police a interpellé vingt-huit hommes âgés de 22 à 54 ans en Norvège, en Suède, en Suisse, au Canada, en République tchèque, en Pologne et en Allemagne, début juin. Ils auraient réglé l’accès à des forums qui proposaient du matériel pédopornographique et du contenu pédocriminel en Monero. Kripos a coordonné l’opération avec l’appui d’Europol et de six pays partenaires, selon le procureur Terje Nedrebø Michelsen. Les enquêteurs ont mis trois enfants en sécurité durant l'opération et ont saisi plus de 460 objets, parmi lesquels des appareils électroniques, des portefeuilles de cryptomonnaies, des stupéfiants et des produits dopants.

Les suspects encourent des poursuites pour détention, acquisition et partage de contenu pédocriminel, selon Europol. L’agence européenne a précisé qu’un des hommes arrêtés utilisait abondamment l’intelligence artificielle pour produire du contenu illégal. Certains enfants identifiés dans le dossier appartenaient également à une autre enquête toujours en cours. D’autres arrestations sont attendues, potentiellement dans des pays supplémentaires, car Kripos dénombre encore de nombreux suspects non identifiés.

La police norvégienne garde sa méthode de traçage du Monero secrète

Le Monero brouille par défaut l’expéditeur, le destinataire et le montant de chaque transaction. Le Bitcoin laisse un registre public consultable par quiconque, alors que le Monero ne livre aucune de ces informations en clair. Cette caractéristique explique la popularité de la cryptomonnaie sur plusieurs places du dark web. En 2025, Kripos a mis au point une méthode capable de retracer certains paiements en Monero dans des cas précis. L’agence norvégienne n’a communiqué aucun détail sur son fonctionnement, et pour cause, on le comprendra aisément, la divulgation publique risquerait de neutraliser son efficacité future. La méthode a directement servi à identifier les suspects visés par les arrestations de juin 2026.

La police a interpellé vingt-huit hommes âgés de 22 à 54 ans en Norvège, en Suède, en Suisse, au Canada, en République tchèque, en Pologne et en Allemagne, début juin - ©SiljeAO / Shutterstock
La police a interpellé vingt-huit hommes âgés de 22 à 54 ans en Norvège, en Suède, en Suisse, au Canada, en République tchèque, en Pologne et en Allemagne, début juin - ©SiljeAO / Shutterstock

Les principales plateformes d’échange délistent le Monero depuis 2021

Kraken et Binance ont retiré le Monero de plusieurs marchés entre 2021 et 2023, sous la pression des régulateurs. Le Groupe d’action financière recense régulièrement les cryptomonnaies confidentielles parmi les actifs à haut risque pour le blanchiment d’argent. Le gouvernement américain avait déjà proposé, dès 2020, une récompense de 650 000 dollars, soit environ 600 000 euros au taux actuel, à quiconque percerait l’anonymat du protocole Monero. Personne n’a revendiqué ce prix depuis. Les autorités canadiennes ont fermé en 2025 la plateforme TradeOgre, prisée des utilisateurs de Monero, et saisi l’équivalent de 56 millions de dollars canadiens, soit environ 36 millions d’euros. Le démantèlement du réseau Kidflix et l’opération Grayskull ont eux aussi reposé sur l’analyse forensique de la blockchain en 2025.

Kripos maintient les investigations ouvertes en Norvège et dans les six autres pays partenaires.

Source : Euronews