Longtemps cantonné au haut de gamme, l’OLED cherche depuis plusieurs années à élargir son terrain de jeu. Avec sa nouvelle génération de dalles baptisée OLED SE, LG Display ambitionnerait de rendre cette technologie plus accessible, sans renoncer totalement aux fondamentaux qui font son succès : contraste infini, précision des noirs, finesse d’image.

Comme nous l'évoquions dans notre précédent article, on peut imaginer que l'OLED SE aide à démocratiser un peu plus la technologie OLED et la faire sortir du segment premium. Au-delà du concept, ce sont désormais les premiers téléviseurs potentiellement concernés qui se dessinent. Et, avec eux, quelques choix techniques qui méritent d’être regardés de près, notamment la disparition d’un élément clé de la structure des dalles OLED : le polariseur.
Quels modèles pourraient inaugurer l’OLED SE en 2026 ?
Côté LG, le scénario le plus crédible verrait le futur LG B6 inaugurer cette dalle OLED SE. Positionnée historiquement comme porte d’entrée de la gamme OLED du constructeur, la série B constitue un terrain logique pour déployer une dalle plus simple à produire, tout en conservant les atouts logiciels de la marque, comme la prise en charge du Dolby Vision et un traitement vidéo généralement bien maîtrisé. LG n’a rien confirmé officiellement à ce stade, mais la cohérence industrielle plaide clairement en ce sens.
Chez Samsung, plusieurs signaux convergents laissent penser que le S85H pourrait lui aussi adopter cette nouvelle dalle. Selon des informations relayées par la presse coréenne, le constructeur aurait augmenté significativement ses commandes de dalles OLED à LG Display pour 2026, incluant des panneaux dits « sans polariseur ». Ce détail technique correspond précisément à l’architecture supposée de l’OLED SE. Là encore, aucune annonce officielle, mais la logique de renouvellement du S85F rend cette hypothèse crédible.
D’autres marques pourraient suivre, en fonction des volumes disponibles et de leur stratégie de positionnement. On pense bien sûr à Philips, Panasonic ou Sony, mais il y a fort à parier que certains d'entre eux, plus orientés premium, pourraient hésiter à adopter une dalle volontairement simplifiée, préférant réserver leurs modèles aux technologies OLED les plus avancées, à l'image des dalles OLED Primary RGB Tandem 2.0 de LG Display ou des QD-OLED de Samsung Display.
Plus lumineux… au détriment des reflets ?
L’un des points clés de l’OLED SE résiderait dans la suppression du polariseur, une couche chargée de limiter les reflets et par conséquent d'améliorer la lisibilité en environnement lumineux. En s’en passant, LG Display pourrait à la fois réduire les coûts de fabrication et proposer une luminosité convenable, avec des pics qui s’approcheraient des 1 000 cd/m², un net progrès pour un OLED d’entrée de gamme.
Ce choix ne serait toutefois pas sans contrepartie. Un écran dépourvu de polariseur aurait mécaniquement tendance à refléter davantage la lumière ambiante. En clair, le gain de luminosité pourrait partiellement être compensé par une hausse des reflets, ce qui n'est pas anodin dans une pièce de vie éclairée. LG Display miserait sur un nouveau film optique pour limiter cet effet, mais son efficacité réelle restera à vérifier sur des produits finalisés.
L’OLED SE ne promet donc pas de faire des miracles, en revanche l'idée de rendre l’OLED plus accessible est interéssante, surtout dans un contexte où l'OLED pourrait être fortement challenger ses prochaines années par l'Inkjet OLED de TCL CSOT.
En somme, il faudra attendre les premiers modèles cette année afin d'évaluer si cet équilibre entre coût, luminosité et confort visuel tient ses promesses dans les conditions réelles d’usage.