Les géants de l'IA conversationnelle, parmi lesquels ChatGPT, sont dans le viseur de l'Autorité de la concurrence. Cette dernière a annoncé, vendredi, une enquête sectorielle sur leur incursion dans le commerce en ligne, qui soulève des questions de concurrence.

Ce vendredi 9 janvier 2026, l'Autorité de la concurrence a décidé de s'autosaisir dans le but d'examiner le secteur des agents conversationnels. ChatGPT, Mistral AI ou encore Perplexity sont autant d'outils d'intelligence artificielle qui ont conquis des millions d'utilisateurs en France. Mais leur percée dans le commerce en ligne, via le « commerce agentique », inquiète le régulateur. Avec, en jeu, la structure concurrentielle d'un marché en pleine mutation, et un avis attendu cette année.
Les agents conversationnels IA comme ChatGPT explosent en France
Le raz-de-marée est bien réel. En un an, l'usage des agents conversationnels a bondi de 60% en France. ChatGPT écrase la concurrence avec ses 21,6 millions de visiteurs mensuels en septembre dernier. Loin derrière, Google Gemini peine à 2,8 millions, suivi du français Mistral AI (1,5 million), qui va équiper les armées françaises, puis de Perplexity (1,3 million) et Microsoft Copilot (1 million). Une hiérarchie déjà bien établie.
La déferlante touche surtout les jeunes. Les 18-24 ans sont 85% à utiliser ces outils, contre à peine 68% l'année passée. Chez les 25-34 ans, le taux s'établit à 63%, en hausse également. Les plus de 35 ans restent prudents, seul un tiers ayant franchi le pas.
Ces plateformes ne sont depuis un moment déjà plus de simples robots répondeurs. Elles rédigent des textes, décortiquent du code informatique, créent des images, et surtout, apprennent de chaque interaction. En lançant son enquête dite sectorielle, l'Autorité de la concurrence poursuit ici un chantier entamé en juin 2024 avec un premier avis sur l'IA générative, qui analysait déjà la conception des modèles. Cette fois, elle s'attaque à l'aval, c'est-à-dire aux usages concrets.

Ces agents IA qui achètent à votre place inquiètent l'Autorité de la concurrence
Pour l'Autorité, le commerce agentique est la vraie rupture à mettre au crédit des chatbots. Votre IA ne se contente plus de vous conseiller, elle devient votre assistant shopping. Elle visite les sites marchands, déchiffre les offres, compare les tarifs et vous dégotte la perle rare. Et en bonus, elle mémorise vos besoins réguliers, comme les croquettes du chat, et les anticipe. Un vrai majordome numérique. L'IA agentique est déjà partout, et sera omniprésente dans les années à venir.
Tout cela incite à se poser des questions. Comment ces IA vont-elles choisir les produits à recommander ? Sur quels critères ? La publicité intégrée va-t-elle influencer leurs suggestions ? L'Autorité veut notamment examiner les risques d'autoréférencement. Ces agents, développés par des géants comme Google ou Microsoft, pourraient-ils favoriser leurs propres services ? Les enjeux de concurrence sont colossaux.
Tout l'écosystème du e-commerce devra s'adapter. Les transporteurs, les systèmes de paiement, les marketplaces... tous devront apprendre à dialoguer avec ces nouveaux intermédiaires. Pour donner un peu plus d'épaisseur encore à son enquête, l'Autorité de la concurrence lancera une consultation publique prochainement, et son avis final tombera en 2026. Une chose est sûre, le commerce tel qu'on le connaît est en train de muter profondément.