Google et VMware : un aveu d'échec pour Chrome OS ?

13 février 2014 à 17h35
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Le rapprochement entre Google et VMware pour la virtualisation d'un bureau Windows directement au sein de Chrome OS soulève quelques questions sur les stratégies de la firme californienne et son aptitude à proposer des solutions professionnelles.

En dévoilant son navigateur Chrome en septembre 2008, Google expliquait qu'à l'avenir les logiciels classiques seraient remplacés par des applications Web de plus en plus puissantes. Dans sa vision du Cloud Computing, la société mise ainsi sur les technologies du HTML5 (HTML, CSS et JavaScript) associées à une ferme de serveurs distants. Parallèlement, à l'heure actuelle, la majorité des revenus de Google proviennent de la publicité ; la firme de Mountain View entend bien diversifier ses activités et lorgne le marché professionnel depuis plusieurs années.

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Google et Microsoft se positionnent en rivaux à plusieurs niveaux: services en ligne, navigateur, système d'exploitation, téléphonie... Au mois de janvier, Google annonçait une nouvelle version de Chrome pour Windows 8. Apparemment anodine, celle-ci faisait office d'une véritable offensive face à Microsoft. Configuré par défaut, le navigateur se transforme alors en une version du système Chrome OS directement au sein de l'interface Modern UI. Pour certains, la possibilité de virtualiser Windows au travers d'un Chromebook constitue une nouvelle attaque sur Microsoft et notamment sur le marché professionnel, cher au nouveau PDG Satya Nadella. Dans deux mois, Microsoft abandonnera définitivement Windows XP, et Google estime que sa solution, en partenariat avec VMware fait figure d'alternative à moindre coût. Toutefois, force est de constater que cette initiative permet également à Google de se reposer une nouvelle fois sur Microsoft pour répondre plus véritablement aux besoins des entreprises.

Une stratégie "cloud computing"... avec quelques compromis

En partant du constat que la plupart des utilisateurs n'utilisent principalement que le navigateur de leur système d'exploitation, Google expliquait en 2009 avoir articulé Chrome autour d'un noyau Linux. Il en résultait Chrome OS, un système strictement pensé pour les usages Web et initialement installé sur quelques netbooks de Samsung et Acer. Le lancement s'était toutefois traduit par un faux départ en juin 2011. Le marché du netbook était révolu et la prise en charge du mode déconnecté n'avait pas été implémentée. Finalement Samsung et Acer n'avaient commercialisé que quelques milliers de machines.

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En outre, le langage Web, semble-t-il, peinerait à offrir des performances satisfaisantes. En 2011, Google introduisait ainsi un nouveau projet : Native Client, un kit de développement composé d'une série d'interfaces de programmation visant à permettre la mise au point de modules écrits en C ou en C++ . Ces derniers sont alors capables de communiquer avec des éléments HTML ou JavaScript exécutés au sein du navigateur. La promesse d'un écosystème applicatif strictement Web est révolu.

Puisqu'il n'est pas possible d'installer de véritables logiciels sur cette plateforme, Google tente alors de répondre aux habitudes des consommateurs sur Windows ou OS X. Ainsi, au fil des années, Chrome OS s'est finalement davantage rapproché des systèmes classiques : des fenêtres autonomes pour les applications Web, un gestionnaire intégré, un explorateur de fichiers, un mode d'accès déconnecté, une barre de lancement, une zone de notifications...

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Une stratégie entreprise... ou presque

Côté entreprise, Google souhaite proposer une alternative à Microsoft Exchange afin de fournir une solution pour la gestion des emails, contacts, calendriers, notes ou tâches. Bien que Microsoft domine le marché professionnel, Google perçoit une opportunité avec Google Apps.

D'emblée, cette solution fut relativement mal perçue par les professionnels. Alors que Microsoft propose de gérer un parc informatique relié à un serveur interne, les données de Google Apps sont stockées... chez Google, une situation délicate pour les DSI soucieux de la confidentialité des données. Autant dire que les inquiétudes ont été ravivées suite à l'affaire PRISM...

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Outre cet aspect technique, c'est la nature même de l'offre entièrement hébergée qui est questionnée par les entreprises. Ainsi Eric Orth, alors développeur sur le produit Google Apps, avouait qu'« il y a des gens qui adorent Outlook. Pour ces derniers nous avons développé Google Apps Sync pour Microsoft Outlook », un utilitaire visant à assurer la synchronisation des données avec l'un des logiciels de référence sur le marché de l'entreprise. Sans doute encore un peu trop ambitieux au départ, Google a de nouveau fait un compromis.

Et que dire de cette stratégie de virtualisation annoncée ce matin en partenariat avec VMware ? Google explique que cela permettra : « d'exécuter vos logiciels traditionnels sur un serveur distant et d'avoir les applications disponibles sur votre Chromebook de la même manière qu'aujourd'hui. Par exemple votre gestionnaire de finances sur Windows ». Aveux d'échec ? Certainement.

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A l'heure actuelle, Chrome OS n'est donc pas en mesure de répondre aux besoins des professionnels. Le Chromebook se transforme alors en client léger au sein duquel il est possible de virtualiser Windows. Mais alors... pourquoi choisir un Chromebook ? Il existe déjà pléthores de solutions de type Desktop-as-a-Service, chez Cisco, Dell, Citrix ou Parallels. Qu'apporte donc réellement Google dans cette stratégie ? Finalement pas grand chose.

S'il est envisageable de virtualiser un système complet en réseau interne sur un poste fixe, la pratique est bien différente en situation de mobilité. Outre la nécessité d'être connecté en permanence, l'on pourrait ainsi s'interroger sur les performances d'une image de Windows via un réseau 3G.

Reste à connaître l'évolution de Chrome OS. Finalement la société aura peut-être une carte à jouer dans le domaine de la visioconférence avec Chromebox for Meetings, puisque pour ce boitier le système Chrome OS est désormais lié à un usage en particulier. Il faudra toutefois faire face aux solutions déjà prisées par les entreprises qu'il s'agisse de Skype ou WebEx.


Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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