Canonical vient de publier Ubuntu 26.04 LTS, baptisée "Resolute Raccoon". C'est le premier LTS de l'histoire d'Ubuntu à ne plus proposer de session bureau sous Xorg. La distribution tourne sur le noyau Linux 7.0 avec GNOME 50, et bénéficie de cinq ans de support, extensibles à dix ans avec Ubuntu Pro.

ubuntu resolute raccoon

Ubuntu 26.04 LTS marque un tournant dans l'histoire de la distribution. Canonical en profite pour nettoyer plusieurs briques techniques vieillissantes tout en posant les bases d'une transition graphique entamée depuis des années.

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GNOME 50 et Wayland : ce que ça change concrètement à l'écran

Les utilisateurs qui démarrent Ubuntu 26.04 ne trouveront plus de session Xorg à l'écran de connexion. Xorg est l'ancien protocole d'affichage graphique, encore proposé en option depuis des années. Son successeur, Wayland, est désormais le seul disponible. Cette bascule permet notamment d'activer par défaut le VRR (Variable Refresh Rate), c'est-à-dire l'adaptation dynamique du taux de rafraîchissement de l'écran selon l'image affichée. L'accès au bureau à distance via accélération GPU est également intégré.

GNOME 50 apporte plusieurs ajustements cosmétiques avec des icônes de dossiers en couleur, un dock Ubuntu rendu opaque ou un contraste plus marqué dans les notifications. Une icône de mode d'alimentation - Performance ou Économie d'énergie - apparaît dans la barre du haut. Deux nouveaux fournisseurs de recherche sont préinstallés. Il est possible de retrouver les résultats de l'App Center et une redirection vers Google via Firefox sont accessibles directement depuis la vue d'ensemble.

Côté applications, Totem laisse sa place à Showtime pour la lecture vidéo, et GNOME System Monitor est remplacé par Resources. Notons par ailleurs que L'App Center intègre des fonctions de gestion des paquets Deb - le format de paquet traditionnel sous Ubuntu -, jusqu'ici uniquement accessible en ligne de commande ou via des outils tiers.

Linux 7.0, cgroup v1 retiré : les changements techniques qui peuvent faire mal

Le noyau Linux 7.0 est embarqué dans cette version, accompagné de Mesa 26.0.x, la pile graphique open source qui pilote les GPU AMD et Intel. Les drivers propriétaires NVIDIA sont disponibles, dans la série 595.x par défaut.

Ubuntu 26.04 abandonne le support de cgroup v1. Les cgroups (control groups) sont un mécanisme du noyau Linux qui permet de regrouper des processus pour surveiller et limiter leurs ressources : CPU, mémoire, entrées/sorties. La version 1 de ce mécanisme est considérée obsolète et n'est plus prise en charge par systemd en version 259, le gestionnaire de services embarqué dans Ubuntu 26.04. Concrètement, un système qui tourne encore en cgroup v1 ne pourra pas migrer vers cette version. Et si vous faites tourner des conteneurs basés sur de vieilles images Ubuntu (antérieures à la version 18.04), ils ne démarreront plus.

D'autres changements ont été introduits. APT 3.0 remplace l'ancien gestionnaire de paquets. Autre détail : sudo-rs active désormais par défaut un retour visuel lors de la saisie du mot de passe. Conformément à la RFC 8996, TLS 1.0 et 1.1 ont été désactivés dans Apache. La recommandation officielle interdit l'usage de ces protocoles de chiffrement jugés trop anciens et vulnérables. Enfin, notons que les médias amovibles sont désormais montés sous /run/media plutôt que /media. Ce petit changement est susceptible de bloquer des scripts automatisés qui s'appuient sur l'ancien chemin.

  • Simplicité d'accès
  • Stabilité du système
  • Excellente gestion de la majorité des pilotes
9 / 10
Foire aux questionsContenu généré par l’IA
Xorg et Wayland : qu’est-ce que ça change quand Ubuntu ne propose plus de session Xorg ?

Xorg et Wayland sont des protocoles (et piles logicielles) qui gèrent l’affichage graphique et les entrées clavier/souris. Wayland modernise le modèle en donnant au compositeur (souvent GNOME Shell) un contrôle plus direct sur le rendu, ce qui améliore généralement la latence, la fluidité et l’isolation entre applications. La disparition de la session Xorg signifie aussi que certaines applis ou usages historiques (outils de capture, gestionnaires de fenêtres très spécifiques, solutions de prise en main à distance anciennes) doivent passer par des équivalents compatibles Wayland ou des portails. En contrepartie, des fonctions comme le VRR ou certains scénarios d’accélération GPU sont plus simples à intégrer proprement dans le pipeline graphique moderne.

VRR (Variable Refresh Rate) : à quoi sert l’adaptation du taux de rafraîchissement, et pourquoi Wayland l’active plus facilement ?

Le VRR ajuste en temps réel la fréquence de rafraîchissement de l’écran pour coller au rythme d’affichage des images produites par le GPU. L’objectif est de réduire le “tearing” (déchirement) et les micro-saccades quand le framerate varie, sans imposer un verrouillage strict type V-Sync. Wayland facilite l’activation du VRR car le compositeur pilote la présentation des images de bout en bout, avec une meilleure maîtrise du timing d’affichage. Dans la pratique, le gain est surtout visible sur les écrans compatibles (FreeSync/Adaptive-Sync) et dans les jeux, la 3D ou la vidéo à fréquence fluctuante.

cgroups v1 et v2 : pourquoi l’abandon de cgroup v1 peut casser des conteneurs et des mises à niveau ?

Les cgroups (control groups) sont une brique du noyau Linux utilisée pour limiter et mesurer les ressources des processus (CPU, mémoire, I/O), notamment dans les environnements de conteneurs. cgroup v2 remplace progressivement v1 avec une hiérarchie unifiée et des règles plus cohérentes, ce que systemd privilégie depuis plusieurs versions. Quand une distribution retire la compatibilité cgroup v1, les outils, runtimes ou images de conteneurs anciens qui s’attendent à l’ancien modèle peuvent ne plus démarrer ou ne plus appliquer correctement les limites de ressources. Le risque est particulièrement élevé avec des images et stacks très anciennes, ou des hôtes configurés explicitement pour rester en v1, car la migration nécessite parfois de revoir la configuration système et la chaîne conteneur (runtime, orchestrateur, etc.).