5 questions à Dominique VANON, DSI du Conseil Général de la Meuse (55)

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Le 17 décembre 2001
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Dominique VANON, DSI du Conseil Général meusien, détaille la convention signée avec l’ART sur une évaluation de la couverture mobile dans le département.

Dominique VANON, DSI du Conseil Général meusien, détaille la convention signée avec l'ART sur une évaluation de la couverture mobile dans le département.

AB - Monsieur VANON bonjour. Pouvez-vous présenter en quelques mots votre parcours et votre fonction au sein du Conseil Général de la Meuse ?

DV - Je suis ingénieur de formation (ENTPE - École nationale des travaux publics de l'Etat). Après avoir quitté la fonction publique, j'ai travaillé chez 17 il y a plus de dix ans. Après cette expérience, le Conseil Général de la Meuse (55) m'a proposé un poste (contractuel) pour mettre en place le réseau informatique. En 1987, il ne devait y avoir qu'un seul micro-ordinateur dans nos locaux...

En tant que Directeur des systèmes d'information (DSI) du Conseil Général meusien, ma mission est double : encadrer la cellule informatique en interne et mener une action de chargé de mission pour les NTIC en externe, en particulier pour la téléphonie mobile et les réseaux hauts débits («action Internet 55» met en relation les entreprises du département et leurs élus).

AB - Lors du Comité Interministériel pour l'Aménagement et le Développement du Territoire (CIADT) du 9 juillet 2001, le gouvernement s'est fixé pour objectif l'achèvement, au cours des trois prochaines années, de la couverture en téléphonie mobile du pays. Pensez-vous que la Meuse soit sur le bon chemin pour atteindre cet objectif ?

DV - Notre sentiment au Conseil Général, du Président Bertrand PANCHER et des équipes associées à ce projet, est que l'on ne parle bien que des choses que l'on connaît bien.

C'est pourquoi, en accord avec l'Assemblée des départements de France (ADF) nous avons souhaité aller plus loin en utilisant le protocole de l'Autorité de régulation des télécommunications (ART).

L'Etat nous demande d'identifier les zones blanches (non couvertes), et plutôt que de se baser sur les cartes des opérateurs (modèle mathématique ne prenant pas en compte le terrain dans son ensemble), nous avons opté pour la réalisation d'une étude incontestable et incontestée.

AB - La Meuse est, depuis le 21 novembre dernier, le premier département à avoir signé une convention de partenariat sur la réalisation d'une enquête d'évaluation de la couverture des réseaux mobiles avec l'Autorité de régulation des télécommunications. Pouvez-vous préciser les objectifs d'un tel projet ?

DV - Nous avons effectivement eu l'opportunité d'être les premiers à signer cette convention, ce qui est de bon augure.

Contrairement à ces notions de modèle mathématique dont je vous parlais à l'instant, où il est question de présence d'un signal, le protocole de l'ART va plus loin que la mesure d'un champ de radio-téléphonie (où l'on se demande de quel opérateur il s'agit).

En fait, le protocole de l'ART croise les deux méthodes :

La mesure de champ : opérateur par opérateur (en voiture, les techniciens disposent de 3 téléphones portables reliés à un ordinateur, 3 câbles, etc.), canton par canton, à raison d'une mesure toutes les 15 secondes (appels lancés) à 60 km/h soit une mesure tous les 100/200 m.

La mesure d'étalonnage : voiture à l'arrêt, les techniciens vérifient que l'on peut effectivement établir une communication pour les trois opérateurs (Orange, SFR, Bouygues). L'appel/conversation se poursuit pendant 1 minute, 1 minute 30.

Cet élément a été validé par la société Directique, société dirigée par Olivier BRUNOT (www.directique.com). L'équipe technique de Directique réalise ces mesures (étalonnage) qui représentent une analyse sur la qualité des communications (50 mesures par canton et par opérateur).

Bien sûr, les techniciens vont surtout établir ces mesures là où le signal est plutôt limité. Nous voulons mettre l'accent sur du concret, à savoir la qualité de service (qualité des transmissions plus que signal de la porteuse) via le protocole de l'ART.

Ces mesures (puissance du signal, distance au relais, etc.) seront «croisées» avec les informations obtenues grâce au GPS (Global Positionning System) et au SIG (système d'information géographique) pour les points de mesure (cartes avec 4 couleurs du rouge au vert, symbolisant le niveau de qualité de la couverture réseau).

En Meuse, 150 km par canton sont balayés (pratiquement tous les axes seront couverts).

En plus des obligations liées au protocole de l'ART, nous avons demandé la superposition des courbes pour un même canton.

Une carte d'analyse de la couverture réseau point par point sera réalisée, à savoir si aucun (rouge) ou si 1, 2 ou les 3 opérateurs passent (vert).

Ensuite, nous avons demandé que cette carte soit réalisée avec deux taux de probabilité : dans 95% des cas une conversation d'une minute pourra être tenue sur la zone concernée (et là il y aura évidemment de nombreuses zones rouges) ; à 50% il y aura plus de vert.

En plus de cette carte, nous établirons d'autres éléments statistiques. (Certains cantons passent à 50% d'autres à 100%).

A partir de ces schémas, les zones blanches seront précisément déterminées, et une stratégie sera adoptée par le Conseil Général de la Meuse en matière de téléphonie mobile.

Enfin, en 2002 après arbitrage de l'Etat, des mesures seront proposées en matière de financement des relais.

Un point important à propos de cette étude, il n'y a pas réellement d'opérateur prédominant.

Pour le Conseil Général de la Meuse, le point essentiel concerne plus le service rendu au public que la notion de couverture... La problématique est de rendre disponible le téléphone mobile de l'utilisateur, quel que soit l'opérateur.

Avec l'itinérance réalisée dans les zones blanches, un opérateur pourrait passer par le signal d'un autre opérateur, dans ce cas les autres zones seraient moins bien couvertes à leur tour (seul Orange passerait). La question est de savoir si l'on se contente de ce nouveau déséquilibre.

A ce propos, l'itinérance se règle plus facilement d'un point de vue technique que commercial. La question est de savoir si l'itinérance est maintenue. C'est un sujet de débat, et d'inquiétude, car nous n'avons n'a pas la «loi universelle» du filaire côté mobile.

Récemment des discussions ont eu lieu entre le Secrétaire d'Etat à l'industrie, Christian PIERRET et les opérateurs à propos de la couverture mobile de la France. Les opérateurs auraient accepté de prendre à leur charge une partie des investissements GSM.

A la base, chaque acteur devait verser environ 500 MF (Etat, Collectivités locales, et opérateurs). Maintenant il semblerait que pour les 1500 pylônes prévus par l'Etat, 500 MF pourraient être financés par l'Etat et environ 1 milliard de francs par les opérateurs.

Les mâts-relais seraient pris en charge à hauteur de 50% pour Orange et SFR et 50% pour l'un ou l'autre des opérateurs.

AB - De quels moyens humains et matériels dispose le département pour mener à bien une telle initiative ? Quel est le montant engagé par le département pour cette étude ?

DV - Les techniciens de la société Directique s'occupent de toutes les mesures. L'administratif (commandes, prospection, stratégie globale, suivi) incombe à la Direction des systèmes d'information du Conseil Général, en lien étroit avec le Président Bertrand PANCHER.

Le montant engagé par le Conseil Général de la Meuse dans ce projet est de 34 300 euros, soit 1 100 euros par canton environ.

Le Conseil a pris totalement en charge le projet conformément à ses priorités dans le département, mais aussi pour des questions de «montage» (être présents rapidement).

Au Conseil Général les liens entre élus sont facilités, et la réactivité de la structure est réelle.

AB - Pour conclure : Pensez-vous que, à moyen terme, le GPRS puis l'UMTS seront adoptés par une majorité de Meusiens séduits par les terminaux sans fils ?

DV - A dire vrai, le GPRS est une évolution intéressante du GSM. En revanche, la transmission de données via le GSM n'est pas très flatteuse, le Wap était intéressant dans l'idée, mais technologiquement faible.

Bref, le GPRS est l'évolution obligatoire vers l'UMTS (fluidité dans les débits). La téléphonie mobile de troisième génération, va nous permettre de flirter avec le bas du haut débit.

AB - Monsieur VANON, je vous remercie pour ces réactions «à chaud».
Modifié le 18/09/2018 à 14h29
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