L'armée se penche sur la numérisation du champs de bataille

Jérôme Bouteiller
03 décembre 2004 à 00h00
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Le général d'armée Bernard Thorette a organisé un dîner réunissant civils et militaires consacré à la "numérisation du champs de bataille".

30 ans après Arpanet, des militaires continuent de se pencher sur l'apport des nouvelles technologies pour leur discipline. Dans le cadre des "Rencontres de l'Armée de Tere", le général d'armée et chef d'Etat-Major de l'Armée de Terre, Bernard Thorette a organisé un dîner à sa résidence de l'Hôtel Royal des invalides à Paris réunissant civils et militaires et consacré à la "numérisation du champs de bataille".

Le dîner rassemblait des militaires de haut rang ainsi que quelques hommes politiques (le député maire d'Issy les moulineaux André Santini, la député des Yvelines Valérie Pecresse, le sénateur Bruno Sido), quelques fonctionnaires (Laurent Sorbier, Jacques Sauret), des industriels (Bouygues Telecom, , , Lafarge, Microsoft, BNP Paribas, Sagem, Thalès, Bull), des scientifiques (CNRS, Les Mines) et quelques journalistes.

En collaboration avec la direction générale à l'armement (DGA), l'armée a imaginé un nouveau concept baptisé "Bulle Opérationnelle Aéroterrestre" (B.O.A.) et dont la mise en place complète est prévue pour 2025. Son principe repose sur l'action combinée d'un ensemble d'entités (hommes, véhicules, robots, drones) qui pourront à la fois communiquer, observer, renseigner et agir en s'appuyant à la fois sur les technologies existantes et sur de nouvelles à développer.

L'une des première étapes de BOA est FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrées), un nouveau système modernisant les armes (caméra infrarouge intégrée au FAMAS, écrans intégrés au casque, ...), les télécommunications (GPS, réseau intégré dans la section d'infanterie) ou encore les vêtements grâce à l'usage des nanotechnologies et capables de combiner souplesses et résistances aux projectiles.

Avec de nouveaux outils d'acquisition, de traitement de l'information, de géolocalisation ou de communication, l'armée du futur devrait donc être en mesure d'agir plus rapidement et avec plus de précision sur ses ennemis. Mais comme le souligne le général de division Gérard Bezacier, commandant de la doctrine de l'emploi de la force, ces technologies sont également sources de nouvelles faiblesses, en particulier face à des menaces du type "Al Quaida", refusant précisément le rapport de force direct au profit d'actions terroristes.

Utilisatrice de technologies afin d'obtenir une "supériorité opérationnelle" comme l'expliquent certains militaires, l'armée de la république reste également consciente du rôle des politiques sur des sujets aussi délicats que les rapports entre le nord et le sud. Une arme, aussi sophistiquée qu'elle soit, ne saura en effet jamais faire disparaître un sentiment d'injustice.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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