Etats-Unis : IBM veut réduire la fracture à l'aide du réseau électrique

Alexandre Laurent
13 novembre 2008 à 10h51
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La vénérable technologie « broadband over power line » (BPL) se révèlera-t-elle plus efficace que les Wimax et autres liaisons satellite pour réduire la fracture numérique ? Après s'être déjà impliqué dans le déploiement d'un réseau BPL dans la région de Boston, IBM a annoncé cette semaine la signature d'un accord avec la firme Ibec (International Broadband Electric Communications), visant à favoriser le déploiement d'un accès à Internet via le réseau électrique dans certaines régions de l'Est de l'Amérique. L'objectif, pour les deux partenaires, sera de parvenir à fournir un accès à Internet, avec des débits de l'ordre de 512 Kbps à 3 Mbps, dans des zones où l'on ne dispose pas à l'heure actuelle des infrastructures nécessaires au haut débit.

BPL, CPL ?

Le principe du BPL, que l'on connait dans le milieu domestique comme le CPL, ou Courant porteur en ligne, consiste à superposer au signal utilisé pour l'alimentation électrique un second signal, adoptant une fréquence différente, et capable de véhiculer des données. Dans les zones « blanches », dépourvues de connexion ADSL ou de réseaux câblés, le BPL constitue donc, sur le papier, un moyen relativement économique de fournir une connexion à Internet, dans la mesure où il n'est pas nécessaire de déployer un nouveau réseau : il suffit de mettre en place des répartiteurs adaptés sur les lignes électriques, et de fournir un adaptateur à l'utilisateur final. En pratique, la situation n'est pas idyllique et si les technos CPL / BPL ont été considérablement améliorées, elles accusent encore certains défauts, à commencer par une sensibilité exacerbée aux interférences radio.

De fait, bien que le principe même du courant porteur en ligne soit connu depuis des années, celle-ci n'a jamais été très largement adoptée pour la fourniture d'accès à Internet. D'après la FCC (Federal Communications Commission), il n'y aurait à l'heure actuelle que quelques milliers d'abonnés américains effectivement raccordés à un réseau de type BPL. En France, différentes initiatives ont vu le jour avec plus ou moins de succès. La plus ambitieuse, motivée par le Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication (Sipperec), n'a finalement pas abouti.

70 millions de dollars pour 340.000 foyers ?

Dans le cadre de l'accord annoncé cette semaine, IBM participera à hauteur de 9,6 millions de dollars le déploiement de la boucle BPL d'Ibec, qui envisage pour sa part un investissement global de quelque 70 millions de dollars sur les deux années à venir, avec comme objectif le raccordement de 340.000 foyers de l'Alabama, de l'Indiana ou du Maryland, sur des zones où 86% de la population n'aurait pas accès aux technologies DSL. L'offre de base commercialisée par Ibec, qui aujourd'hui ne compte que 1500 clients effectifs, serait facturée aux environs de 30 dollars par mois.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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