L'eldorado du contenu automatisé vient de s'effondrer. YouTube ne se contente plus d'avertissements polis : la plateforme a supprimé sans sommation plusieurs des plus gros producteurs de vidéos synthétiques. Le message est clair : la pollution numérique, c'est terminé.

Vous pensiez que Google laisserait ses serveurs devenir une décharge à ciel ouvert indéfiniment ? Détrompez-vous. Le couperet est tombé ce mercredi sur les « usines à clics » qui inondaient la plateforme. Ce n'est pas un simple ajustement d'algorithme, mais une exécution publique des plus gros contrevenants identifiés par le récent rapport de Kapwing. Pour comprendre la violence de cette décision, il faut se rappeler que la situation était devenue intenable : près d'un tiers des recommandations faites aux nouveaux utilisateurs étaient devenues du « slop » numérique indigeste.
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Le grand ménage de printemps (en janvier)
Il y a encore quelques jours, la chaîne CuentosFacianantes trônait au sommet de l'empire du vide avec 5,9 millions d'abonnés et plus d'un milliard de vues cumulées. Aujourd'hui ? Erreur 404. Cette chaîne, spécialisée dans les histoires générées par IA de qualité médiocre (souvent du « contenu fanfic Dragon Ball » sans queue ni tête) a été rayée de la carte. Et elle n'est pas seule.
- Grande diversité de contenus
- Monétisation pour les créateurs
- Accessibilité sur toutes les plateformes
D'après les données de Kapwing, YouTube a méthodiquement démantelé un réseau de chaînes « zombies » qui, cumulées, généraient environ 117 millions de dollars de revenus annuels. Nous ne parlons pas ici de créateurs utilisant l'IA comme outil d'assistance, mais de flux entièrement automatisés, conçus pour hacker l'attention humaine avec ce que le web anglophone appelle le « brainrot » (la pourriture de cerveau).
Cette purge fait écho à une promesse datant de juillet dernier, où YouTube annonçait vouloir s'attaquer au contenu « produit en masse ». Il semble que la phase de prévention soit terminée : nous sommes passés à la répression active. Les chaînes identifiées, comme Imperio Jesus ou des variantes de Super League, ont vu leurs vidéos disparaître ou leurs comptes clôturés, prouvant que le volume d'abonnés ne protège plus personne.
La fin de la théorie de l'Internet mort ?
Ne nous y trompons pas : ce n'est pas par amour de l'art que Google agit. C'est une question de survie économique. Héberger des pétaoctets de vidéos générées par des scripts coûte une fortune en infrastructures, pour un contenu qui fait fuir les annonceurs premium. Coca-Cola et Nike ne veulent pas voir leurs publicités accolées à une vidéo générée automatiquement racontant une fausse histoire de chatons, ou pire, à des escroqueries deepfake.
Ce nettoyage est aussi une réponse directe à la crise de confiance qui menace la plateforme. Récemment, nous rapportions comment l'arnaque à l'IA avait forcé YouTube à supprimer des chaînes aux millions de vues utilisant l'image de célébrités. Aujourd'hui, la plateforme élargit le spectre : ce n'est plus seulement l'illégal qui est visé, mais le « médiocre industriel ».
YouTube, qui a poussé le format Shorts pour concurrencer TikTok, a lui-même créé le monstre qu'il doit abattre aujourd'hui. Le format court, propice à la consommation rapide, est le terrain de jeu idéal pour ces IA génératives. En supprimant ces chaînes, YouTube admet implicitement que la métrique de la « vue » ne vaut plus rien si elle n'est pas soutenue par une intention humaine réelle.
Source : The Verge