Un développeur vient de relancer Hannah Montana Linux, distribution abandonnée depuis 2009. Cette version 26.0 utilise Debian avec un habillage rose de KDE Plasma et corrige les failles de sécurité accumulées en quinze ans.

18 ans, l’âge de la majorité pour certains, celui du retour pour d’autres.
En 2009, un développeur lambda assemble Hannah Montana Linux, calquée sur la sitcom Disney Channel portée par Miley Cyrus. Son auteur abandonne le projet presque aussitôt, sans laisser d’explication. Archive.org conserve la seule version connue, Hannah Montana Linux x86 basic edition 202201, un fichier de 691,7 Mo. Selon Noah Cagle, à l’origine du renouveau, ce fichier est aujourd’hui « basiquement inutilisable », en raison de failles de sécurité non corrigées et d’un support logiciel très restreint. Cette semaine, il publie Hannah Montana Linux v26.0, une reconstruction complète sous licence GPL 3.0.
Debian et KDE Plasma remplacent la base Kubuntu d’origine
Noah Cagle bâtit son système sur Debian et l’environnement KDE Plasma 6, recoloré aux teintes roses de la série originale. Huit gigaoctets de RAM, seuil minimal fixé par le développeur, soit largement plus que la configuration d’un PC de 2009. Pour construire l’image, il privilégie l’outil Live Build plutôt que l’interface graphique Cubic. Il ajoute ensuite l’installateur Calamares, qui place le système directement sur le disque dur, là où la version originale ne fonctionnait qu’en mode live.
Une version allégée, HML26 Lite, remplace KDE Plasma par l'environnement LXQt pour les ordinateurs plus anciens. GitLab héberge la distribution complète, disponible en téléchargement libre, tandis qu’Archive.org conserve toujours la version originale de 2009 pour les curieux souhaitant comparer les deux époques.
Une distribution « live » démarre depuis une clé USB ou un DVD sans installation, ce qui permet de tester le système sans toucher au disque dur. En contrepartie, l’usage est souvent moins pratique au quotidien (persistance des données optionnelle, performances variables selon le support). Calamares est un installateur graphique multi-distributions qui automatise l’installation sur le disque (partitionnement, utilisateur, chargeur de démarrage). Ajouter Calamares transforme donc une image live en système facilement installable, plus proche d’un usage « PC principal ». Cela réduit aussi les manipulations techniques nécessaires par rapport à une installation Debian manuelle.
Debian sert de socle à de nombreuses distributions grâce à une chaîne de publication très structurée, des dépôts massifs et une politique de maintenance axée sur la stabilité. Une base Debian facilite l’accès à des correctifs de sécurité suivis dans le temps, à condition de rester sur une version encore supportée et de configurer correctement les mises à jour. Ubuntu/Kubuntu, dérivés de Debian, ajoutent leurs propres cycles de versions et choix d’intégration, souvent orientés vers une expérience « prête à l’emploi ». Revenir à Debian peut donner plus de contrôle sur les composants et leur rythme de mise à jour. Le revers possible est un peu plus de travail d’intégration selon les choix d’interface et de pilotes.
Live Build est l’outil officiel de l’écosystème Debian pour générer des images live à partir d’une configuration décrivant paquets, dépôts, hooks et paramètres système. Il favorise une construction reproductible et automatisable (scripts, CI/CD), pratique pour maintenir une distribution dans la durée. Cubic est plutôt une interface orientée Ubuntu qui simplifie la personnalisation d’une image existante via un flux graphique. Live Build demande plus de rigueur au départ, mais il s’adapte mieux à des reconstructions complètes et à des mises à jour régulières. Cette approche aide aussi à documenter précisément ce qui entre dans l’image et comment elle est produite.