Une centrale nucléaire française © aerophoto / Shutterstock
Une centrale nucléaire française © aerophoto / Shutterstock

Vous allez pouvoir donner votre avis sur le prolongement des centrales nucléaires de 1 300 MWe construites entre 1985 et 1994. Le Haut comité
pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire lance une concertation ouverte à tous.

À l’instar de plus en plus de travailleurs, les centrales nucléaires, considérées comme une industrie verte par l'Europe, n’ont pas droit à la retraite à 40 ans. À l’approche de cette échéance pour les réacteurs de 1 300 MWe (20 des 56 réacteurs situés en France, répartis sur 8 sites) se pose la question du prolongement de leur exploitation.

Le HCTISN (sigle un peu barbare du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire) vous invite à donner votre opinion sur la question.

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La retraite à 40 ans pour les centrales ? Nullement gravée dans l’atome

Selon le HTCISN, cette 40e année de fonctionnement représente « une étape majeure » dans la vie de ces réacteurs. Comme ce fut le cas pour ceux de 900 MWe entre septembre 2018 et mars 2019, l’organisme organise une concertation à l’occasion du 4e réexamen périodique.

La publication du HTCISN souligne que la réglementation qui autorise les installations nucléaires ne fixe aucune durée de fonctionnement. Elle impose seulement un réexamen périodique à chaque décennie. Christine Noiville, présidente du Haut comité, explique ainsi dans une interview accordée à nos confrères de franceinfo que les 40 ans de durée d’exploitation communément évoqués comme âge limite correspondent à une « hypothèse technique de fonctionnement ».

Les tours de refroidissement d'une centrale nucléaire française © Colleen Ashley / Shutterstock

Une faveur avant les enquêtes publiques

Si la concertation n’a rien d’obligatoire, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 impose en revanche que la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de 35 ans soit soumise à des enquêtes publiques.

Cette ouverture aux avis n’est donc qu’une étape préalable décidée par la HTCISN. Elle doit « permettre au public d’être associé aux prises de position concernant la poursuite de fonctionnement après 40 ans des réacteurs électronucléaires de 1300 MW ».

Notez que les réacteurs numéro 1 des centrales nucléaires de Paluel et de Cattenom seront les premiers concernés par ce 4e réexamen périodique, et ce, à partir de 2026.

Vous avez jusqu'au 30 juin 2024 pour donner votre avis

Enfin, sans détailler toute la procédure, le réexamen implique l’exploitant, EDF, qui s'apprête d'ailleurs à construire 1 à 1,5 réacteur nucléaire chaque année, et l’ASN (Autorité de Sûreté nucléaire). Sur la base de différents rapports, contrôles et éventuelles modifications, celle-ci communique au gouvernement ses conclusions sur l’état de sûreté des installations et le bien-fondé (ou non) de prolonger l’exploitation.

Vous pouvez donner votre avis dès à présent sur le site consacré à cette concertation, ou le faire jusqu’au 30 juin 2024. Franceinfo ajoute que ceux qui résident autour des sites concernés pourront également assister à des réunions locales.

Sources : HCTISN, France Info