Au début de l’été, nous testions le premier NAS UGREEN, le NASync DXP4800 Plus, un modèle haut de gamme. Quelques mois plus tard, le NASync DH2300 passait au laboratoire pour un NAS « petit budget ». Aujourd’hui, c’est un nouveau NAS économique, mais qui préserve les quatre baies, pour une solution pas trop chère, mais aussi plus ouverte sur l’avenir.

Simple, mais efficace le petit logo en façade. ©Nerces pour Clubic
Simple, mais efficace le petit logo en façade. ©Nerces pour Clubic
Les plus
  • Design réussi, pratique à l'usage
  • CPU 8 cores, RAM 8 Go, 2,5 GbE
  • Chauffe peu, consomme peu
  • UGOS Pro déjà excellent !
  • App smartphone très complète
Les moins
  • La RAM n'est pas évolutive
  • Un seul port LAN, pas de port M.2
  • Portail d'applications à enrichir
Le condtionnement « 100 % carton » propre à UGREEN. ©Nerces pour Clubic

Une jolie petite tour, très discrète

Comme à chaque fois, UGREEN a opté pour un conditionnement tout simple, « écolo » : une boîte en carton couleur… carton, sans aucune fantaisie, mais avec les informations essentielles. Le nom du produit et ses caractéristiques principales sont effectivement indiqués alors que l’ouverture se fait le plus simplement du monde pour découvrir un NAS qui ressemble beaucoup à son prédécesseur.

Pour un 4 baies, le NAS est compact et son alimentation l'est autant. ©Nerces pour Clubic

Les NASync DH2300 et DH4300 Plus sont presque jumeaux même si le second est sensiblement plus imposant. Rien d’étonnant, il s’agit d’un modèle quatre baies. Il adopte donc la forme d’une petite tour à base carrée de 155 millimètres de côté. Logiquement, la hauteur est plus importante – à 215,7 mm – mais l’ensemble reste très compact et son poids ne sera pas non plus très gênant : tout juste 1 400 grammes, sans aucun disque dur installé.

Esthétiquement et même si tous les goûts sont dans la nature, le DH4300 Plus est une réussite. Il adopte une robe entièrement grise, mais faite de deux tons pour casser la monotonie : la partie supérieure est gris clair (« argent ») avec, sur l’avant, le logo de la marque alors que, sur l’arrière, une large grille d’aération est là pour permettre l’évacuation du flux d’air. La partie inférieure affiche de son côté un gris plus foncé que l’on qualifiera parfois de « souris » proche de l’« anthracite ».

UGREEN assure la promotion de la connectique embarquée. ©UGREEN

Sans surprise, cette partie inférieure regroupe aussi toute la partie technique du NAS. En face avant, on retrouve donc les multiples LED de contrôle. La première est intégrée au bouton de mise sous tension tandis que les autres, disposées en ligne, permettent de vérifier l’état du réseau et de chacune des quatre baies de stockage. Enfin, sur l’extrémité droite, on repère l’unique connecteur en façade, un port USB-C 3.2 Gen 1 (5 Gbps).

Pour de la redondance, un second port RJ45 n'aurait pas été de refus. ©Nerces pour Clubic

Bien sûr, c’est en retournant le NAS que cette partie inférieure dévoile ses secrets et, en particulier, la petite connexion 2,5 GbE en Ethernet RJ45. Il y a du mieux par rapport au DH2300 ! À côté, on retrouve deux ports USB supplémentaires : ce sont des Type-A en 3.2 Gen 1 (5 Gbps). Enfin, une prise HDMI 2.1 (4K@60 Hz) et un jack d’alimentation complètent un ensemble modeste, mais suffisant. Ce jack d’alimentation est évidemment là pour brancher la brique d’alimentation.

Ce n’est pas une surprise, compte tenu de la compacité du NASync DH4300 Plus, UGREEN a opté pour une brique externe. Celle-ci reste de petite taille (113 x 50 x 34 mm pour environ 290 g) malgré une puissance affichée de 72 watts : bien suffisant pour ce genre de machines, même « blindées » de disques durs. Enfin, notons que la partie accessoire est logiquement limitée : en plus de la brique, UGREEN livre un câble secteur, un câble réseau CAT 7 d’environ 150 cm ainsi qu’un ensemble de vis pour monter les unités de stockage dans leurs berceaux.

Sur smartphone la mise en place logicielle est un jeu d'enfant. ©UGREEN

Fonctionnalités et interface logicielle

À la manière de ce qui a été fait sur le DH2300, c’est en retirant sa partie supérieure (aimantée) que l’on accède à l’intérieur du NASync DH4300 Plus. Là, quatre berceaux sont visibles et il suffit de les retirer pour y installer les disques durs. Attention cependant, il n’est donc pas question de fixations sans vis comme c’est le cas chez Synology par exemple : ici, il faut jouer du tournevis. Rien de bien compliqué cependant et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le NAS est prêt.

Le premier de nos quatre berceaux est en place. ©Nerces pour Clubic

Avant d’aller plus loin, nous aimerions faire un rapide tour du propriétaire… lequel nous permet de voir que UGREEN est fidèle aux puces Rockchip en architecture ARM, comme sur le DH2300 : les deux CPU sont proches, RK3576 pour le DH2300 et RK3588 pour le DH4300 Plus. 8 cœurs, 8 threads dans les deux cas et 200 MHz d’écart (2,2 contre 2 GHz). Le Rockchip RK3588 s’organise en 4 cœurs A76 auxquels sont associés 4 cœurs A55, mais nous n’en saurons guère plus.

Le Rockchip RK3588 n'est pas un monstre de puissance, mais il fait plus que le job. ©UGREEN

En revanche, il est intéressant de noter qu’il intègre une solution graphique ARM Mali-G610 MP4 capable de décoder les flux H.264 et H.265 jusqu’en 8K avec prise en charge HDR. L’idéal pour aller avec la prise HDMI déjà évoquée. Par rapport au DH2300, le DH4300 Plus a l’avantage de proposer deux fois plus de RAM (8 Go de LPDDR4X) ce qui est d’autant plus important que cette mémoire vive est soudée et non-extensible.

Le premier écran d'installation : la traduction française est impeccable. ©Nerces pour Clubic

Enfin, soulignons que le logiciel (UGOS Pro) ne s’installe pas sur les disques durs : 32 Go de mémoire eMMC sont soudés à la carte mère et prévus pour cela. Habile transition pour, justement, parvenir à l’étape d’installation logicielle. Là, pas grand-chose de neuf par rapport au DH2300… et ce n’est pas pour nous déplaire. En effet, rappelons que UGREEN se distingue de la concurrence avec un logiciel qui sert à la fois à détecter le NAS sur le réseau, à procéder à son installation et à l'utiliser au quotidien.

Chaque étape du processus est présentée de manière didactique. ©Nerces pour Clubic

Le NAS repéré, on peut lancer l’opération proprement dite avec, à chaque fois, des instructions d’une remarquable clarté, même pour les néophytes complets : accès à distance, pool de stockage, compte local et dossiers partagés sont évoqués pendant que le système se configure. L’usager se voit juste demander le nom qu’il veut donner à la machine, son login et son mot de passe. Ensuite seulement, une fois que la procédure est achevée, on arrive sur le bureau du NAS et l’assistant se poursuit.

Les assistants se retrouvent à tous les niveaux. ©Nerces pour Clubic

L’interface utilisateur est explicitée de manière très didactique et nous sommes pris par la main pour configurer l’espace de stockage du NAS. On sélectionne les disques à utiliser, on opte pour un style de RAID (JBOD, RAID 0, RAID 1, RAID 5, RAID 6 ou RAID 10) et on détermine le système de fichiers du premier volume sachant que l’on peut en configurer plusieurs et terminer cette opération plus tard. Là encore, l’assistant prend ensuite le relais pour, cette fois, évoquer les dossiers partagés.

Tous les services traditionnels d'un NAS sont présents. ©Nerces pour Clubic

Inutile d’entrer dans davantage de détails sur la configuration du NAS et des divers services associés, mais sachez qu’à chaque fois, UGREEN met un point d’honneur à ce que l’interface soit aussi claire que possible avec une excellente localisation française. Quand on voit le temps qu’il a fallu à des sociétés comme QNAP ou Synology pour atteindre ce niveau d’excellence, on ne peut que saluer les efforts de UGREEN… même si elle profite du travail de ses prédécesseurs.

La gestion multimédia est efficace sur le NASync DH4300 Plus. ©Nerces pour Clubic

En revanche, il nous faut reconnaître que la jeunesse de UGREEN sur le marché du NAS et l’utilisation de l’architecture ARM compliquent un peu les choses : alors qu’ASUSTOR, QNAP, Synology ou Terramaster se reposent toutes sur un portail d’applications pour offrir toujours plus de modules, de services, UGREEN est ici un peu à la traîne. Le portail d’applications est bien là et il contient déjà des choses intéressantes, mais rien de comparable avec la concurrence.

Grâce à l'IA, l'outils Photos est à même de situer vos souvenirs. ©Nerces pour Clubic

Faites une croix sur les machines virtuelles et Jellyfin/Plex impliquent de passer par un conteneur sur Docker. Pour le coup, cela va un peu à l’encontre de la simplicité affichée. Heureusement, il y a tout de même de quoi faire et UGREEN dispose d’outils de travail collaboratif et de synchronisation, la sauvegarde des données est présente et des gestionnaires médias sont présents : Musique pour l’audiothèque, Photos pour la photothèque et Théâtre pour la vidéothèque.

Les mêmes assistants pratiques se retrouvent sur smartphone. ©Nerces pour Clubic

Il nous faut aussi souligner un atout indéniable de UGREEN qui nous laisse le choix : UGOS Pro est ainsi disponible via un client macOS/Windows dédié, mais aussi via une interface Web. Mieux, les smartphones (Android/iOS) disposent également de leur client lequel rassemble en une seule app tous les outils évoqués précédemment. Pratique. Enfin, notons la simplicité d’utilisation imaginée par UGREEN qui intègre une puce NFC dans la façade de son NAS : il suffit d’approcher le smartphone pour lancer le téléchargement de l’application. Un peu gadget, mais tellement pratique.

Tout se gère depuis une seule et même application. Bien vu. ©Nerces pour Clubic

Échauffement, nuisances sonores et performances

Vous en avez l’habitude, pour tester le comportement et les performances de nos NAS, nous utilisons à la fois des SSD et des disques durs à plateaux, traditionnels. En l’occurrence, il s’agit de Samsung 870 EVO 1 To et de Toshiba MG09 18 To. Le NAS est ensuite connecté à une infrastructure réseau basée sur un switch QNAP QSW-M3224-24T, 10 GbE, bien sûr.

Notre switch 10 GbE, l'excellent QNAP QSW-M3224-24T. ©QNAP

Toshiba MG09 (stockage) et Samsung 870 EVO (performances). ©Toshiba/Samsung

Comme toujours, les premiers tests se passent sur CrystalDiskMark afin de vérifier les débits que l’on peut obtenir. Pas grand-chose à signaler ici, le NAS exploite correctement son contrôleur réseau 2,5 GbE lequel est saturé en lecture comme en écriture séquentielles : autour de 295 Mo/s. C’est bien moins vrai en aléatoire, mais à environ 18 Mo/s, ce n’est pas si mal.

Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 1 Go, RAID 5, 2,5 GbE. ©Nerces pour Clubic

Nous modifions ensuite les réglages de CrystalDiskMark afin de troquer les fichiers de test de 1 Go pour des fichiers de 64 Go. Cela n’a guère d’incidence sur les débits obtenus : nous atteignons toujours le plafond du contrôleur 2,5 GbE en séquentiel alors que l’aléatoire campe autour des 18 Mo/s. Il est aussi bon de souligner les performances correctes en IOPS : autour 10K, pas mal pour un « petit » NAS.

Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 64 Go, RAID 5, 2,5 GbE. ©Nerces pour Clubic

Pour évaluer un NAS, nous choisissons toujours de le placer en situation à la place de notre modèle personnel. Avec le NASync DH4300 Plus, nous n’avons rencontré aucun problème et son architecture n’a été à l’origine d’aucun désagrément. Notons tout de même que pour les amateurs de Docker ou pour les tâches collaboratives lourdes, les 8 Go de mémoire vive pourraient être un souci : à prendre en compte car la mémoire, soudée, est non-extensible.

Débits en écriture sous Windows 11 en RAID 5, 2,5 GbE. ©Nerces pour Clubic

Sans entrer dans d’infinis détails, nous avons l’habitude de refléter cet usage au quotidien avec deux captures de la copie de fichiers via l’explorateur de Windows 11 – en SMB donc – avec une tgrosse archive de plusieurs dizaines de gigaoctets. En lecture depuis le NAS, les résultats sont excellents (environ 282 Mo/s) : nous approchons des débits de CrystalDiskMark. En écriture vers le NAS, c’est un peu moins bon, mais à 230 Mo/s, il n’y a pas de quoi crier au scandale.

À gauche, les mesures au repos, et à droite, en pleine charge. ©Nerces pour Clubic

Nos mesures se poursuivent pour vérifier l’échauffement, les décibels et la consommation. Côté température, le maximum relevé est de 47°C, ce qui n’a rien d’inquiétant sachant que les disques durs atteignaient rarement les 40°C. De plus, cela se faisait dans le calme avec un « maximum bruit » relevé à 38,5 dB. Enfin, la consommation est intéressante pour un NAS doté de quatre disques durs : moins de 35 watts en charge, bravo la puce ARM.

Un peu plus de 430 secondes pour reconstruire notre pile RAID 5 de test. ©Nerces

Bouclons comme toujours le test d’un NAS doté d’au moins trois baies par une vérification du temps de reconstruction d’une pile RAID 5 après simulation de panne. Notre volume est ainsi constitué de 100 Go répartis en huit gros fichiers et de 10 Go répartis en plus de 4 000 petits fichiers. Nous touchons ici aux limites du CPU Rockchip : une puce sympathique, mais qui traîne un peu la patte sur cette tâche avec un peu plus de douze minutes. On a connu mieux.

UGREEN NASync DH4300 Plus : l'avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

Décidément, UGREEN attaque le marché du NAS de la plus belle des manières. Bien sûr, il y a encore quelques petites choses à parfaire, mais après les NASync DXP4800 Plus et NASync DH2300, nous testons déjà notre troisième modèle de la marque… pour une troisième réussite : le NASync DH4300 Plus ne souffre que d’un seul défaut et encore.

En effet, comme sur le DH2300, l’entreprise chinoise a opté pour un processeur Rockchip ARM qui a bien des atouts – échauffement limité, coût modique, NPU intégré – mais souffre encore d’un certain manque de support : UGREEN doit étoffer son portail d’applications qui ne peut se comparer à ceux de ses concurrents ou même à ceux de ses solutions x86.

Reste que même ainsi, le DH4300 Plus regorge de modules, d’options et de services : largement de quoi remplir à plein son rôle pour la maison ou une petite structure professionnelle. Les données se partagent aisément, le travail collaboratif est possible ainsi que la gestion multimédia, l’utilisation d’un cloud, la synchronisation… UGREEN signe une interface de grande qualité, claire et agréable à utiliser et, pour ne rien gâcher, ses NAS sont parmi les moins onéreux.

Les plus
  • Design réussi, pratique à l'usage
  • CPU 8 cores, RAM 8 Go, 2,5 GbE
  • Chauffe peu, consomme peu
  • UGOS Pro déjà excellent !
  • App smartphone très complète
Les moins
  • La RAM n'est pas évolutive
  • Un seul port LAN, pas de port M.2
  • Portail d'applications à enrichir

Fiche technique UGREEN NASync DH4300 Plus

Résumé
Type de processeurRockchip RK3588, ARM Cortex-A76, ARM Cortex-A55
Norme(s) ethernet2.5 Gbps Gigabit Ethernet (2.5 GbE)
Nombre maximal de disques supportés4
RAID supportéOui
Système de fichierBtrfs, Ext4, FAT32, NTFS
Processeur
Type de processeurRockchip RK3588, ARM Cortex-A76, ARM Cortex-A55
Fréquence CPU2000 MHz
Taille de la mémoire8Go
Type de mémoireDDR4
Réseau
Norme(s) ethernet2.5 Gbps Gigabit Ethernet (2.5 GbE)
Connecteur(s) RéseauLAN - 2.5 GbE
Wake On LANOui
Certification DLNAOui
Stockage
Interface interneSerial ATA 6Gb/s (SATA Revision 3)
Format de disqueM.2, 3" 1/2, 2" 1/2
Nombre maximal de disques supportés4
RAID supportéOui
Modes RAID supporté(s)10, 6, 5, 1, RAID 0, JBOD
Système de fichierBtrfs, Ext4, FAT32, NTFS
Connecteur(s)HDMI, USB-A x2, USB 3.2 Gen 1 x2, Line OUT (Jack 3.5mm)
Compatibilité
Fonctions du serveurFTP, Multimédia, Photo
Windows ADSOui
iSCSI (Encapsulation SCSI)Oui
Téléchargement sans PCOui
Caractéristiques physiques
Consommation72W
Largeur155mm
Hauteur215.7mm
Profondeur155mm
Poids2.5kg

Les alternatives au NAS UGREEN NASync DH4300 Plus :

  • Enfin du 2,5 GbE pour le réseau
  • Design toujours aussi impeccable
  • Chauffe peu, très discret
7 / 10
  • Design plutôt compact pour un six baies
  • Puissance de l'Intel Core i5-1235U (10 cœurs)
  • Deux ports SO-DIMM + deux ports M.2
8 / 10
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