xAI peut polluer en toute impunité. C’est, en substance, le message envoyé par le gouvernement américain. Le ministère de la Justice demande au tribunal de rejeter la plainte qui accuse l’entreprise d’Elon Musk de mettre en danger la santé de milliers d’habitants aux abords de son supercalculateur.

Depuis l’été 2024, xAI alimente Colossus, son supercalculateur de Memphis, dans le Tennessee, grâce à des turbines à gaz naturel présentées comme « temporaires ». Aucun permis n’a jamais été délivré pour leur exploitation, malgré une mise en demeure de l’Environmental Protection Agency. L’entreprise a ensuite répété l’opération à quelques kilomètres de là, à Southaven, dans le Mississippi, pour son deuxième site, Colossus 2.
Là encore, les turbines tournent sans autorisation, en s’appuyant sur un flou réglementaire qui permet à xAI de qualifier ces installations de « mobiles » plutôt que de « fixes ». Et ce sont les populations environnantes, à majorité afro-américaines, qui en subissent les conséquences.
Une pollution documentée
Dès février 2026, environ 200 résidents de Southaven ont pris la parole lors d’une audience publique. Médecins, parents et enseignants alertent sur les conséquences sanitaires des turbines, qui fonctionnent 24 heures sur 24. Car celles-ci émettent des substances directement associées à des risques accrus de crises d’asthme, de maladies respiratoires et de problèmes cardiaques.
Des chercheurs de l’Université du Tennessee ont d’ailleurs confirmé une aggravation de la pollution atmosphérique dans le Grand Memphis, une région qui figure déjà parmi celles où les taux d’asthme sont les plus élevés des États-Unis.
Pire encore, xAI a ajouté des dizaines de turbines sur son site de Southaven, alors même que les habitants émettaient des plaintes concernant leur impact sur leur qualité de vie. Entre avril et mai, les émissions d’oxydes d’azote ont bondi de 111 %, celles de particules fines de 83 %, et celles de formaldéhyde de 88 %.
Dans la foulée, la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), l’une des plus anciennes et plus importantes organisations de défense des droits civiques aux États-Unis, a demandé une injonction préliminaire pour faire cesser immédiatement l’exploitation des turbines. Le département de la Justice vient de s’en mêler.

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Grok serait crucial pour l'armée US
L’instance, rejointe par l’État du Mississippi, vient de demander au tribunal de tout bonnement rejeter la plainte, rapporte Wired. Selon elle, les turbines de Colossus 2 seraient indispensables aux opérations militaires américaines : seuls quatre modèles d’intelligence artificielle (IA), dont Grok, soutiennent ses missions critiques sur des réseaux classifiés secrets. Concrètement, stopper les turbines reviendrait à « menacer la sécurité nationale, économique et énergétique » du pays, argumente-t-elle.
Cameron Stanley, directeur numérique et intelligence artificielle du ministère de la Défense, a tenu à rappeler que l’IA de xAI avait directement participé aux frappes américaines contre l’Iran. Si pour l’heure, l’issue de l’affaire demeure incertaine, la position du gouvernement est on ne peut plus équivoque. Et ce n’est pas étonnant, lorsque l’on sait qu’Elon Musk a dépensé des millions dans la campagne de Donald Trump.
Pour rappel, xAI appartient à SpaceX, qui vient de signer l’entrée en Bourse la plus prolifique de l’Histoire.