Dominique TESSIER, DG France de Telindus intégrateur et prestataire de services en réseaux sécurisés

Par Ariane Beky
le 23 septembre 2002 à 00h00
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Dominique TESSIER : "Notre métier d'origine est l'architecture et la réalisation de LAN/WAN. A cela s'est ajoutée la partie IP des réseaux opérateurs."

AB - Monsieur TESSIER bonjour. Quel a été votre parcours avant d'occuper le poste de Directeur général chez Telindus France ?

DT - J'ai tenu des postes de direction d'abord au Ministère de l'Equipement (l'informatique), puis dans le groupe Caisse des Dépôts (les réseaux câblés), et chez Locstar (Telecom par satellite) dont j'ai été le directeur général.

J'ai ensuite rejoint le groupe Lagardère comme PDG de Matra Sécurité, puis Sema Group chez qui j'ai encadré les grands projets auprès des Opérateurs de Telecom.

De formation initiale, je suis Polytechnicien, et Ingénieur des Ponts et Chaussées.

AB - Quelles sont les principales activités du groupe en matière de transmission de données et de télécommunications multimédia (LAN, WAN, Internet, VoIP, etc.) ?

DT - Notre métier d'origine est l'architecture et la réalisation des LAN et des WAN de nos clients. A cela s'est ajouté la réalisation et la maintenance de la partie IP des réseaux des Opérateurs.

Mais depuis deux ans, nous avons diversifié nos activités pour couvrir tout le champ des besoins de nos clients : prestations de Conseil pour les évolutions des réseaux et pour leur sécurité, mise en place de solutions de Téléphonie sur IP dans les
entreprises et les collectivités locales, sécurisation des réseaux, supervision à distance de ceux-ci pour en garantir la disponibilité et la qualité de service...

Nous sommes de plus en plus une société de Services, dont la mission est de construire la meilleure solution de communication en fonction des évolutions des métiers et de l'organisation de nos clients. Parmi ceux-ci, la Société Générale, Aventis, , les Caisses d'Epargne, la SNCF, Thalès, TotalFinaElf, la CNAM, , LDCom.

Outre ses compétences (nous avons le meilleur niveau de certification avec plusieurs équipementiers) et son indépendance, Telindus se distingue par sa forte présence locale : nous sommes implantés dans 9 villes de France, c'est un gage de proximité vis à vis de nos clients et de réactivité du support, bien utile pour nos contrats de maintenance 24h sur 24.

AB - Les réseaux privés virtuels (VPN- Virtual Private Network) intéressent de plus en plus d'entreprises. Votre société a-t-elle observé une croissance de la demande en la matière ?

DT - Non seulement nous l'avons observé mais nous y participons. Nous travaillons dans ce domaine comme partenaires de plusieurs opérateurs. Ceux-ci proposent le service global, nous concevons l'architecture, déployons les équipements d'accès, nous assurons la maintenance technique. Nous fournissons également des services complémentaires, par exemple de sécurisation des flux sensibles.

AB - Après de nombreuses acquisitions, comment s'est passée la fusion Telindus/CF6, société française spécialisée dans le conseil en sécurité propriété du groupe depuis juin 2000 ?

DT - Telindus est désormais une compagnie unique, qui inclut bien sûr les métiers et collaborateurs en provenance de CF6. Voici deux ans, nous étions encore une constellation de 7 sociétés, chacune avec sa culture, ses particularismes, son management...

Aujourd'hui nous avons une société dont les méthodes de travail, les choix technologiques, les compétences, sont homogènes. Et nous sommes assez fiers que ce processus se soit passé en préservant les savoir-faire et les atouts de chacune des entités d'origine, dont la réactivité et l'enracinement local. Cela nous permet de mener à bien les grands projets à l'échelle nationale (et désormais Européenne) tout en restant proches de nos clients.

AB - Vos clients sont essentiellement des grands comptes, opérateurs, industriels et administrations. Quels sont les principaux chantiers sur lesquels Telindus France a récemment travaillé ?

DT - Il y en a beaucoup, je n'en cite que quelques uns. Nous avons réalisé les réseaux IP de Numéricable, qui permettent à leurs abonnés d'accéder à l'Internet rapide.

Nous avons assuré la migration de STMicro vers le Gigabit Ethernet. Nous avons également mis en place la téléphonie IP d'Infogrammes. Nous achevons la migration totale du système de sécurité d'un grand nom de l'aéronautique. Nous sécurisons les échanges et optimisons les flux (le "Content Delivery") pour les Caisses d'Epargne du Sud-Est, etc.

AB - Comment a évolué le marché européen de l'intégration réseaux pour Telindus et ses concurrents ?

DT - Après la croissance rapide des années 1999-2000, où Telindus avait plus que doublé de taille en deux ans, nous avons été confrontés comme tout le monde à la crise du secteur.

Le marché des opérateurs s'est très fortement contracté.

Telindus ne croît plus que sur le segment des Entreprises - ce qui aboutira quand même en France à une légère croissance en 2002. Dans un contexte assez atone, cela veut dire que nous prenons des parts de marché.

En parallèle, nous avons fait de gros efforts sur nos coûts, sur notre structure, nous avons amélioré notre productivité. Prise de parts de marché, meilleure productivité, un endettement nul (dans notre secteur c'est rare !), cela nous met en position favorable pour gérer l'après crise le moment venu.

Mais il faut aussi pour cela changer notre culture, être un architecte de solutions. Un architecte connaît par cœur les caractéristiques des briques avec lesquelles il construit. Mais il sait aussi comprendre le besoin de son client et lui proposer une "solution d'habitation". Nous devons faire de même dans le domaine des réseaux de communication.

AB - En 2001, la vente de produits tiers (routeurs , par exemple) représentait les deux tiers du chiffre d'affaires du groupe Telindus. Or, depuis plus d'un an la société privilégie la vente de services et de ses propres produits. Qu'en est-il aujourd'hui en termes financiers ?

DT - La part prise par les Services est un bon indice de l'évolution que j'évoquais à l'instant. En France, cette part est passée de 23% en 1999, à environ 35% en 2002. C'est d'ailleurs à cela que nous devons la légère croissance du chiffre global, dont j'ai parlé. Notre but est de franchir la barre des 40% pour aller vers 50%, en France et bien sûr à l'échelle du groupe.

AB - Après avoir recentré ses activités sur 3 zones géographiques, quels sont les objectifs à moyen terme de Telindus, notamment en matière de GPRS et d'UMTS ?

DT - Notre société est présente partout en France. Cette capillarité légitime notre volonté de contribuer au déploiement et au support des futurs réseaux de 3è génération. Mais cela ne sera pas notre seule évolution. Les activités Sécurité par exemple vont représenter une part croissante de notre activité : 20% serait un bon niveau.

Enfin nous sommes aussi très attentifs aux projets de réseaux à haut débit portés par certaines collectivités locales. Nous pouvons les aider à les architecturer, en réaliser la partie active, connecter les entreprises utilisatrices.

AB - Dominique TESSIER, je vous remercie pour ces observations.
Modifié le 18/09/2018 à 14h11
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