Arnaud AFFERGAN : Himalaya, objectif mobilité

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Le 26 octobre 2000
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A l'occasion du lancement de l'offre Multi-T, Arnaud AFFERGAN, consultant chez Himalaya a bien voulu présenter la stratégie internet mobile de la web agency

A l'occasion du lancement de l'offre Multi-T, Arnaud AFFERGAN, consultant chez Himalaya a bien voulu présenter la stratégie internet mobile de la web agency

JB - Monsieur Affergan, bonjour. En quelques mots, pourriez vous présenter Himalaya ?

AA - Bonjour. Himalaya est une société qui a déjà 10 ans, créée par deux anciens étudiants de l'Essec et un ingénieur. Initialement société spécialisée dans le marketing direct nous avons progressivement pris le virage d'internet à partir de 1996 pour répondre aux besoins de l'un de nos clients, 17. En 1997, la société est définitivement devenue une agence internet pour connaître une hypercroissance de nos effectifs en 2 ans (nous sommes maintenant près de 300). Nous sommes entrés en bourse en Mars dernier et nous avons récemment racheté deux structures : une structure à Reims, dédiée aux progiciels de gestion, et nous avons récemment fusionné avec la Web Agency A2C dans une logique de complémentarité. Par ailleurs,nous avons ouvert un pôle de recherche et développement (mobilité, personnalisation, e-commerce) à Grenoble avec de nombreuses personnes issues de la recherche universitaire. Himalaya mène actuellement une politique très active de croissance internationale avec l'ouverture de bureaux à Milan, Madrid, Londres et même Moscou.

JB - Quel est votre métier ? Vous définissez vous comme une web agency ?

AA - Nous nous définissons comme des "web architect" plutot que comme "web agency". Notre métier ne se limite pas à la réalisation technique de sites internet puisqu'une part importante de notre activité est du conseil. Nous souhaitons faire du net un véritable axe de développement pour nos clients, pas une simple vitrine. Ainsi, nous proposons des solutions end-to-end de consulting, design et développement technique aux entreprises qui veulent s'imposer sur internet. Nos missions ont pour objectif de construire des e-leaders : définir la stratégie internet (offres et revenus, positionnement, stratégie de marque, organisation et process...), réaliser les solutions web (front end et back end pour accès tous supports ... ), accompagner le lancement (digital traffic, promotion des ventes...) et l'évolution vers d'autres versions de sites.

JB - Himalaya a crée NetFlowers, pouvez vous en dire plus sur cette nouvelle offre ?

AA - La cellule "Netflowers" a été crée au début de l'année 2000 à l'initiative de la direction d'Himalaya, dans une optique de prospective sur les nouveaux métiers du web. Objectif : Faire germer de nouvelles "flowers", ou nouvelles compétences chez Himalaya. Le premier sujet traité par l'équipe fut le WAP : comment positionner ce nouveau support vis à vis de nos sites web traditionnels, comment promouvoir de nouveaux services et business modèles, comment faire face à de nouveaux langages (WML..) et nouveaux réseaux (GSM, GPRS...). Derrière le Wap se dessinait en fait l'émergence d'une nouvelle génération de plates formes d'accès à internet, du Palm au Pocket PC, d'internet embarqué au "web on TV" -Netgem, TAK- : Derrière le web sur PC se prépare une véritable déclinaison de contenus et services dans des contextes différents, sur des supports différents. Un véritable défi pour les acteurs du web !

JB - Quelles sont les spécificités de ce nouvel environnement ?

AA - Prenez l'exemple du web. Il y a principalement 2 logiciels de navigation : Netscape et . En matière de téléphones WAP, nous observons une multiplication des browsers : phone.com, Nokia, microsoft mobile explorer, symbian et j'en passe.Il y a également une multitude d'environnements graphiques différents(taille d'écran, nombre de lignes, polices propres à chaque terminal). Nous ne souhaitons pas nous limiter au plus petit dénominateur commun entre ces environnement. Nous avons décidé de dissocier le contenu du contenant, grâce au couple XML- XSL, afin de proposer des contenus optimisés pour chaque terminal, ce qui nécessite d'ailleurs de travailler en étroite collaboration avec chaque fabricant. En matière d'ordinateurs de poche, le problème se pose aussi bien au niveau des systèmes d'exploitation ( palmOS, EPOC, WindowsCE et bientôt linux ) que des navigateurs. En résumé, c'est un environnement beaucoup plus complexe que le web.

JB - C'est la raison d'être de votre nouveau label ?

AA - Oui. Ce label, baptisé Multi-T (Multi terminaux) est la promesse que fait Himalaya à ses clients d'une compatibilité complète et d'une optimisation des contenus avec l'ensemble des terminaux du marché. Nous avons signé ce label avec la quasi-totalité des constructeurs de téléphones Wap et d'assistants personnels qui nous assurent ainsi une visibilité technique et commerciale sur leurs produits. Mais nous souhaitons aussi insister sur notre activité de conseil, "d'architectes". Avant de créer ces sites, nous avons une grosse phase de réflexion. Peut-on mettre n'importe quoi sur un téléphone WAP ? Dans le cadre de notre prestation, nous n'hésitons pas à pousser le client à repenser son produit afin d'améliorer l'ergonomie.

JB - Que pensez vous de l'i-Mode et de son arrivée prochaine en Europe ?

AA - Il faut d'abord rappeler que bon nombre de médias se sont un peu emballés à propos d'un éventuel i-Mode européen. L'I-Mode est avant tout une recette japonaise, et son succès est lié à différents facteurs (réseau proche du GPRS, standards de terminaux et browsers dictés par NTT, public technofan...) difficilement transposables en Europe tels quels. NTT DoCoMo a bien précisé que ce ne serait pas avant l'UMTS, c'est-à-dire au moins avant fin 2002. Himalaya est "time to market". Notre offre NetFlowers comprendra l'i-Mode quand il y aura des terminaux compatibles sur le sol européen. Ce n'est donc pas encore le cas, mais nous savons déjà que techniquement, nous pourrons facilement faire face à ce nouveau format.

JB - Encensé à son lancement le WAP est désormais très critiqué. Quel est votre sentiment ?

AA - Je pense que le marketing a devancé la technique. Il aurait peut-être fallu attendre le WAP 1.2 et le GPRS pour lancer ce format c'est à dire dans quelques mois. Pour le moment, les contenus ne sont pas toujours à la hauteur mais cela devrait changer prochainement. Himalaya a vraiment la volonté de participer à la démocratisation de l'internet mobile.

JB - Selon vous, quelles seront les principales applications ?

AA - Nous croyons beaucoup au Comparateur de prix, permettant de comparer en direct une offre en magazin avec celle d'un marchand électronique. Un autre axe de réflexion concerne les services de localisation basés sur la triangulation des réseaux cellulaires. Ce sont de vrais services à valeur ajoutée pour les internautes mobiles.

JB - Monsieur Affergan, je vous remercie.
Entretien réalisé en Octobre 2000 par Jérôme BOUTEILLER
Modifié le 20/09/2018 à 15h48

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