La Commission européenne a publié ses conclusions préliminaires dans le cadre du Digital Markets Act, en précisant à Google ce qu'il doit faire pour que ChatGPT, Claude et leurs concurrents accèdent aux mêmes fonctions Android que Gemini. Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, a déclaré que ces mesures visaient à donner aux utilisateurs Android « plus de choix sur les services d'IA qu'ils utilisent ». Google a jusqu'au 27 juillet 2026 pour se conformer, sous peine d'une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d'affaires mondial annuel.

Avis aux fidèles de smartphones Android !
Selon la Commission européenne, Android accorde à Gemini un accès privilégié à plusieurs fonctions essentielles du téléphone telles que l’activation vocale, la recherche contextuelle et l’interaction directe avec les applications.
Google affirme que certaines ouvertures fragilisent la sécurité, mais la Commission européenne estime que le DMA impose un accès équivalent pour tous les fournisseurs d’IA.
La consultation publique court jusqu’au 13 mai, puis une décision doit intervenir avant le 27 juillet.
Quand la Commission et Google ont agi au même moment
Google a achevé en mars 2026 la migration de Google Assistant vers Gemini sur l'ensemble des appareils Android dans le monde, soit plus de deux milliards de téléphones. La Commission avait ouvert ses procédures en janvier 2026, le même mois où Google annonçait la date définitive de fin de Google Assistant. Autrement dit, au moment précis où Gemini prenait la place d'assistant par défaut sur chaque appareil Android, les régulateurs européens définissaient les conditions auxquelles des concurrents devaient pouvoir occuper cette même place.
Google a répondu en contestant la caracterisation de la Commission. Clare Kelly, conseillère juridique principale de Google en matière de concurrence, a soutenu qu'« Android est ouvert par conception » et que les utilisateurs peuvent déjà télécharger n'importe quelle application d'IA depuis le Play Store. Pour la Commission, disponibilité et accès sont deux choses différentes : une IA téléchargeable mais incapable d'être déclenchée par la voix, de lire l'écran ou d'interagir avec les apps système ne concourt pas à armes égales, quelle que soit sa qualité.

Ce que Google risque concrètement
La procédure référencée DMA.100220 avance en parallèle d'un second dossier, consacré au partage des données de recherche Google avec les moteurs concurrents.
Sur ce volet, la Commission a publié ses conclusions préliminaires le 16 avril 2026, dans un document de 29 pages précisant quelles données doivent circuler, selon quelles conditions d'anonymisation et quel régime d'audit. Les deux procédures doivent aboutir à une décision contraignante avant le 27 juillet 2026.
Google a déjà écopé d'une amende de 4,3 milliards d'euros en 2018 pour des pratiques similaires liées à Android. Depuis, le DMA a durci le cadre : une infraction peut désormais coûter jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial, voire 20 % en cas de récidive.
Source : Commission européenne