Un cyber-psy pour contrer l'addiction au jeu en ligne ?

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Le 21 novembre 2008
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« Tu voudrais pas faire une pause ? » C'est ce qu'on pourrait bientôt entendre en pleine partie de Counter, venant non pas de la cuisine, mais d'un personnage virtuel bien présent. Les députés UMP Arlette Grosskost (Haut-Rhin, 68) et Paul Jeanneteau (Maine-et-Loire, 49) viennent de rendre un rapport préconisant diverses mesures supposées limiter les risques encourus par les joueurs cyberdépendants. L'une de ces mesures viserait à introduire dans le jeu un personnage « psychologue », non-joueur, qui inviterait l'utilisateur à faire une pause.

D'après les estimations de ce rapport parlementaire (NDLR: faites « à la louche » d'après les estimations canadiennes et US proportionnellement à la population de joueurs français), rendu public mercredi 19 novembre 2008, environ 600.000 français seraient victimes d'une cyberdépendance générée par un usage excessif des jeux vidéo en ligne. 10% d'entre eux consulteraient des spécialistes.

« Face à cette pathologie naissante, dont tous disent qu'elle est appelée à se développer, la France a un peu de retard, expliquent les deux députés, il est donc nécessaire d'encadrer ce phénomène au même titre que les autres addictions ». Raison de plus pour eux de proposer, outre des signalétiques et un numéro azur, d'introduire une horloge indiquant le temps de jeu, d'insérer un « cyber-psy » suggérant de faire une pause, ou même de faire en sorte que le personnage joué (l'avatar) se sente fatigué au bout de quelques heures.

« Nous avons rencontré le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs (SELL). Ils se disent ouverts sur le principe, car aucun ne souhaitent voir les joueurs devenir cyberdépendants », insiste Paul Janneteau. De leur côté Blizzard (WoW), EA (Warhammer online) et Eidos (Age of Conan), contactés par la rédaction, ont assuré ne pas avoir « encore » eu écho de cette initiative.

Une telle campagne d'information pourrait effectivement bien jouer son rôle auprès des parents, en revanche le fait qu'elle soit efficace auprès des joueurs et surtout des « addicted hardcore gamers » reste relativement hypothétique. Quoi qu'il en soit, les députés concernés suggèrent de réaliser une étude épidémiologique et sociologique afin d'affiner les connaissances autour du phénomène et de ses conséquences à long terme. La Matrice serait-elle sur le point de nous avaler?
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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