Emmanuel Macron a dû clarifier sa position, ce week-end, après la polémique sur les jeux vidéo née de ses derniers propos. Le président a rappelé son soutien à l'industrie, tout en annonçant le lancement d'un travail scientifique.

Le président Emmanuel Macron répond aux gamers. © Kaua209 / Shutterstock
Le président Emmanuel Macron répond aux gamers. © Kaua209 / Shutterstock

Samedi soir, Emmanuel Macron s'est senti obligé de préciser ses propos. Après le tollé provoqué ses déclarations sur les jeux vidéo chez Brut, faisant craindre chez certains une possible interdiction des jeux vidéo, le président a publié un long message sur les réseaux sociaux pour recadrer le tir. Entre fierté nationale pour l'esport français et les préoccupations sanitaires sur les pratiques excessives des jeunes, le chef de l'État tente de dépassionner un débat qui l'a mis dos au mur face à toute la communauté des gamers.

Le président Macron rappelle son amour du gaming français

« J'ai (encore) fait bondir les gamers », admet Emmanuel Macron avec une pointe d'autodérision. Le président a décidé de lister ses actions pour l'écosystème français du gaming, comme l'accueil de l'esport à l'Élysée, la structuration de la filière, ou la toute récente décoration des champions de Sandfall. Il cite aussi Karmine Corp, Vitality et Gentle Mates, ces structures qu'il soutient pour bâtir une équipe nationale capable de briller en compétition mondiale.

Le président insiste ensuite sur la fierté nationale. « Il y a tant de pépites françaises qui ont une influence mondiale ! Nous pouvons en être très fiers », martèle-t-il. Le président essaie de faire comprendre qu'on peut célébrer l'industrie du jeu vidéo française, tout en s'interrogeant sur certaines pratiques, et leurs conséquences. Emmanuel Macron tente ainsi de concilier son admiration pour le secteur et ses préoccupations concernant l'impact sur les plus jeunes.

C'est justement là que la tension persiste. « Mais soutenir une industrie et une culture n'interdit pas de poser une question simple, sans caricature : quels sont les effets de certains contenus et de certains usages sur les plus jeunes ? », écrit-il. Une question que le président présente comme légitime, mais qui agace profondément les joueurs. Ces derniers en ont en effet assez d'être systématiquement désignés responsables à chaque débat sur la violence des jeunes.

Emmanuel Macron pointe les risques de santé publique liés aux usages excessifs des jeux vidéo

Emmanuel Macron déplore que des jeunes passent leurs journées et nuits devant les écrans, comme il regrette que des jeux interdits aux mineurs (classés PEGI 18) soient parfois dans les mains d'enfants. Il y voit « un sujet majeur de santé publique, d'éducation et de responsabilité », évoquant les dangers pour les yeux, et le mental. Quand un adolescent « ne sort plus du tout car il joue abusivement », l'inquiétude parentale est légitime, estime-t-il.

Venons-en à ce qui inquiète une partie de l'industrie et de la communauté du gaming. Pas question d'interdire, assure le président. « Ce que j'ai annoncé chez Brut (...), ce n'est pas l'interdiction des jeux vidéo : c'est le lancement d'un travail scientifique, collégial, pour regarder la réalité en face », précise le locataire de l'Élysée. Des chercheurs, scientifiques et médecins spécialisés vont donc « évaluer les impacts, démêler les idées reçues et éclairer le débat public ». Sortir des clichés et poser un diagnostic factuel, et si c'était la bonne solution ?

Le président conclut son message sur une note conciliante, presque philosophique. « On peut aimer le jeu vidéo, en être fier, et en même temps regarder sans tabou certaines pratiques et leurs effets », plaide Emmanuel Macron. Un exercice d'équilibre difficile face à une communauté gaming fatiguée d'être pointée du doigt à chaque polémique. Son « débat sérieux, informé et apaisé » suffira-t-il à calmer les tensions ou les ravivera-t-il ? Réponse dans les semaines à venir, for sure.