Le parquet de Paris a perquisitionné les locaux français de X ce mardi et convoqué Elon Musk en avril. L'enquête pour cybercriminalité qui vise les algorithmes du réseau social et les dérives de Grok s'accélère.

La justice française serre la vis à X et convoque Elon Musk. © FotoField / Shutterstock
La justice française serre la vis à X et convoque Elon Musk. © FotoField / Shutterstock

Ce mardi 3 février, les locaux parisiens du réseau social X ont reçu la visite de l'unité nationale cyber de la gendarmerie et d'Europol, mandatés par le parquet de Paris. L'affaire ne fait que commencer, puisqu'Elon Musk et son ancienne directrice générale Linda Yaccarino devront s'expliquer dans la capitale mi-avril, où la justice veut les entendre. L'enquête ouverte en janvier porte sur les modifications algorithmiques et s'étend aux contenus illicites générés par Grok, l'intelligence artificielle de X.

Elon Musk et l'ancienne patronne de X convoqués par la justice française

L'affaire a débuté il y a un an déjà, lorsque deux lanceurs d'alerte ont saisi la justice. D'abord le député Éric Bothorel, qui s'inquiète des modifications apportées aux algorithmes de X depuis le rachat par Elon Musk il y a trois ans et demi. Puis un expert en cybersécurité de la fonction publique, qui dénonce l'explosion de « contenus politiques nauséabonds » dans les recommandations des utilisateurs.

Il est reproché au réseau social X d'avoir trafiqué ses algorithmes pour mettre en avant certains contenus et en cacher d'autres. En clair, la plateforme aurait manipulé ce que voient les utilisateurs dans leur fil d'actualité. Un délit grave, si les faits sont prouvés. D'où cette perquisition menée tambour battant par les spécialistes de la cybercriminalité.

Le 20 avril 2026, Elon Musk et Linda Yaccarino, patronne de X à l'époque des faits, devront se rendre à Paris. Convoqués en audition libre, ils pourront s'expliquer sur les accusations et proposer des solutions pour remettre la plateforme dans les clous. Durant cette même semaine, plusieurs salariés de X seront entendus comme témoins. Toujours très bavard sur son média social, celui qui est aussi le patron de SpaceX et Tesla n'a pas encore réagi à cette convocation.

Le parquet de Paris quitte X après les révélations sur Grok

L'affaire prend une tournure plus grave encore avec Grok, l'IA développée par X. Certaines des images générées par l'intelligence artificielle montrent des personnes qui ressemblent à des enfants. Et les accusations deviennent alors beaucoup plus lourdes. On parle de complicité dans la détention et la diffusion d'images pédopornographiques en bande organisée. S'ajoute aussi l'atteinte au droit à l'image, puisque ces photos sont créées sans autorisation.

Le Center for Countering Digital Hate, une ONG de lutte contre la haine numérique, affirme que 65% des publications issues de l'intelligence artificielle exploitaient sexuellement des individus, femmes, hommes et enfants confondus, soit environ 3 millions de contenus. Ce qui vaut notamment aujourd'hui à Grok d'être sous enquête de la Commission européenne.

L'enquête, comme autre grief, évoque la diffusion de propos négationnistes par Grok, ajoutant la « contestation de crime contre l'humanité » à un dossier déjà chargé. En raison de cette accumulation d'accusations, le parquet de Paris a annoncé quitter officiellement X et communiquera désormais sur d'autres réseaux sociaux. Un autre geste symbolique.