Alors que l'Union européenne (UE) accélère pour réguler le secteur spatial, SpaceX s'en remet au gouvernement américain pour le lui faire payer. Ambiance.

Ces derniers mois, les relations entre les États-Unis et l'UE se sont un peu plus dégradées en raison de la réglementation jugée trop agressive menée par le Vieux Continent sur le secteur technologique. Et désormais, c'est l'industrie spatiale qui est touchée par cette rivalité grandissante, rapporte The Telegraph.
SpaceX fustige l'EU Space Act
Dans une lettre adressée à la Federal Communications Commission (FCC), agence gouvernementale qui encadre, entre autres, les communications satellites et Internet, SpaceX exige que Washington soit prête à riposter contre les entreprises spatiales européennes si l'EU Space Act venait à entrer en vigueur.
Portée par la commission européenne, cette législation vise à créer un cadre réglementaire unifié pour le secteur spatial à l'échelle de l'UE. Objectif : harmoniser des règles jusqu'ici fragmentées entre les États membres, mais aussi imposer ces règles aux opérateurs étrangers actifs sur le marché européen.
Concrètement, toute entreprise spatiale souhaitant opérer en Europe devra obtenir une licence, se conformer à des normes environnementales, de sécurité et de pollution lumineuse, et accepter des inspections sur site, y compris sur des sites de lancement situés hors du territoire européen.
Les firmes qui ne seront pas en règle s'exposeront à des amendes pouvant atteindre 2 % de leur chiffre d'affaires mondial. De quoi faire monter SpaceX au créneau.

Les États-Unis appelés à riposter
Si le texte est en cours d'examen au sein du processus législatif européen, la FCC a qualifié, dès mars dernier, ces futures obligations d'« obstacles non tarifaires » inacceptables pour les entreprises américaines. L'entreprise d'Elon Musk en rajoute une couche : elle accuse l'UE d'imposer des mesures « arbitraires et discriminatoires » ciblant spécifiquement les méga-constellations de plus de 1 000 satellites (Starlink en possède plus de 10 000).
La société remet également en cause la « faisabilité technique » impossible de certaines exigences, et demande à la FCC d'être prête à appliquer des restrictions d'accès au marché américain en miroir. L'agence est dirigée par Brendan Carr, un proche du président américain.
Ce n'est pas la première fois qu'une entreprise dirigée par l'homme le plus riche du monde s'écharpe avec l'UE. Mais une telle escalade ne serait pas sans dommages pour des acteurs européens comme Eutelsat ou SES, dont une partie significative des activités dépend de la coopération et des infrastructures américaines.