Le Baromètre du numérique 2026, publié lundi par l'ARCEP, dessine une France ultraconnectée, où l'IA générative bouleverse les usages, jusqu'à être utilisée par un citoyen sur deux aujourd'hui.

La révolution numérique s'accélère, c'est le principal enseignement du baromètre dévoilé ce lundi par l'ARCEP, le Conseil général de l'économie, l'ARCOM et l'ANCT. On y apprend notamment que l'intelligence artificielle générative a doublé son audience en un an, que les zones rurales ont rattrapé leur retard sur la fibre optique, et que les téléphones 5G pullulent. Mais tout cela ne masque pas certaines inégalités persistantes.
La fibre gagne les campagnes, la 5G jusque dans nos poches
Le temps où la ruralité rimait avec désert numérique est presque révolu. Dans les communes rurales, trois habitants sur quatre bénéficient désormais d'une connexion internet en fibre optique ou câble coaxial. En seulement un an, huit points de plus. Une envolée de huit points en un an qui témoigne d'un rattrapage accéléré. Les petites villes de moins de 20 000 habitants ne sont pas en reste, avec une progression de six points. À l'échelle nationale, trois quarts des abonnés profitent déjà de ces réseaux nouvelle génération.
Le très haut débit progresse aussi sur mobile. Parmi les neuf Français sur dix qui possèdent un smartphone, 61% disposent déjà d'un modèle compatible 5G. C'est treize points de mieux qu'il y a un an. Les opérateurs poussent au renouvellement avec des offres agressives, tandis que les anciens téléphones vieillissent de plus en plus vite. À noter que seulement 7% de la population se connecte à internet uniquement via leur téléphone, sans abonnement fixe à la maison.
ChatGPT et ses concurrents sont ultra-présents dans le quotidien des Français
La vraie révolution serait presque ailleurs. L'intelligence artificielle générative a conquis près d'un Français sur deux en trois ans seulement. En 2023, ils n'étaient que 20% à s'en servir. En 2024, 33%. Aujourd'hui, 48% utilisent ces outils capables de rédiger un texte, traduire un document ou résumer un article en quelques secondes. Chez les jeunes adultes de 18-24 ans, c'est encore plus massif, puisqu'ils sont 85% à avoir déjà testé ChatGPT ou ses concurrents.
Et l'adoption est certaine, puisqu'un tiers des utilisateurs y ont recours chaque jour. Que ce soit pour chercher une information, corriger un e-mail, ou trouver l'inspiration pour un projet, ChatGPT, Claude et ses rivaux font désormais partie du quotidien. Le service d'OpenAI domine largement avec 63% des utilisateurs, loin devant Gemini de Google qui plafonne à 13%. Mais les Français papillonnent, puisque la moitié utilise au moins deux IA différentes pour comparer les résultats ou tester différentes fonctionnalités.
Les usages se diversifient rapidement. Trois utilisateurs sur quatre (73%) s'en servent pour chercher des informations, 58% pour traduire ou améliorer un texte, 57% pour trouver des idées. L'aide aux devoirs (44%) et la création d'images (42%) complètent le tableau. Le principal attrait ? Le gain de temps, plébiscité par 41% des adeptes.

Mais tout le monde ne suit pas le mouvement. Parmi ceux qui refusent l'IA, 30% invoquent un manque de confiance, que ce soit sur l'usage de leurs données ou la fiabilité des réponses. Autre frein majeur, 46 % de la population estime que l'IA consomme bien plus d'énergie qu'une simple recherche sur Google.
L'occasion stagne, mais la réparation progresse
Parlons de l'économie circulaire, et nous sommes au regret de vous dire que le téléphone d'occasion ne décolle pas. Depuis quatre ans, seuls 20% des Français en possèdent un, un chiffre qui ne bouge pas. Sans surprise, les ménages modestes sont plus nombreux (2%) à faire ce choix. Mais 15% des hauts revenus optent aussi pour le reconditionné, preuve que l'argent n'est pas la seule motivation. Certains y voient un geste pour la planète, d'autres une bonne affaire, d'autres encore un moyen de tester un modèle avant de craquer pour du neuf.
La réparation, elle, progresse un peu. Plus d'un Français sur trois (38%) a fait réparer au moins un appareil numérique au cours des trois dernières années. Les raisons ? Pour 32%, c'est une question évidente d'économies. Pour 25%, un geste pour l'environnement. Côté moins réjouissant, le bonus réparation lancé par l'État reste confidentiel. Seulement 9% l'ont utilisé pour alléger la facture, et 54% n'en ont jamais entendu parler.
WhatsApp sur tous les écrans, influencé par l'entourage
Les messageries instantanées font désormais partie du paysage. Huit Français sur dix (86%) les utilisent, et près de deux tiers (64%) y passent tous les jours. WhatsApp écrase la concurrence, avec 87% des utilisateurs de messageries l'ont installé, contre 76% pour Messenger et 60% pour Instagram. Mais impossible de se contenter d'une seule application. Quatre utilisateurs sur cinq (82%) en cumulent au moins deux, et 43% en ont carrément quatre ou plus sur leur téléphone.
Alors pourquoi une telle dispersion ? Parce qu'on ne choisit pas vraiment sa messagerie, on suit ses contacts. Deux tiers des utilisateurs (66 %) reconnaissent avoir installé une application uniquement parce que leur entourage l'utilise. Résultat, la famille communique sur WhatsApp, les collègues sur Messenger, les amis sur Telegram ou Signal. Impossible d'imposer une seule plateforme à tout le monde. On jongle donc entre plusieurs applis pour rester en contact avec chacun.