Pas besoin de fouiller le menu Démarrer ni de subir la recherche Windows pour ouvrir une appli, retrouver un fichier ou lancer un réglage système. Avec PowerToys, Windows 11 cache un lanceur ultra pratique, directement inspiré de Spotlight sur Mac.

Windows 11 cache un lanceur façon Spotlight sur Mac, voici comment l’activer. © Clubic
Windows 11 cache un lanceur façon Spotlight sur Mac, voici comment l’activer. © Clubic

Windows 11 a beau multiplier les menus, les panneaux de réglages et les raccourcis plus ou moins intuitifs, il lui manque encore une porte d’entrée vraiment rapide pour tout lancer au clavier. Microsoft propose pourtant déjà une solution, mais il faut aller la chercher dans PowerToys. Son nom, PowerToys Run. Moins ambitieux que la Palette de commandes, mais plus immédiat pour les actions de tous les jours, ce lanceur permet d’ouvrir une application, d’exécuter une commande, de chercher un fichier, d’accéder aux paramètres ou d’effectuer un calcul sans quitter son clavier. Bref, Spotlight, mais version Windows, et sans bidouille douteuse.

PowerToys Run, le lanceur que Windows aurait dû intégrer depuis longtemps

PowerToys n’est pas installé par défaut sur Windows 11, et c’est sans doute pour cette raison que nombre d’utilisateurs et d’utilisatrices passent à côté. Pourtant, cette boîte à outils officielle de Microsoft regroupe une série d’utilitaires gratuits pensés pour améliorer l’usage quotidien du système. Un labo maison, en quelque sorte, dans lequel Redmond teste des fonctions parfois très simples, souvent très pratiques, avant de les faire évoluer, de les remplacer, de les laisser vivre dans leur coin ou, parfois, de les rapatrier dans Windows.

PowerToys Run s’inscrit dans cette logique d’expérimentation continue et transforme Windows 11 en système beaucoup plus agréable à piloter au clavier. Une pression sur le raccourci d’appel, quelques lettres dans la barre qui s’affiche, et l’on peut enchaîner les actions sans repasser par le menu Démarrer, les Paramètres ni la recherche Windows. Par défaut, Microsoft a retenu Alt + Espace, une combinaison qui reprend tout naturellement le réflexe Cmd + Espace instauré par Apple pour Spotlight. Celles et ceux qui alternent entre macOS et Windows n’auront donc même pas à rééduquer leurs doigts.

Installer et activer PowerToys Run

Pour profiter enfin de PowerToys Run, il faut d’abord installer… PowerToys. Le plus simple consiste à télécharger directement l’application, mais si vous êtes du genre à crâner, vous pouvez aussi passer par WinGet, Chocolatey ou Scoop.

Pour WinGet :

winget install Microsoft.PowerToys -s winget

Pour Chocolatey :

choco install powertoys

Pour Scoop :

scoop bucket add extras
scoop install powertoys

Ici, on frime, et on passe par WinGet pour installer PowerToys. © Clubic
Ici, on frime, et on passe par WinGet pour installer PowerToys. © Clubic

Une fois PowerToys installé, lancez l’application. Au premier démarrage, l’écran d’accueil affiche un message de bienvenue. Cliquez sur Configurer PowerToys pour accéder aux paramètres de la suite.

Avant toute chose, il va falloir configurer PowerToys Run. © Clubic
Avant toute chose, il va falloir configurer PowerToys Run. © Clubic

Dans le volet de gauche, repérez la section Outils système, puis faites défiler la liste jusqu’à PowerToys Run.

Rendez-vous dans les paramètres de PowerToys Run. © Clubic

Ouvrez le module et activez l’interrupteur si ce n’est pas déjà fait.

Activez PowerToys Run. © Clubic

Par défaut, le lanceur répond au raccourci Alt + Espace. Appuyez sur ces deux touches. Si la barre apparaît à l’écran, PowerToys Run est prêt à servir.

Vérifiez que PowerToys Run répond bien au raccourci Alt + Espace. © Clubic

Configurer PowerToys Run pour en faire un lanceur vraiment utile

Avant de refermer PowerToys, restez dans les paramètres de PowerToys Run. Commencez par le Raccourci d’activation. Alt + Espace est objectivement un bon choix par défaut, les deux touches étant collées l’une à l’autre, mais vous pouvez toujours le modifier si cette combinaison ne vous convient pas. Cliquez sur Modifier (icône crayon), saisissez directement votre nouveau raccourci au clavier, puis enregistrez.

Modifiez le raccourcis d'appel de PowerToys Run si vous le souhaitez. © Clubic

Faites tout de même attention à ne pas réutiliser une combinaison déjà réservée par Windows ou par l’un de vos logiciels. PowerToys dispose bien d’un système de détection des conflits de raccourcis qui, lorsqu’il repère un doublon, l’indique directement dans la fenêtre de configuration de la nouvelle combinaison, mais il peut y avoir quelques couacs. Évitez donc les grands classiques comme Ctrl + C, Ctrl + V, Alt + Tab ou Win + Espace, sauf si vous tenez vraiment à vous compliquer la vie.

En cas de conflit avec d'autres raccourcis système existants, PowerToys le signale. © Clubic

Faites ensuite défiler la page jusqu’à la section Recherche et résultats. Ici, inutile de toucher à tout. Commencez par le Nombre de résultats affichés avant le défilement, fixé à 4 par défaut. Conservez cette valeur si vous voulez une fenêtre compacte, ou augmentez-la légèrement si vous préférez voir davantage de propositions d’un coup.

Configurez le nombre de résultats affichés dans PowerToys Run. © Clubic

Cochez aussi Effacer la requête précédente au lancement pour éviter de voir s’afficher votre dernière recherche à la prochaine ouverture de PowerToys Run. C’est plus net, notamment sur un PC partagé ou lorsque vous passez souvent d’une tâche à l’autre.

Plus bas, vérifiez aussi que l’interrupteur Générer des miniatures à partir de fichiers est bien activé. PowerToys Run affichera alors de petites vignettes pour certains résultats, pratiques pour repérer plus vite une image, une capture d’écran ou un document sans se fier uniquement à son nom.

Activez l'affichage des miniatures pour les fichiers et documents remontés par PowerToys Run. © Clubic

Passez ensuite à la section Position et apparence. Si vous utilisez plusieurs écrans, arrêtez-vous sur Position d’affichage préférée. Par défaut, PowerToys Run s’affiche sur le moniteur qui contient le curseur de la souris, ce qui reste assez logique. Vous pouvez toutefois choisir le moniteur principal ou celui de la fenêtre active si votre organisation de bureau s’y prête mieux.

Configurez l'emplacement de la barre PowerToys Run si vous avez plusieurs écrans. © Clubic

Les réglages de thème et de taille du texte relèvent surtout du confort d’affichage. Ajustez-les si besoin.

Terminez par la section Plug-ins. C’est ici que vous choisissez ce que PowerToys Run peut faire remonter dans ses résultats. Pour une première prise en main, gardez au minimum Programmes, Windows Search, Paramètres Windows, Calculatrice, Heure et date, Convertisseur d’unités et Window Walker (retrouver et basculer vers une fenêtre déjà ouverte). Ajoutez aussi Dossier si vous voulez naviguer rapidement dans l’arborescence d’un disque à partir d’une lettre de lecteur.

Sélectionnez les emplacements dans lesquels lancer des recherches avec PowerToys Run. © Clubic

Avec ces modules, le lanceur couvre déjà l’essentiel sans transformer la barre en fourre-tout. Applications, fichiers, réglages, calculs rapides, fenêtres ouvertes, vous avez déjà de quoi faire.

Si les résultats vous paraissent finalement trop nombreux ou trop éloignés de ce que vous cherchez, revenez dans cette section et désactivez les plugins qui ne vous servent pas. PowerToys Run gagne souvent en efficacité quand il cherche moins, mais mieux.

Les plus minutieux peuvent aussi ouvrir les options de chaque plugin. PowerToys Run permet alors de choisir si un module apparaît dans les résultats globaux, de modifier sa commande d’activation directe (le préfixe qui force PowerToys Run à interroger un plugin précis), d’ajuster son poids dans l’ordre de tri ou, pour certains modules, d’exclure des dossiers et modèles de recherche.

Les plus motivés peuvent encore bidouiller les paramètres avancés de chaque plugin. © Clubic

Que faire avec PowerToys Run au quotidien ?

À peu près tout, selon les plugins activés. Le plus dur consiste presque à prendre le réflexe. Appuyez sur Alt + Espace, tapez ce que vous cherchez, puis validez avec Entrée. Les premières lettres suffisent généralement à faire remonter le bon résultat, que vous cherchiez une application, un réglage Windows, un fichier indexé ou une fenêtre déjà ouverte.

Saissez les premières lettres de votre recherche pour voir apparaître les résultats remontés par PowerToys Run. © Clubic

PowerToys Run sert aussi de calculatrice rapide. Saisissez une opération dans la barre pour faire apparaître le résultat dans les réponses et le copier dans le presse-papiers. Même chose pour les conversions d’unité.

Les préfixes utiles à connaître

PowerToys Run fonctionne aussi très bien sans préfixe, mais ces petites commandes d’activation directe peuvent éviter de mélanger les résultats. Elles forcent le lanceur à interroger un plugin précis, pratique quand une même requête peut faire remonter trop de choses.

= : lancer directement la calculatrice
$ : chercher dans les Paramètres Windows
. : chercher un programme installé
?? : chercher sur le web (via le navigateur/moteur de recherche par défaut)
> : exécuter une commande dans l’interpréteur de commande
< : basculer vers une fenêtre ouverte avec Windows Walker
\ : naviguer dans les dossiers à partir d’un chemin ou d’une lettre de lecteur

Les préfixes forcent PowerToys Run à interroger des plugins spécifiques. Ici, une recherche directe dans les Paramètres Windows. © Clubic

Pas besoin de tous les retenir dès le premier jour, mais les plus utiles, comme =, $ ou ., peuvent vite faire gagner du temps.

Pensez aussi à Windows Walker, le module chargé de retrouver ce qui est déjà ouvert. Tapez le nom d’une application, d’un document ou d’une fenêtre active, puis basculez dessus directement depuis PowerToys Run. Quand le bureau déborde d’onglets, de documents Word et d’outils lancés depuis le matin, c’est souvent plus efficace que de marteler Alt + Tab.

  • Gratuit.
  • De nombreux petits outils dans un package léger.
  • Utile au grand public comme aux power users.
8 / 10