Alex de CARVALHO : Messagizer, filiale française du groupe italien Buongiorno, spécialiste de l'e-m

Par pulmo
le 06 décembre 2001
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Alex de Carvalho, directeur de l’activité Business Services Europe de Messagizer, présente la société et analyse le marché de l’emailing marketing en France

Alex de Carvalho, directeur de l'activité Business Services Europe de Messagizer, présente la société et analyse le marché de l'emailing marketing en France

PU : Alex de Carvalho, bonjour. Pouvez-vous me parler brièvement de votre parcours, votre fonction actuelle, et présenter Messagizer ?

AC : Fort d'une expérience de plus de 10 dans le conseil et à l'origine notamment de la création d'E-Mail Vision, je suis spécialisé dans la mise en oeuvre de programmes de marketing direct et de relation-client (CRM). Finlando-Brésilien d'origine et titulaire d'un MBA de l'INSEAD, je m'occupe de la mise en place de nos solutions pour les entreprise à l'échelle européenne en tant que Senior Director Business Services.

Messagizer-MyAlert assure des services de communication et relation client par la voie de média électroniques : e-mail, mobile, PDA et audiotel pour le compte de clients et pour notre propre compte.

PU : Pouvez-vous présenter en détail votre activité grand public ?

AC : Nous rédigons en France une quarantaine de newsletters sur des thématiques intéressantes et sur des sujets d'actualité, avec des fréquences d'envoi par e-mail quotidiennes et hebdomadaires. Quelques exemples de nos titres sont "Sportissimo", "Mail Menu" (recettes culinaires), "Conseil aux Internautes", "C'est arrivé sur le Net" et "Hot Position". Nos newsletters sont disponibles pour le grand public sur le site www.messagizer.fr. L'abonnement est gratuit !

PU : Que recouvre l'offre Business Services orientée vers les grands comptes ?

AC : Nous aidons les entreprises à concevoir et déployer des actions d'acquisition et fidélisation de prospects qualifiés en mettant en place des programmes de relation-client efficaces et mesurables.
Nos consultants spécialistes du marketing direct accompagnent nos clients dans la mise en place, suivi et optimisation des programmes. En utilisant notre technologie propriétaire disponible en mode FAH (ASP), nos clients peuvent cibler, personnaliser et suivre les résultats de leurs campagnes e-mail et SMS.

PU : Après l'acquisition de MyAlert.com, pouvez-vous me parler de votre activité en terme de mobilité ?

AC : La société MyAlert nous a apporté une parfaite complémentarité en terme de savoir-faire et technologie mobile ainsi que des connections pré-établis en direct à plus de 30 opérateurs télécoms. Ensemble, nous sommes capables de fournir des solutions et systèmes de marketing et alertes par SMS et e-mail. Nous mettons en place des services et concepts intégrés audio - mobile avec des serveurs vocaux.
Quelques exemples sont notre service de dédicace vocale disponible en appelant le 08 99 70 70 10 ou encore le répondeur vocal personnalisé sur 08 99 70 66 55 (facturé à 8.23F/appel et 2.23F la minute). Ces services sont détaillés sur le site www.bmobil.com

PU : Quels sont vos clients majeurs ?

AC : Nous travaillons en France avec des entreprises et agences. Nous comptons parmi nos références DHL, eNRJ, NetValor (CCF), Numeriland, BlackOrange, Oreka, BuyCentral. Au niveau Européen nous travaillons avec Lycos, SelfTrade, Carrefour, Addecco, et Deutsche Bank.

PU : La filiale française de Buongiorno a été lancée avec le rachat de Kitalettre, quel bilan pouvez-vous tirer après un an d'activité dans l'hexagone ?

AC : Nous avons vécu une progression nette très forte cette année en France. Notre équipe compte 20 personnes contre 4 au début de l'année. Nous avons recruté plus de deux millions et demi de nouveaux abonnés aux services de newsletters (200.000 au début de l'année. Nous envoyons plus de 15 millions d'e-mails par mois en France (+300 millions par mois en Europe). Nous avons intégré les équipes de MyAlert et opérons nos trois business : portail de newsletters, business services et consumer services.

PU : Fort de votre expérience actuelle et également en tant que fondateur d'E-Mail Vision en 1999, comment envisagez-vous le développement du marché de l'e-mailing marketing en France ?

AC : L'activité d'e-mail marketing est aujourd'hui en plein essor. Au début, nous devions évangéliser et éduquer le marché sur l'utilisation du média e-mail. Aujourd'hui, nous sommes face à un marché plus sophistiqué qui s'ouvre à l'e-mail et qui se structure. Je constate quelques tendances fortes depuis la rentrée :

- Les agences interactives intègrent de plus en plus l'e-mail dans le mix-marketing de leurs clients, avec des campagnes riches et créatives (exemple : animations flash, vidéo, marketing viral).

- Les propriétaires de fichiers d'adresses e-mails adoptent la démarche « d'optimiser » leurs listes et de les qualifier en vue de les monétiser. Les brokers de fichiers off-line commencent à proposer des fichiers on-line.

- Les organismes tels que la Commission Européenne, la Fevad et la SNCD se sont attaqués au problème du spam (e-mail commercial non-sollicité) en proposant des nouvelles règles et déontologies à suivre. Par ailleurs, les membres de la SNCD, auquel nous adhèrons, ont choisi de suivre une position plus ferme, n'acceptant de travailler qu'avec des fichier "opt-in".

- Plusieurs études récentes ont été publiées en France. Par exemple, les études sur l'e-mailing éditées par Benchmark, Digital Business Globe, ou encore ABC-Netmarketing.

- Le premier livre Français sur le sujet à été publié : « Les Clés de l'E-Mail Marketing » (Micro Applications).

- De nombreux nouveaux fournisseurs de solutions d'e-mail marketing sont arrivés sur le marché en proposant des outils performants.

Pourtant, je pense que dans les dix huit mois à venir il ne restera que deux ou trois grands acteurs importants en France et en Europe.

PU : On parle souvent de « permission marketing » où l'internaute a donné son accord pour recevoir des offres ciblés. Pourtant n'y a-t-il pas risques de réactions négatives devant la réception répétée d'offres commerciales et à terme saturation ?

AC : Tandis que chaque campagne d'e-mailing sert à rafraîchir et enrichir la base avec des données comportementales, une fréquence trop forte de sollicitation poussera les personnes à se désabonner. C'est la responsabilité des propriétaires de fichiers de contrôler le « taux de pression » sur leurs fichiers en suivant quelques mesures clés : le taux de désabonnement et « churn » rate (renouvellement). Globalement, je pense que les propriétaires se limiteront à deux à trois envois par mois à leurs listes.

PU : Pouvez-vous donner des chiffres comparatifs en terme de taux de clic ou de transformation entre une campagne d'e-mailing, le sponsoring de newsletters et la bannière plus traditionnelle de publicité ?

AC : Une campagne d'e-mailing commerciale peut générer des taux de clic de l'ordre de 50% selon la pertinence de l'offre et la cible. Les taux d'ouverture sont encore plus élevés. La moyenne sur toutes campagnes confondues est de l'ordre de 12% à 15 %.

Le sponsoring de newsletters génère des taux de clics entre 1% et 3%. Le taux d'ouverture des newsletters reste élevé puisque les abonnés lisent leurs lettres d'informations. La bannière sur l'internet génère des taux de clics entre 0,3% et 0,8% en moyenne.

Les taux de clic sur le sponsoring de newsletters restent plus élevés que sur une bannière internet puisque l'abonné prend le temps de lire le contenu des lettres d'informations : une relation de confiance s'instaure et l'abonné est plus disposé à s'intéresser au sponsoring.

PU : Le marché de l'e-mailing et le sponsoring de newsletters ont-ils vécu la crise que connaît la publicité en ligne en général ?

AC : Les centrales d'achats disent que la publicité en ligne a moins souffert que la publicité sur les médias traditionnels (radio, TV...). Fort du taux de clic plus important sur le sponsoring de newsletters et de l'intérêt en général pour l'e-mailing, nous avons constaté une stabilité dans les dépenses publicitaires sur ce média.

PU : Quels seront vos développements futurs ?

AC : Nos trois axes de développement principaux pour l'année qui suit sera l'élargissement de notre offre newsletters pour toujours apporter des nouveautés à nos abonnés ; le développement de nos solutions techniques de gestion et d'envoi d'e-mails et de SMS ; la conception de nouveaux services vocaux / SMS. Cette gamme d'offres reste unique sur le marché et nous permet d'apporter des solutions de marketing interactif sur mesure et multi-supports à nos clients. Sur ce point, nous pensons pouvoir apporter des solutions à haute valeur ajoutée en travaillant ensemble avec nos partenaires stratégiques que sont Broadvision, SEMA, et WinWin Technologies.

PU : Alex de Carvalho, je vous remercie.

Propos recueillis par Pascale Ulmo
Modifié le 18/09/2018 à 14h10
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