Face aux blocages d’Outlook Classic provoqués par la mise à jour de sécurité de janvier, Microsoft peine à sortir un correctif rapide. En désespoir de cause, l’entreprise vient de conseiller de… désinstaller le Patch Tuesday sur les configurations les plus pénalisées.

La situation autour du Patch Tuesday de janvier 2026 continue de se tendre. Après une série de retours faisant état de dysfonctionnements parfois bloquants sur Windows 11, Microsoft a actualisé sa documentation officielle au sujet du problème affectant la version classique d'Outlook, indiquant que l’enquête se poursuivait. À défaut de correctif immédiat, l'entreprise a également suggéré plusieurs solutions de secours pour temporiser, allant jusqu'à recommander la désinstallation de la mise à jour de sécurité.
Un bug qui bloque Outlook et empêche toute reprise normale
Pour rappel, le problème touche les configurations POP et, plus largement, celles qui s’appuient sur des fichiers PST (ces fichiers de données qu’Outlook emploie pour stocker mails et archives) hébergés sur OneDrive.
Les symptômes décrits alors sont quasi-systématiques. Outlook se fige, passe à l’état « Ne répond plus », puis refuse de se fermer correctement. Une fois quitté, impossible de le relancer, la seule issue consistant à mettre fin au processus via le gestionnaire des tâches ou à redémarrer l’ordinateur. D’autres comportements incohérents ont également été observés, comme des messages envoyés absents du dossier Éléments envoyés, le retéléchargement de mails déjà reçus ou des erreurs de synchronisation.
Microsoft a confirmé que le bug concernait un vaste périmètre, de Windows 10 22H2 à Windows 11 25H2, 24H2 et 23H2, ainsi que les éditions Windows 10 Enterprise LTSC 2021 et 2019. Côté serveur, l’éditeur cite Windows Server 2025, Windows Server version 23H2, Windows Server 2022 et Windows Server 2019.

Pas de correctif immédiat, des solutions de secours assumés
Faute de solution rapide, Redmond reconnaît implicitement la complexité du dossier et recommande d’abord de contourner le problème en passant par le client webmail tant que le bug persiste.
L’éditeur propose ensuite de déplacer les fichiers PST en dehors de OneDrive. Dans ce cas, il faudra fermer Outlook, patienter jusqu’à la fin de la synchro OneDrive en cours, ouvrir l’Explorateur de fichiers et accéder au dossier C:\Users\[nom_utilisateur]\OneDrive\Documents\Outlook Files.
Vous pourrez ici copier le fichier .pst vers un autre emplacement du disque qui ne soit pas OneDrive, et le renommer. Relancez ensuite Outlook, puis rendez-vous dans Fichier > Paramètres du compte > Email. Sélectionnez le nom du compte > Modifier le dossier > Nouveau fichier de données Outlook, et importez votre fichier .pst depuis son nouvel emplacement.
Pour terminer, n’oubliez pas de supprimer l’ancien emplacement OneDrive de votre PST (Fichier > Paramètres du compte > Fichiers de données), et relancez Outlook.
Enfin, en tout dernier recours, Microsoft a également conseillé la désinstallation de la mise à jour Windows (Paramètres > Windows Update > Historique des mises à jour > Désinstaller des mises à jour).
Une recommandation inhabituelle pour un Patch Tuesday, qui témoigne de la difficulté à proposer une remédiation propre à court terme. Si vous décidez de vous rabattre sur cette solution, gardez en tête que la mise à jour de janvier a corrigé une bonne centaine de vulnérabilité, parmi lesquelles trois failles zero-day, dont une officiellement exploitée dans des attaques réelles.
Sources : Microsoft [1], Microsoft [2]