Les Américains ont dépensé 2,64 milliards de dollars sur OnlyFans en 2025, contre 2,48 milliards sur ChatGPT mobile. Deux salles, deux ambiances.

Mais que consomment donc le plus nos lointains voisins outre-Atlantique ? En quasiment 2 ans et demi, ChatGPT a franchi les 3 milliards de dépenses mobiles. OpenAI annonce 800 millions d'utilisateurs hebdomadaires, mais 5 % seulement paient un abonnement. Les 95 % restants utilisent le service gratuitement. Goldman Sachs prévoit 527 milliards de dollars d'investissements dans l'infrastructure pour 2026, mais ces sommes viennent des entreprises, pas des consommateurs qui profitent de services gratuits ou à 20 dollars par mois.
L'IA absorbe des milliards sans convertir le grand public
C'est ce qui s'appelle tirer à blanc. ChatGPT domine avec 62,5 % du marché. Gemini arrive à 12 % de son trafic web seulement. La concentration est extrême mais ne se traduit pas par des revenus proportionnels côté utilisateurs. TikTok avait mis 58 mois pour atteindre 3 milliards de dollars de dépenses mobiles, Disney+ 42 mois. ChatGPT y arrive en 31 mois, un exploit qui pour autant n'est pas synonyme de jackpot.
En effet, si la fréquentation est au rendez-vous, la conversion fait grise mine. Les cohortes récentes de Claude 4 et Gemini 2.5 Pro perdent leurs utilisateurs rapidement. Les gens testent, puis partent vers le prochain modèle.
Google intègre l'IA dans la recherche, Microsoft dans Office. Les consommateurs bénéficient des avancées sans payer directement. L'usage progresse car les outils s'intègrent ailleurs, souvent gratuitement. Microsoft, Google et Meta multiplient les centres de données et les puces, mais l'utilisateur final ne finance pas cette course aux infrastructures.
Vanguard estime qu'il faudrait 1 000 milliards de dollars d'investissements liés à l'IA pour faire bouger la croissance américaine au-delà de sa tendance. Les dépenses actuelles, bien que massives, ne rapportent pas encore. Les entreprises parient sur l'avenir et espèrent que les gains de productivité viendront justifier les sommes engagées aujourd'hui. Bank of America parle d'une hausse de 67 % en 2025, puis encore 31 % en 2026.

Le plaisir justifie l'achat mieux que la productivité
Au pays de l'oncle Sam, OnlyFans enregistre 7,9 millions de dollars de dépenses quotidiennes, soit 329 000 dollars par heure. Les utilisateurs paient volontiers car ils obtiennent quelque chose de personnel et de direct. La plateforme a généré 7,22 milliards de dollars de revenus bruts en 2024, en hausse de 9 %. Les créateurs touchent 80 % des paiements, soit 5,80 milliards reversés.
OnlyTraffic a analysé un million de fans et découvert que 0,01 % d'entre eux génèrent 20,2 % du chiffre d'affaires total. Ces 100 utilisateurs ont dépensé entre 1 397 et 59 030 dollars chacun. Les « baleines » financent une part considérable du modèle économique. OnlyTraffic montre que 4,2 % seulement des abonnés dépensent de l'argent sur la plateforme, avec une moyenne de 48,52 dollars par créateur.
C'est à Atlanta arrive que l'on dépense le plus, avec 525 475 dollars pour 10 000 habitants. Orlando et Miami lui sucent la roue. Les consommateurs continuent de financer ces plateformes même dans un contexte économique tendu dans lequel ils déclarent rogner sur d'autres dépenses.
Les messages directs représentent 69,74 % des revenus selon OnlyGuider. Le week-end concentre 29,7 % des dépenses hebdomadaires. Les abonnés dépensent davantage quand ils ont du temps libre, pas pendant les heures de travail. Les utilisateurs reviennent car ils obtiennent une attention qu'ils jugent personnalisée et qui répond à un besoin immédiat.
ChatGPT aide à rédiger un e-mail en deux minutes. Mais OnlyFans offre une interaction qui dure et qui se renouvelle. Les modèles économiques ne se comparent pas. L'un promet des gains de productivité futurs, l'autre livre une gratification immédiate que l'utilisateur peut mesurer à chaque connexion.
Le rapport Consumer Trends 2026 de Coefficient Capital confirme que les Américains continuent de dépenser et que beaucoup déclarent même acheter des produits plus chers qu'avant. Les arbitrages budgétaires ne signifient pas moins de dépenses globalement, juste des déplacements vers ce qui procure une satisfaction immédiate. Capgemini indique que 74 % des consommateurs changeraient de marque pour des prix réguliers plus bas, mais ils continuent de financer les dépenses qui leur procurent un boost émotionnel.
Source : a16z news, Coefficient Cap