Jacques LEROUX, responsable de la pépinière Paris Cyber Village

Par pulmo
le 12 juillet 2001
 0

Jacques LEROUX nous présente Paris Cyber Village, pépinière High Tech de Paris Développement

Jacques LEROUX nous présente Paris Cyber Village, pépinière High Tech de Paris Développement

PU : Monsieur Jacques LEROUX, bonjour. Pouvez-vous me présenter votre parcours et votre fonction au sein de la pépinière Paris Cyber Village ?

JL : Après une formation scientifique et une spécialisation en méthodologie de l'innovation, mes expériences professionnelles ont été centrées sur l'ingénierie de projets innovants, dans des secteurs très variés : Cité des Sciences et de l'Industrie, Valéo, le développement de la Technopole d'Angers, et plus récemment la responsabilité des prestations de Veille Technologique à la CCIP, parallèlement à l'enseignement des méthodologies de veille dans le Master spécialisé en Intelligence économique de l'ESIEE et plusieurs écoles d'ingénieur. La complémentarité réflexion/action m'est indispensable.

En tant que responsable de Paris Cyber Village, j'assure la gestion de la pépinière, la commercialisation des locaux (communication, sélection des projets), et l'accompagnement des entreprises accueillies.

PU : Quels sont les objectifs de la pépinière et quels sont les moyens dont vous disposez ?

JL : L'objectif de la pépinière est de favoriser les conditions de démarrage, de pérennité et de développement des jeunes entreprises du secteur Internet et Multimédia sur Paris. Du fait de sa proximité avec le pôle multimédia de Seine Saint Denis et la Cité des Sciences, la pépinière doit contribuer au développement de l'économie locale et régionale. Elle sera suivie au printemps 2002 d'une seconde, de 3500m², Bd Mac Donald.

Les moyens sont à la fois matériels et humains. Sur place, l'équipe est réduite : une assistante et une chargée de communication; mes collègues de Paris Développement chargés de l'international (Frédérique Pouget et Eric Fackeldey) assurent le networking vis à vis des réseaux étrangers et le suivi de l'implantation des projets.

PU : De quels organismes dépendez-vous, qui vous finance ?

JL : L'initiative de la pépinière et sa gestion relèvent de Paris Développement, auquel j'appartiens. Paris Développement est le Comité d'expansion économique de Paris, financé par la Mairie de Paris et par la CCIP. Les bâtiments de la pépinière ont été acquis par la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) qui a effectué les travaux de remise à neuf; le Conseil Régional d'Ile de France a subventionné cette opération. Enfin, nous avons monté un partenariat avec France Télécom, qui a pris à sa charge l'ingénierie des réseaux et l'investissement dans les équipements actifs installés (autocommutateur pour la téléphonie; switchs et Routeurs pour les réseaux de données).

PU : Quelles sont les conditions à remplir pour être accepté au sein de la pépinière ?

JL : les conditions sont simples :
- avoir moins de 2 ans et être dans le secteurs Internet/multimédia
- avoir un bon business plan et -selon les besoins- la trésorerie ad hoc
- enfin nous privilégions les projets qui ont un fort contenu technologique

PU : Combien d'entreprises hébergez-vous et dans quels domaines précis ?

JL : Depuis son ouverture en avril 2001, la pépinière héberge une dizaine de projets dans le secteur Internet et Multimédia. Les domaines d'activité sont variés : une market place (AXS MArine), deux moteurs de recherche (Exalead et Infoclic), des services B to B (Specialchem), des solutions pour intranet (Plurimind, Direct Skills), deux sites B to C (Assurway et Editoo), et deux filiales étrangères (Ellko et Websters).

PU : Quels sont les services offerts par la pépinière aux start-ups ? quels avantages cela présente-t-il ?

JL : Les services peuvent se décomposer ainsi :
- sur 1800 m², des locaux (de 80 à 200 m²) et des équipements communs (locaux équipés de vLAN, réseaux haut débit, salles de réunion, matériel audiovisuel, cafétéria...)
- des prestations intellectuelles (animation de la pépinière, networking, accompagnement des projets)
- des services mutualisés (accueil, nettoyage, service postal, surveillance...)

Les start-up peuvent ainsi se concentrer sur leur activité. Du fait de la mutualisation des services, elles bénéficient de prestations de qualité pour un prix attractif.

PU : Quel est le coût pour la start-up ?

JL : Le coût est de 1500 F HT / m2 / an auquel il faut ajouter les abonnements téléphoniques et Oléane (réseau haut débit de France Télécom).

PU : Combien de temps les start-ups restent-elles en moyenne dans la pépinière ?

JL : Nous leur proposons un contrat d'un an, renouvelable jusqu'à 4 ans, avec un préavis de 3 mois la première année, 2 mois les suivantes. Notre ouverture est trop récente pour avoir des statistiques.

PU : Quelles sont les différences majeures entre une pépinière high tech comme Paris Cyber Village et un incubateur privé comme Tocamak ?

JL : D'une part, Paris Cyber Village ne prend pas de participations au capital des entreprises qu'elle héberge et n'apporte pas de fonds, contrairement aux incubateurs privés. D'autre part, elle intervient en aval des incubateurs privés, c'est-à-dire à une phase plus avancée des start-up, généralement après la première levée de fond. Si les incubateurs privés fournissent des équipes pluridisciplinaires (spécialistes technologiques, marketing, finance,...) qui sont mises à disposition des entreprises, la pépinière se concentre sur l'accompagnement des projets et l'hébergement à un prix compétitif.

PU : En tant qu'observateur privilégié, pensez-vous que le phénomène "Start-up" est encore palpable en 2001 ?

JL : Mais quel sens donne t-on aujourd'hui à ce terme ? Ce qui est palpable, c'est que les start-up existent, le "phénomène" en moins. On constate un plus grand professionnalisme dans la construction des business plans et surtout, pour tous les acteurs, le recul -encore récent- aidant, on peut bénéficier des "best practices" qui crédibilisent un projet.

PU : Monsieur Jacques LEROUX, je vous remercie.

Propos recueillis par Pascale Ulmo
Modifié le 20/09/2018 à 14h26
Cet article vous a intéressé ?
Abonnez-vous à la newsletter et recevez chaque jour, le meilleur de l’actu high-tech et du numérique.

Dernières actualités

Auchan, Carrefour, Casino... les tests de magasins 100% automatiques se multiplient
Notre sélection des meilleurs films et séries à voir en avril sur Netflix et Amazon
Sophia, le robot humanoïde, parlera IA lors d'un Sommet Digital à Kigali
Samsung : une mise à jour du Galaxy S10 apporte un mode photo de nuit
La PS5 proposera
Des satellites bientôt mis en orbite pour identifier les plus gros pollueurs de la planète
Informatique quantique : où en est-on ?
Test Huawei P30 Pro : le nouveau champion de la photographie
Google Chrome : un mode Lecture pourrait bientôt être déployé
Redécouvrez l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame grâce à la réalité virtuelle
BlackBerry Messenger (BBM) va fermer ses portes le 31 mai prochain
Salon de Shanghai - Lotus Type 130, l'hypercar qui pourrait faire renaître la marque
Google dévoile son premier assistant connecté pour la voiture : Anker Roav Bolt
Des chercheurs pensent que les voitures volantes permettront de sauver l’environnement
Les vélos électriques ont vu leurs ventes augmenter de 21% en 2018
scroll top