Deux semaines après le piratage de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS), le Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’annoncer plusieurs mesures pour lutter contre les cyberattaques.

Les cyberattaques, de plus en plus nombreuses en France et dans le monde. ©VRVIRUS / Shutterstock
Les cyberattaques, de plus en plus nombreuses en France et dans le monde. ©VRVIRUS / Shutterstock

Le 15 avril dernier, l’ANTS a été victime d’une fuite de données massive et les informations personnelles de près de 12 millions de Français ont été exposées : noms, prénoms, adresses e-mail, dates de naissance… Un mineur de 15 ans, suspecté d'être à l'origine de cette attaque, a depuis été interpellé dans le cadre de l’enquête. En visite hier dans les locaux de l’agence, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une série de mesures pour redresser la barre. Explications.

Une série d’annonces pour lutter contre les cyberattaques

Sébastien Lecornu en est conscient, il y a aujourd’hui en France « énormément d’intrusions informatiques, de vol de données » et « les profils des cyberattaquants sont de plus en plus déroutants ». Pour faire face à l’explosion des intrusions malveillantes, il prévoit de débloquer 200 millions d’euros, et ce, dès la semaine prochaine, dans le cadre du programme d’investissements France 2030, initié il y a maintenant 5 ans par le président de la République.

En parallèle, des tests seront réalisés pour repérer d’éventuelles vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées et des « scénarios de crise en cas de blackout numérique » seront mis en place, une manière d’anticiper les situations où l’accès à des services numériques viendrait, par exemple, à être coupé par une certaine «  administration américaine ». Dans le même temps, le Premier ministre a aussi déclaré vouloir « avancer sur l’intelligence artificielle ».

Le Premier ministre Sébastien Lecornu souhaite renforcer la protection contre les cyberattaques. ©Antonin Albert / Shutterstock.com
Le Premier ministre Sébastien Lecornu souhaite renforcer la protection contre les cyberattaques. ©Antonin Albert / Shutterstock.com

Des mesures réellement efficaces ?

Mais ce n’est pas tout : le Premier ministre a aussi évoqué la création d’une « autorité numérique de l’État », placée sous sa vigilance et qui fusionnerait la Direction interministérielle du numérique et la Direction interministérielle de la transformation publique. Par ailleurs, il a aussi expliqué que les amendes prononcées par la Cnil seront affectées à un « fonds de modernisation des infrastructures numériques », une piste qui permettrait notamment de dégager un financement récurrent pour renforcer la sécurité informatique de l’administration.

Le gouvernement semble donc bien décidé à juguler la « dette numérique assez importante » de l’État et à agir contre l’obsolescence de ses systèmes. On regrette cependant que Sébastien Lecornu ne soit pas rentré plus dans les détails concernant la véritable portée de ces nouvelles mesures : comment les 200 millions seront-ils répartis ? En quoi consisteront précisément les tests de vulnérabilité ? Quels critères permettront d’évaluer le succès de ces initiatives ? Autant de questions qui restent pour l’instant sans réponse. Quant au rôle de l’IA dans tout cela, il reste, lui aussi, un peu flou.

On espère que le gouvernement précisera rapidement le contenu de ces annonces.

Source : France Info