Le PDG d'Anthropic rencontre la cheffe de cabinet de Trump pour discuter du modèle IA le plus redouté du moment. Interrogé sur place, le président lâche un « Who ? » devant les caméras.

Vendredi 17 avril, Dario Amodei a été reçu à la Maison-Blanche. Face à lui : Susie Wiles, cheffe de cabinet, Sean Cairncross, directeur national de la cybersécurité, et Scott Bessent, secrétaire au Trésor. Selon Politico, qui a révélé la réunion en exclusivité, l'objet des discussions portait sur Mythos, le dernier modèle d'Anthropic. La Maison-Blanche a qualifié l'échange de « productif et constructif ». Le même jour, à Phoenix, un journaliste a demandé à Donald Trump si Anthropic avait eu une réunion à la Maison-Blanche. Réponse : « Who ? ». Puis : « I have no idea. »
Pourquoi Anthropic et Washington sont en guerre ouverte
Pour comprendre la scène, il faut remonter au gros feuilleton tech de février. Le Pentagone voulait déployer Claude dans des environnements militaires classifiés. Anthropic a posé deux conditions : pas d'armes autonomes, pas de surveillance de masse. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a refusé. L'ultimatum a expiré. Anthropic n'a pas cédé.
La riposte a été brutale. Le Pentagone a classé Anthropic comme « risque pour la chaîne d'approvisionnement ». Cette étiquette, normalement réservée à des entreprises comme Huawei ou ZTE, interdit aux fournisseurs du ministère de travailler avec la société visée. Trump a étendu le bannissement à toutes les administrations fédérales. Anthropic a attaqué en justice. Un juge fédéral a suspendu la désignation fin mars. La cour d'appel l'a rétablie début avril. Le contentieux est toujours pendant. En février, Trump avait déclaré que son administration ne « ferait plus jamais affaire » avec Anthropic.
Pourquoi la Maison-Blanche ouvre quand même la porte
Malgré ce conflit, la cheffe de cabinet a reçu Amodei. La raison a un nom : Mythos. Ce modèle, présenté début avril, a démontré une capacité inédite à détecter des failles de cybersécurité. Le Royaume-Uni a réagi en urgence. Des agences européennes ont tenté d'y accéder. Un conseiller de Trump a confié à Axios que la rencontre avait été « élevée au niveau de Susie ». Objectif affiché : « démêler le vrai du faux » sur les capacités réelles du modèle.
- Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
- Personnalisation avancée
- Conception éthique
L'objectif des deux camps était clair : séparer la guerre avec le Pentagone du reste. Les prochaines étapes porteraient sur l'accès d'autres ministères à Mythos. Selon CNN, le Pentagone utilise toujours Claude en Iran malgré l'interdiction officielle. La semaine précédente, le vice-président JD Vance avait déjà rencontré Amodei pour discuter cybersécurité.
Un détail éclaire la mécanique. Anthropic a récemment embauché le cabinet de lobbying Ballard Partners. Susie Wiles y a travaillé pendant des années. Le mandat porte sur les marchés publics du département de la Guerre. Côté concurrent, Sam Altman fait face à des rumeurs d'éviction chez OpenAI. Jensen Huang se défend de « se réveiller en perdant ». Amodei, lui, entre à la Maison-Blanche par la grande porte.