Plus ambitieux et plus offensif que jamais, UGREEN attaque frontalement tous les principaux acteurs du secteur du NAS avec une gamme de produits qui délaisse encore les modèles rackables (pour combien de temps ?), mais lorgne toutes les autres catégories. Le NASync DXP4800 Pro est à ce jour le produit UGREEN le plus haut de gamme passé entre nos mains.

- Châssis métallique robuste
- CPU puissant et iGPU intéressant
- Connecteur RJ45 10 GbE
- 8 Go de RAM extensibles à 64 Go
- 128 Go d'eMMC (système)
- Lecteur de cartes SD pratique
- Portail d'applications succinct
- Logiciel encore en chantier
- DDR5, plus chère que la DDR4 du modèle GT
Un design réussi, mais un air de déjà-vu
À la manière de certains de ses concurrents, UGREEN ne réinvente pas la roue à la sortie de chacun de ses modèles et le NASync DXP4800 Pro ressemble comme deux gouttes d’eau au précédent modèle quatre disques de la marque testé sur Clubic, le DXP4800 GT. En dehors d’un (très) léger changement de coloris, ce sont en réalité exactement les mêmes, en tout cas côté châssis.
On se retrouve donc comme toujours avec un parallélépipède plus profond qu’il n’est large ou haut. Il mesure exactement 257 x 178 x 178 millimètres pour un poids approximatif de 3,8 kilogrammes. Oui, ça fait tout de même un beau bébé sur le bureau, d’autant qu’il faut, comme souvent, ajouter le volume et le poids d’une alimentation que l’on aurait aimée interne : elle mesure 165 x 70 x 31 mm pour un poids d’environ 520 grammes.
Sur les deux photos, vous pouvez voir le lecteur de cartes SD. © Nerces pour Clubic
Comme sur le DXP4800 GT, les baies 3,5 pouces sont placées en façade et les unités sont à monter sur des tiroirs extractibles et verrouillables. Simple et pratique. Toujours comme sur le DXP4800 GT, on dispose de six LED de contrôle en façade en plus du bouton de mise sous tension, de deux ports USB 10 Gbps (1 en Type-C, 1 en Type-A) et d’un lecteur de cartes SD. Rien à redire.
En revanche, le coloris change un peu. Le noir est encore plus omniprésent puisque le liseré bronze a ici disparu. Un moyen simple et efficace de distinguer les deux gammes au premier coup d’œil. C’est une question de goûts bien sûr, mais nous avions une préférence pour ce liseré. Tant pis. Sur les parois du NAS, rien à signaler et pour le reste de la connectique, c’est sur la face arrière que ça se passe avec, en premier lieu, la présence d’un large ventilateur de 120 mm et une grille/filtre.
Le bloc d’alimentation est donné pour 150 watts. © Nerces pour Clubic
Sur l’arrière donc, on retrouve quelque chose approchant le DXP4800 GT, mais en moins bien. Le port HDMI 2.1 (4K@60Hz) est toujours de mise, de même que la prise d’alimentation et les deux USB-A 2.0 (480 Mbps). En revanche, l’USB-C passe en 5 Gbps et nous n’avons plus droit qu’à un seul port RJ45 10 GbE. Un second port est bien présent, mais « seulement » en 2,5 GbE. Pour la majorité des cibles d’un tel NAS, ce ne sera pas gênant, mais le savoir, il vaut mieux.
Fonctionnalités et interface logicielle
Sur le strict plan du design, UGREEN n’est pas loin d’un sans-faute, mais – vous l’aurez compris – le DXP4800 Pro ne change guère la formule. Pourtant, il faut bien justifier un tarif environ 100 euros plus élevé que le DXP4800 GT. Pour cela, c’est vers l’intérieur de la machine qu’il faut se tourner. Il ne s’agit donc plus d’un AMD Ryzen Embedded R2514 pour animer la bête, mais d’un Intel Core i3-1315U avec deux cœurs de plus et des fréquences plus élevées.
Pour le reste, si vous avez consulté notre test du DXP4800 GT, vous serez ici en terrain connu. UGREEN se repose toujours sur quatre tiroirs pour insérer les unités de stockage par l’avant du NAS. Rien de particulier à souligner ici si ce n’est que les tiroirs fonctionnent parfaitement, qu’ils acceptent des unités 2,5 autant que 3,5 pouces et qu’ils disposent, individuellement, d’un petit verrouillage pour éviter toute mauvaise manipulation.
Deux emplacements SO-DIMM et deux emplacements M.2. © Nerces pour Clubic
Notre version du DXP4800 Pro était livrée avec 8 Go de mémoire vive, en DDR5, et UGREEN ne distribue pas d’autre déclinaison. En revanche, il sera très simple d’augmenter cette capacité si besoin : UGREEN a effectivement disposé une trappe sous le NAS. Il suffit de retirer deux petites vis et on accède alors aux principaux points d’évolution du NAS : deux emplacements SO-DIMM pour un maximum de 96 Go de RAM et deux ports M.2 pour des SSD NMVe PCIe 4.0. Ces derniers peuvent autant servir pour créer du cache que pour augmenter le stockage. En revanche, ils ne peuvent héberger le système : celui-ci est stocké sur les 128 Go d’eMMC intégrés par UGREEN.
Cette intégration de mémoire eMMC est une habitude chez UGREEN, elle aura ses adeptes et ses critiques. Elle héberge donc le logiciel système des NAS de la marque, UGOS Pro. Pour y parvenir, rien de plus simple : on branche tout notre matériel et on lance tout bêtement l’application qui servira autant à détecter le NAS sur le réseau qu’à procéder à l’installation du logiciel. Notez qu’il est tout à fait possible d’installer le NAS via l’application smartphone. À vous de choisir.
Sauf malchance de votre part, UGOS Pro ne devrait pas mettre plus de quelques secondes à détecter votre NAS sur le réseau. Ensuite, il suffit de suivre les instructions pour finaliser l’installation, procéder à la création de votre volume de stockage, le tout dans un français parfait. Durant cette courte procédure, UGREEN évoque l’accès à distance, le pool de stockage, le compte local et les dossiers partagés afin de donner quelques astuces aux néophytes. Enfin, l’usager doit choisir le nom qu’il veut donner à son NAS, son identifiant et son mot de passe. Le tour est joué.
Bon point : toute la partie assistant est un modèle de clarté. © Nerces pour Clubic
Inutile de revenir sur toutes les fonctionnalités d’UGOS Pro puisqu’elles n’ont pas le moins du monde changé depuis notre test du NASync DXP4800 GT en juin dernier. Rappelons donc simplement que la phase de configuration des volumes est très complète avec le classique choix d’options du côté de la pile RAID (RAID0, RAID1, RAID5, RAID6) et du format de fichiers (ext4 ou BTRFS). Là encore, ce qui est très bien avec l’interface UGREEN, c’est que les explications sont nombreuses et très claires.
La surveillance matérielle est classique, mais très claire. © Nerces pour Clubic
Bien sûr, UGREEN dispose de tout le nécessaire pour gérer des utilisateurs, des comptes invités, des groupes d’usagers, des quotas de stockage. Snapshots, machines virtuelles, gestion de données dans le cloud ou vidéosurveillance sont d’autres fonctions assez directement accessibles. Hélas, depuis nos précédents tests UGREEN, la marque est encore nettement en retrait par rapport aux ténors du secteur. Ce n’est pas non plus une surprise, on ne construit pas tout un écosystème logiciel en claquant des doigts.
Pour ajouter des fonctionnalités aux outils de base, UGREEN compte – comme ses concurrents – sur un portail d’applications. Celui-ci permet de profiter d’outils pour le téléchargement (qBittorrent), le travail collaboratif en ligne (Office en ligne), la sauvegarde (Sync & Backup), la domotique (Home Assistant) et pas mal d’autres choses encore. Mais UGREEN reste ici à la traîne avec un total de seulement 33 applications et, par exemple, si Jellyfin est de la partie, pas question de trouver Plex.
Les classiques outils de gestion des médias sont de la partie. © Nerces pour Clubic
Comme nombre de ses concurrents, UGREEN insiste toutefois sur la présence de Docker, lequel permettra – malgré quelques manipulations supplémentaires – de pallier presque n’importe quel manque… Mais, à Clubic, nous préférons voir des applications natives. Question de goûts sans doute. Une dernière chose tout de même, UGREEN a le bon goût de permettre d’accéder au NAS via son application, via une interface Web, mais aussi via son application smartphone UGREEN NAS (Android/iOS). Elle regroupe toutes les fonctionnalités et évite d’avoir à se tourner vers plusieurs outils. Pratique.
Tous les modules sont intégrés à un seul outil smartphone. Pratique. © Nerces pour Clubic
Échauffement, nuisances sonores et performances
Vous en avez l’habitude, pour tester le comportement et les performances de nos NAS, nous utilisons à la fois des SSD et des disques durs à plateaux, traditionnels. En l’occurrence, il s’agit de Kingston DC600M et de Seagate Ironwolf Pro. Le NAS est connecté à une infrastructure réseau basée sur un Switch QNAP QSW-M3224-24T, 10 GbE, bien sûr.
Seagate IronWolf (stockage) et Kingston DC600M (performances). © Seagate/Kingston
Comme toujours, les premiers tests se passent sur CrystalDiskMark afin de vérifier les débits que l’on peut obtenir. En lecture, les résultats sont impressionnants et le contrôleur 10 GbE permet de dépasser les 900 Mo/s en lecture séquentielle, mais c’est surtout en écriture séquentielle que nous sommes ébahis : plus de 1 160 Mo/s, c’est du jamais vu sur Clubic.
Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 1 Go, RAID 5, 10 GbE. ©Nerces pour Clubic
Nous modifions ensuite les réglages de CrystalDiskMark afin de troquer les fichiers de test de 1 Go pour des fichiers de 64 Go. Comme souvent, cela ne change pas énormément les résultats, mais la performance progresse en lecture alors qu’elle régresse en écriture. En outre, 27K IOPS en lecture et même 33K IOPS en écriture sont, là encore, deux records.
Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 64 Go, RAID 5, 10 GbE. ©Nerces pour Clubic
Pour évaluer un NAS, nous choisissons toujours de le placer en situation à la place de notre modèle personnel. Avec le NASync DXP4800 Pro, rien à signaler de particulier. Non seulement il fonctionne à merveille, mais il assure des performances de premier plan. Crise de la mémoire oblige, UGREEN ne le propose qu’avec 8 Go de mémoire vive. C’est sans doute un point à surveiller s’il doit servir plusieurs usagers à la fois. L’extension reste facile à réaliser.
Débits en écriture sous Windows 11 en RAID 5, 10 GbE. ©Nerces pour Clubic
Sans entrer dans d’infinis détails, nous avons l’habitude de refléter cet usage au quotidien avec deux petites captures de la copie de fichiers via l’explorateur de Windows 11 – en SMB donc – avec une très grosse archive de plusieurs dizaines de gigaoctets. En lecture depuis le NAS, c’est une fois encore une bête de course : à près de 820 Mo/s en lecture depuis le NAS rares sont les modèles à faire mieux, mais c’est encore en écriture qu’il surprend, le DXP4800 Pro dépasse alors les 900 Mo/s !
Nos mesures se poursuivent pour vérifier l’échauffement, les décibels et la consommation. Côté température, on sent que la puce Intel chauffe un peu et on dépasse les 55°C. En revanche, les disques durs sont bien au frais avec un maximum tournant autour des 43°C. Autre point important, si le NAS est globalement discret, poussé dans ses retranchements, il peut grimper jusqu’à 39,3 dB. Rare, mais important à savoir. Enfin, la consommation est un peu en hausse par rapport au DXP4800 GT, mais sans que ce soit un scandale, 82,8 W dans le pire des cas.
Bouclons comme toujours le test d’un NAS doté d’au moins trois baies par une petite vérification du temps nécessaire à la reconstruction d’une pile RAID 5 après simulation d’une panne. Notre volume est ainsi constitué de 100 Go répartis en huit gros fichiers et de 10 Go répartis en plus de 4 000 petits fichiers. Voilà un autre point qui montre une (légère) supériorité du CPU Intel du DXP4800 Pro par rapport au Ryzen du DXP4800 GT : on ne met ici que 403 secondes quand il en fallait 417 sur le DXP4800 GT. Disons que sur d’imposantes piles RAID, cela fera une certaine différence.
UGREEN NASync DXP4800 Pro : l’avis de Clubic
Alors qu’il se pose en grand frère du NASync DXP4800GT, le modèle « Pro » signe surtout un changement de crèmerie avec passage d’un processeur AMD Ryzen Embedded R2514 à un Intel Core i3-1315U avec deux cœurs de plus et des fréquences plus élevées.
Très honnêtement, pour le reste, le modèle DXP4800 Pro reprend à l’identique la recette – déjà excellente – de la version GT. Aucune mauvaise donc, mais aucune surprise tout court avec, même, une petite régression : on ne dispose que d’un port réseau 10 GbE sur la version Pro, contre deux pour la mouture GT. En dehors de cela, on profite toujours d’un NAS de grande qualité, aux finitions absolument impeccables et au tarif plutôt dans la moyenne basse de la catégorie.
Les performances sont de haut niveau, mais il faudra sans doute repasser à la caisse pour les usages les plus lourds car le NAS n’est – crise de la RAM oblige – accompagné « que » de 8 Go. En réalité, le principal – le seul ? – vrai reproche à formuler, c’est la relative lenteur avec laquelle la bibliothèque d’applications natives se développe. Il y a déjà de quoi, mais comme ses concurrents, UGREEN se repose peut-être un peu trop sur Docker. Un excellent produit malgré tout.
- Châssis métallique robuste
- CPU puissant et iGPU intéressant
- Connecteur RJ45 10 GbE
- 8 Go de RAM extensibles à 64 Go
- 128 Go d'eMMC (système)
- Lecteur de cartes SD pratique
- Portail d'applications succinct
- Logiciel encore en chantier
- DDR5, plus chère que la DDR4 du modèle GT
Fiche technique UGREEN NASync DXP4800 Pro
Résumé
| Type de processeur | Intel Core i3 1315U, , 6 cœurs, 8 threads, 4,5 GHz |
| Norme(s) ethernet | 10 Gbps Gigabit Ethernet (10 GbE) |
| Nombre maximal de disques supportés | 4 |
| RAID supporté | Oui |
| Système de fichier | Btrfs, Ext4 |
Processeur
| Type de processeur | Intel Core i3 1315U, , 6 cœurs, 8 threads, 4,5 GHz |
| Taille de la mémoire | 8Go |
| Type de mémoire | DDR5 |
Réseau
| Norme(s) ethernet | 10 Gbps Gigabit Ethernet (10 GbE) |
| Connecteur(s) Réseau | LAN - Gigabit Ethernet |
| Wake On LAN | Oui |
| Bluetooth | Non |
| Wi-Fi | Non |
| Certification DLNA | Oui |
Stockage
| Format de disque | M.2, 3" 1/2, 2" 1/2 |
| Nombre maximal de disques supportés | 4 |
| RAID supporté | Oui |
| Modes RAID supporté(s) | 10, 6, 5, 1, RAID 0, Single Disk, JBOD |
| Système de fichier | Btrfs, Ext4 |
| Connecteur(s) | USB 3.2 Gen 2 x2, USB Type C |
Compatibilité
| Fonctions du serveur | FTP, Impression, iTunes, Multimédia, Photo, Vidéo-surveillance, Virtualisation, Web |
| Téléchargement sans PC | Oui |
Caractéristiques physiques
| Rackable | Non |
| Largeur | 257.5m |
| Hauteur | 178m |
| Profondeur | 178m |
| Poids | 3.8kg |
Les alternatives au UGREEN NASync DXP4800 Pro :
- Châssis métallique robuste
- CPU puissant et iGPU intéressant
- 2x RJ45 10GbE agrégeables
- Structure solide, format pratique
- Bonne réserve de puissance CPU
- 2x RJ45 5 GbE avec agrégation