Enfin une bonne nouvelle pour l’Agence spatiale européenne (ESA) ! La NASA vient d’annoncer qu’elle approuve officiellement son projet martien ExoMars, et confie le lancement du rover à SpaceX.

La fusée Falcon Heavy de SpaceX. ©SpaceX / X
La fusée Falcon Heavy de SpaceX. ©SpaceX / X

C’est une initiative de longue date, et on a bien cru qu’elle ne serait jamais menée à bien. Pour rappel, ExoMars est un programme d’astrobiologie internationale piloté par l’ESA, dont l’objectif est d’explorer Mars à la recherche de traces de vie passée ou présente. Sa pièce maîtresse : le rover Rosalind Franklin, nommé en hommage à la chercheuse britannique pionnière dans la compréhension de la structure de l’ADN. Il quittera la Terre en 2028.

Rechercher les « briques du vivant »

Et Rosalind Franklin sera le premier rover à forer jusqu’à deux mètres sous la surface martienne, là où la matière organique est protégée des rayonnements cosmiques et donc mieux préservée. À bord, un mini-laboratoire complet dont le MOMA, un analyseur de molécules organiques doté d’un spectromètre de masse fourni par la NASA, permettra d’étudier les échantillons prélevés en profondeur, à la recherche des « briques du vivant  ».

Il se posera sur Oxia Planum, une plaine équatoriale dont les roches argileuses témoignent d’un passé aqueux vieux de plus de 3,6 milliards d’années. Pour l’y acheminer, l’agence spatiale américaine a sélectionné la Falcon Heavy de SpaceX, dont le lancement est prévu depuis le complexe 39A du Kennedy Space Center en Floride.

Un choix logique : il s’agit aujourd’hui de l’une des fusées opérationnelles les plus puissantes, capable de placer jusqu’à 64 tonnes en orbite basse. Un mastodonte composé de trois premiers étages récupérables, de quoi réduire considérablement les coûts de lancement.

 Le rover Rosalind Franklin. ©Mike Peel / Wikimédia
Le rover Rosalind Franklin. ©Mike Peel / Wikimédia

Une histoire de résilience

Imaginée dès le début des années 2000, cette mission prend véritablement forme en 2008 avec une architecture en deux volets : d’abord un orbiteur scientifique chargé de relayer les communications lancé depuis 2016, puis un rover pour explorer la surface.

Mais le chemin est semé d’embûches. La NASA, d’abord partenaire, se retire en 2011 faute de budget. L’ESA se tourne alors vers la Russie, qui s’engage à fournir le lanceur et la plateforme d’atterrissage. En 2016, l’atterrisseur expérimental Schiaparelli s’écrase sur Mars, un traumatisme pour l’agence européenne. Puis en 2020, la pandémie de Covid-19 et des problèmes de parachutes repoussent encore le lancement.

Vient ensuite 2022 et l’invasion de l’Ukraine, faisant voler en éclats le partenariat avec Roscosmos. L’ESA suspend officiellement la mission en mars 2022. La renaissance arrive en 2024, avec un nouveau financement accordé à Thales Alenia Space et un accord signé avec la NASA pour remplacer les contributions russes. Et si l'on avait pu croire à un énième revirement de situation en raison d’une diminution du budget alloué à l’agence spatiale américaine, il semblerait que cette fois, c’est pour de bon !