« Une deuxième chance pour les entrepreneurs ? » une tribune de Jérôme Adam

13 janvier 2009 à 11h43
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Co-fondateur d'Easylife conseil (www.easylifeconseil.com) une agence spécialisée dans la conception de solutions innovantes et accessibles simplifiant le quotidien, jerome-adam (www.jeromeadam.com) publie cette tribune libre dans laquelle il revient sur son parcours d'entrepreneur et dans laquelle il dénonce le décalage entre le discours et la réalité d'un entrepreneur...

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Jérôme Adam
Le programme court « Les entrepreneurs », diffusé sur M6 les 3 et 4 janvier et dans lequel j'apporte mon témoignage, vise à mettre en avant l'esprit d'entreprise et à encourager celles et ceux qui hésitent à se lancer. A cette occasion, je tiens à saluer et féliciter cette initiative. Seule réserve : il ne faudrait pas tomber dans les discours idéalistes et positifs à l'excès sur l'entrepreneuriat. Lors de la diffusion en avant-première au ministère des finances, j'ai tenu à rappeler cette nécessité. Je voudrais ici revenir sur l'importance de la 2ème chance au travers d'une anecdote.
 
Rappel des faits :
 
-En octobre 2004, l'entreprise Visual Friendly SA, que j'ai co-fondée près de cinq ans plus tôt avec trois associés, est placée à ma demande en liquidation judiciaire.
-En novembre 2005, je rebondis en démarrant une activité libérale et ouvre un compte à l'agence Duroc BNP Paribas dans le 7ème arrondissement de Paris.
-En juillet 2007, je fais suivre ce compte à l'agence Commerce à la suite de mon déménagement.
-En octobre, je m'associe en vue de créer la SARL Easylife conseil. Mon associée et moi décidons d'ouvrir un compte à l'agence Commerce BNP Paribas.
-Deux mois après avoir effectué les démarches d'ouverture du compte et après plusieurs relances, nous manifestons vivement notre étonnement de ne pas avoir encore le compte de la SARL à disposition (dans cette attente, nous fonctionnions avec mon compte libéral).
Après un silence inacceptable de la part de notre interlocutrice principale, la directrice de l'agence m'apprend que nous ne pourrons pas ouvrir de compte. Ses propos : "Ce cafouillage n'aurait jamais dû arriver. La politique interne de BNP Paribas ne permet pas d'ouvrir un compte professionnel à des personnes ayant connu une liquidation judiciaire".
 
Ironie du sort : le financeur / annonceur du programme court « Les entrepreneurs » est BNP Paribas. Comble de l'ironie, l'agence Commerce est située non loin de la rue des entrepreneurs.
 
Ce qui est regrettable dans cette histoire :
 
-Aucune vérification de cette agence bancaire pour connaître l'état des comptes de nos précédentes entreprises et aucune vérification auprès de la banque de France : nos interlocuteurs auraient vu que nous sommes classés risque 0 à la banque de France et que les liquidations de nos entreprises sont « propres ».
-Un manque de franchise et de capacité à indiquer la politique de la banque : attitude d'autant plus inacceptable que la banque n'éprouvait a contrario aucune difficulté pour recevoir depuis deux ans l'argent de mes clients en libéral.
-Au-delà du cafouillage invraisemblable qui relève plus de la compétence de certaines personnes que de celle d'un réseau d'agences, l'élément le plus grave concerne la politique générale énoncée de refus d'ouverture d'un compte à toute personne ayant connu une liquidation.
Cette anecdote est révélatrice de la perception du risque dans notre pays, de l'acceptation de l'échec, du droit à apprendre et recommencer. Créer et développer son entreprise, c'est aussi rencontrer des difficultés et des moments de découragement, commettre des erreurs, connaître des périodes d'insuccès... Bref, se confronter à tout ce qui au final doit nous renforcer et nous permettre d'avancer plus efficacement par la suite. L'idée générale selon laquelle on apprend plus de ses erreurs que de ses réussites a encore du chemin à parcourir.
 
Pour résumer cette pensée lors de la projection du programme court à Bercy, en présence notamment de certains dirigeants de BNP Paribas, j'ai évoqué le parallèle entre Roland Garros (sponsorisé par cette banque) et la création d'entreprise : «Lorsqu'une banque refuse l'ouverture d'un compte à un entrepreneur qui a liquidé une entreprise, c'est comme si vous refusiez à un joueur de participer à Roland Garros sous prétexte qu'il a perdu un match avant le tournoi ».[1]
 
Souvenir en guise de clin d'œil final :
 
Lorsque j'étais étudiant, Michel Pébereau -président du CA de BNP Paribas-nous enseignait à Sciences-Po certaines théories dont le concept de « destruction créatrice » dû à Schumpeter (« Les mutations des structures économiques générées par le progrès technique se traduisent par un mouvement simultané de création d'activités nouvelles et de destruction d'activités dépassées »). Je dirai donc simplement que la création et la fermeture d'entreprises font partie des incontournables de la vie des entreprises. Notre économie gagnerait sans doute à accepter cette idée en accordant plus aisément la 2ème chance aux entrepreneurs.
 
[1]Merci à Renaud Bouthier, fondateur d'Avenir Santé, pour m'avoir soufflé cette image
 
Jérôme Adam, www.jeromeadam.com
Easylife conseil, "Osez simplifier la vie"
Modifié le 18/09/2018 à 14h41
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