Les salariés de iFrance défient leur nouveau patron

Jérôme Bouteiller
15 décembre 2003 à 00h00
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Start-down ? Dans une lettre ouverte adressée à la presse, les salariés du portail iFrance, une ancienne filiale de Vivendi Universal Net, défient leur nouveau propriétaire : William Illouz, PDG du Groupe ACC Long Distance, en l'accusant de les mener à la faillite.

Créée initialement par Marc SIMONCINI, le PDG actuel d'Ilius (Meetic, Friendset), iFrance était ensuite tombée dans la nébuleuse Vivendi Universal Net. Mais suite à la volonté de VU de sortir des métiers du Net, i(France) a été ensuite revenue au groupe groupe ACC, la holding chapeautant First Telecom, Comparatel, FlipSide ou encore Bingopoly.

Dans leur courrier, les salariés de iFrance annoncent un mouvement de grève pour le 16 décembre. "Ce mouvement a pour objectif de dénoncer la situation absolument scandaleuse et intolérable dans laquelle nous nous trouvons quelques mois après que Vivendi Universal Net nous ait revendus au nébuleux Groupe ACC Long Distance. Notre colère est d'abord dirigée contre Vivendi Universal, qui nous a bradés à un repreneur, qu'un responsable RH du Groupe qualifiait pourtant, quelques semaines avant notre cession, d'escroc... Preuve irréfutable que le Groupe a sciemment condamné nos activités. Nous sommes aussi révoltés par les méthodes honteuses de notre repreneur et son dirigeant William Illouz. En quatre mois, il a mené nos entreprises à une situation catastrophique : aucun projet industriel, la fermeture de pans entiers de nos activités, 5 licenciements abusifs, des fournisseurs impayés, aucun respect des règles fondamentales de nos droits de salariés..." précisent ces derniers dans une lettre ouverte.

Difficile à joindre, le groupe ACC et en particulier William Illouz s'étaient néanmoins récemment défendus dans les colonnes du journal du net, expliquant que le groupe avait été choisi par Vunet aux dépends d'autres prétendants (dont Marc Simoncini d'ailleurs), que les licenciements concernaient des salariés qui développaient des jeux pendant leur temps de travail ou encore que "ACC concentrait son énergie sur l'assainissement technique et la reprise en main" de ces deux sites.

Quels que soient les tords des deux parties, la grève démontre en tout cas que la communication est difficile entre ACC et ses nouvelles filiales. Reste à savoir si le mouvement social permettra de renouer les fils de dialogue ou s'il contribuera au contraire à radicaliser les deux positions...
Modifié le 18/09/2018 à 14h14
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