Philippe TISSOT : Freever, des communautés mobiles pour les mobinautes

Jérôme Bouteiller
01 mai 2000 à 00h00
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Freever est un service innovant, proposant aux utilisateurs de téléphones mobiles, de bénéficier de l'interactivité du web et en particulier de ses forums de discussion. Evoluant sur un marché que les analystes estiment 5 à 6 fois supérieur au Web, Freeve

Freever est un service innovant, proposant aux utilisateurs de téléphones mobiles, de bénéficier de l'interactivité du web et en particulier de ses forums de discussion. Evoluant sur un marché que les analystes estiment 5 à 6 fois supérieur au Web, Freeve

JB - Monsieur TISSOT, bonjour. en quelques mots, pourriez vous présenter votre parcours et votre société ?

PT - Bonjour. J'ai une formation d'ingénieur de l'institut supérieur d'électronique de Paris. J'ai travaillé chez Schlumberger, l'un des leaders mondiaux en carte à puce, dans la recherche et développement de nouvelles applications GSM. J'ai quitté Schlumberger pour créer Freever en décembre 1999, avec Jérôme TRAISNEL et Fabien THIRIET. Freever a démarré très tôt son activité puisque nous avons été en test chez un opérateur français dès le mois de Janvier et que nous avons signé un accord avec Vodaphone dès Mars 2000.

JB - Freever se présente comme un outil de communautés mobiles. Quels sont les services que vous allez proposer ?

PT - Freever propose une solution de communauté mobile. Nous pouvons distinguer :
- FreeClub, un service asynchrone basé sur la voix, les SMS et le WAP, permettant à nos membres de participer à des forums de discussion, de façon anonyme. Ces forums sont animés et modérés par des journalistes.
- FreeChat, un service synchrone permettant à des abonnés de bavarder en direct via SMS ou WAP. Ces forums couvrent une dizaine de thèmes sur les loisirs.
- FreeGroup, un service de listes de discussion accessibles par la voix, en SMS ou en WAP, qui permet à un groupe de rester en relation.
Enfin, bientôt, nos membres devraient disposer de pages perso qui pourraient servir de véritables cartes de vistes.

Freever est ainsi la première plate forme "Pluri Média" alliant la voix, le WEB, le WAP et les SMS.

JB - Allez vous étudier des systèmes faisant appel à la localisation ?

PT - Oui, nous travaillons sur ce genre de solutions avec Alcatel. Nous pourrons ainsi permettre aux membres d'un même groupe d'être mis en relation si jamais ils se situent dans une même zone géographique. Ce service ne s'appuie pas sur la technologie satellitaire GPS mais sur un logiciel développé par Alcatel et Freever, basé sur la triangulation rendue possible sur le réseau cellulaire. On peut aussi imaginer des applications comme des jeux de rôle, des chasses à l'homme, etc.. Notre service sera proposé aux opérateurs avant l'été.

JB - Ne craignez vous pas que des services comme Multimania ou RESpublica débarquent en foce sur votre segment ?

PT - Je pense qu'il ne faut pas transposer trop rapidemment le WEB au WAP. Les "mobinautes" seront 5 fois plus nombreux que les internautes. Ils auront des besoins spécifiques, liés à un environnement spécifique. Vis à vis de ces communautés WEB, nous chercherons avant tout à leur proposer des partenriats et des échanges de visibilité. Nous pourrions leur proposer les communautés mobiles co-brandées par exemple.

JB - A combien estimez vous le marché du WAP en particulier et de l'internet mobile en général ?

PT - Le "M-Commerce" est estimé à plus de 23 milliards d'Euros d'ici 2003, uniquement pour la partie transactionnelle. Il faut bien comprendre qu'il s'agît d'un marché de masse sans commune mesure avec le marché internet actuel. Pour l'instant, le marché est encore balbutiant mais la volonté d'acteurs comme Alcatel ou de placer des navigateurs WAP dans leurs produits d'entrée de gamme devrait démocratiser les services mobiles en très peu de temps.

JB - Quelles seront les sources de revenus de Freever ? La publicité, les reversements au temps de connexion ?

PT - Pour le moment, nos revenus seront exclusivement issus des opérateurs. Nous leur permettons de prolonger le temps de connexion de leurs clients, de mieux les profiler par l'usage des forums thématiques et biensûr de les fidéliser sur leur bouquet de services. C'est un partenriat "gagnant / gagnant". Par la suite, nous chercherons à développer l'achat groupé, le marketing direct et l'affiliation à des sites verticaux. Notre objectif est d'atteindre 5 francs de chiffre d'affaires par mois et par abonné dès 2002. Et je pense que ce chiffre est très prudent et que nous pourrions d'ailleurs le revoir à la hausse.

Nous serons néanmoins assez prudent avec la pub en WAP ou en SMS. Compte tenu de la taille des écrans, les mobinautes pourraient avoir une assez mauvaise réaction. Nous étudions plutôt des systèmes de sponsoring plus discrets.

JB - Quelle est votre stratégie pour les autres supports : i-Mode, HTML light, Avantgo, Web, etc...

PT - Le i-mode concerne des téléphones japonais et nous sommes plutôt spécialisés dans le GSM, une technologie d'origine européenne. En outre, les Palm ou les Psions restent des marchés de niche si on les compare au téléphone mobile. Notre priorité, c'est clairement le SMS et le WAP.

JB - Ne craignez vous pas que le décollage de votre activité dépende de la généralisation du GPRS, "l'internet mobile rapide" ?

PT - Non. La voix et le SMS sont déjà fonctionnels sur l'ensemble des téléphones mobiles. Par contre, l'interface WAP devra en effet attendre le développement des réseaux cellulaires rapides GPRS. De plus, cette technologie facture le WAP au débit. Cela permet de ne pas payer quand on lit un texte ou quand on saisit un message. De plus, la connexion est instantanée. Le GPRS devrait faire son apparition à la fin de l'année 2000 et être généralisé dès 2001.

JB - Pensez vous qu'il soit possible de faire de la concurrence aux opérateurs mobiles pour ces fameux portails WAP ?

PT - A l'heure actuelle, la grande question est de savoir si les opérateurs vont commander aux constructeurs des téléphones vérouillés sur leur portail WAP. Je pense que même ouverts, la saisie d'une autre adresse WML ou le reparamétrage internet du téléphone restent compliqués. Enfin, n'oublions pas que les opérateurs ont toujours la possibilité de sous facturer les consommations Data vers leur propre portail. Pour toutes ces raisons, je pense vraiment que les opérateus sont incontournables. Il y aura très peu d'audience pour les portails indépendants selon moi.

JB - Monsieur TISSOT, je vous remercie.

Entretien réalisé en Avril 2000 par Jérôme BOUTEILLER
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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