Les téléviseurs n’ont jamais été aussi grands. Après les 100" (254 cm), puis les 115 pouces (292 cm), l’industrie s’apprête à franchir un nouveau seuil symbolique : 130 pouces (330 cm). Une diagonale qui fait rêver sur le papier, mais qui rappelle tout de même que le gigantisme a un coût, et qu'il ne sera pas anecdotique.

Sur le papier, il ne s'agit que d'une quarantaine de centimètres de plus. Seulement, les téléviseurs LCD, faits d'un seul bloc, changent d’échelle industrielle à ce niveau.
130 pouces : un saut de taille, mais surtout de coûts
Dans un téléviseur, la dalle reste de loin le composant le plus cher. Et selon le cabinet d’analystes Counterpoint, le coût de production d’une dalle LCD de 130 pouces est aujourd’hui environ 50 % plus élevé que celui d’une dalle de 115 pouces, pourtant déjà massive.
À première vue, l’écart peut surprendre : +27 % de surface pour près de +50 % de coût. En réalité, ce surcoût n’a rien d’arbitraire. À ces diagonales extrêmes, le rendement de production chute fortement : plus la dalle est grande, plus le risque de défaut augmente, et plus de panneaux sont rejetés en sortie de ligne. S’y ajoutent des substrats de verre plus contraignants, une manipulation et une logistique beaucoup plus complexes, ainsi que des volumes de production très faibles, qui empêchent toute économie d’échelle. Autant de facteurs industriels qui expliquent pourquoi le passage au 130 pouces fait changer de dimension… y compris sur la facture.
Autrement dit, la hausse de prix n’est pas proportionnelle à la surface de l’écran. Au final, Counterpoint estime que le coût d'une dalle pour un téléviseur de 130 pouces devrait rester au-dessus de 15 000 dollars, quelle que soit la marque, au moins dans les prochaines années. Précisons que ce chiffre n’est pas une estimation de prix réaliste pour les premiers modèles, mais bien le coût minimal anticipé pour ces dalles.
Samsung ouvre le bal, sans ambiguïté tarifaire
Comme nous l'avons vu au CES 2026, c’est Samsung qui devrait inaugurer ce format avec son modèle MicroRGB, à savoir le Samsung R95H. Un téléviseur hors norme, pensé comme une vitrine technologique, reposant notamment sur un rétroéclairage RGB, bien plus coûteux que les solutions MiniLED classiques.
Dans ce contexte, entre le coût de la dalle, la technologie embarquée et le positionnement premium assumé de la marque, le prix final devrait lui aussi être XXL. Pour l'heure, Samsung n'a pas communiqué le tarif de ce monstre, mais on imagine qu'il pourrait être facturé entre 20 000 et 30 000 dollars.
Même des acteurs historiquement agressifs sur les tarifs comme TCL ou Hisense auraient du mal à proposer un 130 pouces à un tarif radicalement inférieur. Pourtant, les constructeurs chinois ont réussi ces dernières années, au prix de marges sacrifiées, à conquérir de larges parts de marché sur les téléviseurs XXL. Néanmoins, le changement d'échelle industrielle sur les diagonales de 130 pouces impose un coût bien plus élevé encore.
Un format encore réservé à une élite
En pratique, le téléviseur LCD de 130 pouces restera, au moins à court terme, un produit de niche, plus proche d’un objet de démonstration que d’un véritable téléviseur grand public. Toujours est-il que le 130 pouces existe désormais, mais son prix rappelle que toutes les diagonales ne se démocratisent pas au même rythme. À ce niveau, la technologie impressionne, mais l’addition, elle, refroidit.
Source : Counterpoint