Arrivé après les Synology, QNAP et autres ASUSTOR, Terramaster s’est vite fait un nom auprès des amateurs de NAS grâce à des produits au rapport qualité/prix intéressant. Son dernier modèle, le F4-425 Plus, garde un tarif intéressant malgré le renchérissement de certains composants.

- 4 x baies + 3 M.2 : de quoi faire !
- Double contrôleur réseau 5 GbE
- Processeur N150 tout à fait capable
- 16 Go de DDR5 d'emblée
- Peu de chauffe, peu de bruit
- TOS 6 doit encore progresser
- Port HDMI largement inutile
- Application mobile à revoir
Design épuré, modèle compact
Lancés à quelques semaines d’écart, les F4-425 et F4-425 Plus constituent les deux faces d’une même pièce. Il s’agit pour Terramaster de proposer deux niveaux de puissance pour des NAS similaires dans leurs objectifs et leurs caractéristiques. Structurellement, ils se basent sur des concepts identiques avec, toutefois, de notables différences : uniformément noir, le F4-425 est sensiblement plus trapu que notre F4-425 Plus de test, plus compact, et dont seule la façade est noire.
Le NAS est bien protégé et nous est arrivé sans encombre. ©Nerces pour Clubic
Le F4-425 Plus est finalement un petit NAS pour un modèle quatre baies. Il mesure 181 millimètres de large pour 219 mm de profondeur. Sa hauteur s’établit à 150 mm et il pèse un tout petit peu moins de 3 kg. Nous l’avons dit, sa façade intégralement noire détonne avec le reste du NAS qui arbore un gris argent plutôt élégant. Une façade qui, comme toujours, est la porte d’entrée pour les unités de stockage : les quatre berceaux des HDD/SSD sont ici accessibles.
Toujours en façade, on retrouve logiquement une série de cinq LED de contrôle : une pour la mise sous tension du NAS et quatre pour les unités de stockage. Terramaster a également décidé de placer le bouton de mise sous tension sur l’avant du NAS, contrairement à ce que la marque fait parfois sur certains modèles haut de gamme. Enfin, un port USB Type-A est présent sur la façade : pratique d’autant qu’il est en USB 3.2 Gen 2 pour des débits jusqu’à 10 Gbps.
Le minimum à l’avant et plutôt pas mal de choses sur l’arrière. ©Nerces pour Clubic
C’est en retournant le NAS que l’on découvre le reste de la connectique à commencer par ce duo de ports RJ45 : ils sont en 5 GbE, mais peuvent être associés pour doubler les débits, une manière astucieuse de ne pas payer pour un réel contrôleur 10 GbE. Deux autres USB-A 3.2 Gen 2 et un USB-C 3.2 Gen 2 (10 Gbps) complètent les choses alors que l’on aperçoit un HDMI : celui-ci n’est hélas pas exploitable pour des applications, il ne sert qu’à afficher le BIOS.
Bien sûr, un dernier port est accessible sur l’arrière du NAS : le connecteur d’alimentation. Il permet de brancher la brique externe, un modèle de 132 mm de long pour 58 mm de large et 35 mm d’épaisseur qui représente tout de même près de 450 g sur la balance. Ses 90 watts de puissance sont évidemment dimensionnés pour les besoins du NAS, mais avant d’en arriver là parlons un peu de la structure du châssis.
La brique d’alimentation assure une puissance de 90 W. ©Nerces pour Clubic
En effet, contrairement aux modèles plus accessibles comme le F4-425, notre F4-425 Plus est pour l’essentiel en métal. Il est fabriqué en aluminium extrudé avec, simplement, une façade et des berceaux en plastique. Le NAS est donc sensiblement plus lourd que son petit frère, mais aussi bien plus robuste et devrait bien mieux dissiper la chaleur émise par ses composants alors que, sur l’arrière du produit, on note la présence d’un unique ventilateur de 120 mm.
Fonctionnalités et interface logicielle
La présence de quatre baies permet à Terramaster d’évoquer une capacité maximale de 120 To (4x 30 To), sachant que des modèles de disques durs de 32 To sont déjà disponibles. Notez que le FE-425 Plus intègre aussi trois emplacements M.2 2280 (en PCIe Gen 3) lesquels peuvent être configurés en cache ou en stockage, au choix de l’usager. Avant d’en arriver là, détaillons rapidement le reste d’une configuration basée sur une solution Intel.
Terramaster a effectivement opté pour une petite puce N150 dotée de quatre cœurs avec une fréquence maximale de 3,6 GHz. Ce n’est pas un monstre de puissance, mais il est suffisant pour assurer le décodage matériel 4K du VC-1 par exemple et se distingue par un tout petit TDP de 6 watts seulement. Parfait pour une consommation et un échauffement limités. De plus, malgré les tarifs actuels, Terramaster est parvenu à lui associer 16 Go de mémoire vive.
Trois M.2 au format 2280 et un unique port SO-DIMM, occupé. ©Nerces pour Clubic
Il s’agit ici de DDR5 à 4800 MT/s et les 16 Go prennent la forme d’une barrette de SO-DIMM. Petite faiblesse : un seul port SO-DIMM est présent sur la carte mère et, pour passer à 32 Go, il faudra donc remplacer la barrette présente. Remarquez, 16 Go, c’est déjà bien suffisant et, vu les prix actuels, on réfléchira à deux fois avant de viser les 32 Go. Notez au passage que l’accès à ce port SO-DIMM se fait en faisant coulisser le capot du NAS. On révèle alors aussi l’accès aux trois ports M.2.
Une fois la configuration disque validée, il est possible d’allumer le NAS et de procéder à sa mise en place. La découverte du F4-425 Plus sur le réseau se fait le plus simplement du monde, à l’aide de TNAS PC, le petit logiciel imaginé par Terramaster. Là, aucun problème, l’identification est immédiate et on peut lancer l’installation qui ne présente d’ailleurs guère plus de difficultés : il suffit de suivre le guide – en bon français – avec ses étapes très claires.
En bon français, les premiers écrans simplifient le paramétrage. ©Nerces pour Clubic
Bien sûr, quelques choix « critiques » sont proposés, mais comme le NAS ne s’adresse pas à un public de néophytes complets – qui privilégieront plutôt le F4-425 – cela ne pose guère de problème. La procédure dans son ensemble ne prend guère plus de quelques minutes et nous voilà donc, déjà, sur le bureau de TOS – Terramaster Operating System – une sorte de clone limité du DSM de Synology. Oui, limité, car TOS reste, encore aujourd’hui, le moins puissant des OS du marché.
Au lancement des premiers NAS de la marque, il était logique de voir Terramaster encore en retrait alors que des entreprises comme Synology avaient des années d’avance. Hélas, aujourd’hui, les progrès sont encore timides. Sur le principe, TOS ressemble beaucoup à DSM. L’interface du panneau de configuration est une copie de celle de Synology et les fonctions sont riches : gestion des usagers, des dossiers partagés, configuration du pool de stockage, des volumes et des piles RAID…
Toutes les fonctionnalités de configuration les plus importantes sont au rendez-vous et l’ergonomie générale est plutôt bonne. ©Nerces pour Clubic
Sur le papier, tout semble donc impeccable à ce niveau. Pourtant, malgré la succession de versions et le passage relativement récent à TOS 6, des couacs subsistent. Par exemple, malgré son activation, le SMB multichannel ne semble pas apporter de gains particuliers. Même chose pour la fonction wake-on-LAN : dans l’immense majorité des cas, elle fonctionne, mais sans que l’on ne sache pourquoi, elle refuse parfois de réveiller le NAS. Pas très pratique.
TOS garde, dans l’ensemble, une bonne réactivité et répond à la majorité des besoins de base. La gestion des disques, l’association HDD/SSD ou la configuration du cache M.2 ne posent aucun problème. On trouvera juste que la génération d’une pile RAID est un peu longue, mais rien de rédhibitoire. Côté fonctionnalités « annexes » en revanche, Terramaster est encore largement distancé par ses concurrents et le retard ne semble plus se résorber.
S’il est clair sur les risques et les problèmes identifiés, le Conseiller en sécurité pourrait être plus aidant dans leur résolution. ©Nerces pour Clubic
Moniteur de ressources ou Conseiller en sécurité sont un peu limités par rapport à ce que propose la concurrence, mais c’est surtout côté modules supplémentaires que le Centre d’applications semble un peu faiblard : pas de réel outil de travail collaboratif proposé de base, un serveur multimédia très basique et aucune application Terramaster pour gérer notre audiothèque ou notre vidéothèque. C’est vrai, Emby, Jellyfin ou Plex sont là pour faire le job.
Terramaster ne propose qu’un module de vidéosurveillance limité, pas comme le remarquable Surveillance Station de Synology et après de jolies améliorations ces derniers mois, l’application Photos patine un peu. On aurait par exemple aimé une gestion plus fine des albums automatiques, lesquels semblent incapables d’identifier les visages et les lieux pour organiser les clichés. Après, ça reste une affaire de goûts, mais les options sont moins riches que chez la concurrence.
Le gestionnaire de photos est encore un peu juste dans la création d’albums automatiques via l’intelligence artificielle. ©Nerces pour Clubic
Rappelons aussi que la prise HDMI du NAS n’est pas exploitable – comme c’est le cas chez QNAP – par les modules tiers. Impossible par exemple de brancher le NAS à une télévision pour en faire une vraie centrale multimédia, jeux rétro en bonus. À l’heure où nous écrivons ces lignes, seules 57 applications sont disponibles sur le portail Terramaster, c’est deux fois moins qu’ASUSTOR, et nous ne parlons ni de QNAP ni de Synology, bien mieux dotés encore.
Ne soyons pas trop durs et un NAS comme le FS-425 Plus est bien sûr parfaitement exploitable en l’état, mais alors que le logiciel donne des ailes aux produits Synology, nous avons – au contraire – un peu l’impression que TOS bride le matériel Terramaster et l’application smartphone vient en quelque sorte confirmer cette impression d’évolution un peu ralentie.
L’application TNAS Mobile a le bon goût de regrouper toutes les fonctionnalités, mais se montre encore un peu superficielle sur pas mal de points. ©Nerces pour Clubic
Depuis son lancement, TNAS Mobile reste, pour le moment, trop limité. Sur le principe, disposer d’une seule application pour gérer les fonctionnalités est plutôt une bonne chose alors qu’ASUSTOR en totalise huit ! Hélas, sur TNAS Mobile, cela se traduit par des fonctions en retrait : pas de réelle organisation des contenus multimédias (juste des index), aucune configuration de l’interface pour, par exemple, mettre en avant le monitoring matériel… Là encore, les choses sont fonctionnelles, mais on aimerait que Terramaster fasse preuve d’un peu plus d’initiative, d’inventivité.
Échauffement, nuisances sonores et performances
Vous en avez l’habitude, pour tester le comportement et les performances de nos NAS, nous utilisons à la fois des SSD et des disques durs à plateaux traditionnels. En l’occurrence, il s’agit de Kingston DC600M 960 Go et de Toshiba MG09 18 To. Le NAS est ensuite connecté à une infrastructure réseau basée sur un Switch QNAP QSW-M3224-24T, 10 GbE, bien sûr.
Toshiba MG09 (stockage) et Kingston DC600M (performances). ©Toshiba/Samsung
Nos premiers tests sont, comme toujours, réalisés sur CrystalDiskMark afin de vérifier les débits que l’on peut obtenir sur le NAS. Sans surprise, le contrôleur 5 GbE offre de belles performances, mais nous avons déjà connu mieux sur nos disques : quelques modèles viennent flirter avec les 600 Mo/s en lecture séquentielle notamment.
Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 1 Go, RAID 5, 5 GbE. ©Nerces pour Clubic
Plus gênant, et là c’est une première, nous observons une nette différence lorsque nous passons à des fichiers de 64 Go sur CrystalDiskMark. Plus lourds et plus exigeants, ces fichiers semblent mettre à mal le contrôleur réseau : nous ne sommes plus qu’à 472 Mo/s en lecture séquentielle. Amusant en revanche, la baisse est bien plus faible en écriture. Ainsi, sur cet exercice, le F4-425 Plus domine l’AS6704T d’ASUSTOR.
Débits/IOPS CrystalDiskMark : fichiers 64 Go, RAID 5, 5 GbE. ©Nerces pour Clubic
Nous savons d’expérience que les performances théoriques sur CrystalDiskMak ne se retrouvent pas souvent au quotidien. Comme nous en avons l’habitude, nous avons donc utilisé le F4-425 Plus comme NAS « principal » durant plusieurs semaines. Là, il n’a pas bronché et même sollicité par plusieurs clients à la fois, il diffusait nos données sans perte de réactivité. Les 16 Go sont sans doute ici d’un certain secours.
Pour illustrer cet usage « pratique », nous apportons notre classique petite mesure qui reflète une activité essentielle au quotidien d’un NAS : la copie de fichiers via Windows – en SMB donc – via le transfert d’une très grosse archive.
Débits en écriture sous Windows 11 en RAID 5, 5 GbE. ©Nerces pour Clubic
Là, mauvaise surprise : à l’inverse du comportement observé sur CrystalDiskMark, c’est en écriture vers le NAS que le F4-425 Plus est davantage en difficulté. À seulement 345 Mo/s, il est effectivement loin de saturer son interface 5 GbE. En lecture depuis le NAS, c’est mieux sans être renversant, à 528 Mo/s. Nous avons tout de même testé l’agrégation de liens qui, surprise, a bien fonctionné : en lecture depuis le NAS, nous atteignons 883 Mo/s pour 675 Mo/s en écriture vers le NAS.
Vous en avez l’habitude si vous suivez nos tests de NAS, la dernière partie de nos mesures concerne la température atteinte, les décibels dégagés et la consommation électrique. Sur ce point, il faut reconnaître que les choix techniques de Terramaster paient : le processeur N150 est un modèle de sobriété et d’efficacité thermique. Lorsque les disques sont en standby, la consommation est remarquablement faible (à peine 13 W) et grimpe très modérément même en pleine charge (moins de 37 W).
La température relevée au niveau du CPU passe de 37 °C à 51 °C selon que l’on est au repos ou en charge et pas d’inquiétude pour les HDD : ils n’atteignent jamais les 45 °C. De fait, difficile de pousser le ventilateur qui, sur nos tests, n’atteint jamais les 39 dB(A). En revanche, en « trichant » et en le poussant artificiellement, on voit qu’il peut grimper jusqu’à flirter avec les 50 dB(A). Autrement dit, le F4-425 Plus est un modèle de discrétion, mais en cas de franche canicule, on sait qu’il pourra maintenir nos disques durs au frais !
Enfin, nous terminons le test d’un NAS avec au moins trois baies par le temps de reconstruction de notre pile RAID 5. Elle est constituée de 100 Go répartis en huit gros fichiers et de 10 Go répartis en plus de 4 000 petits fichiers. Le processeur N150 n’est clairement pas un monstre de puissance, mais il se sort très honorablement de l’exercice : il ne lui faut qu’un peu plus de dix minutes pour réaliser la tâche.
Terramaster F4-425 Plus : l’avis de Clubic
Alors que la crise de la RAM a nettement renchéri le coût de certains modèles, Terramaster continue à proposer 16 Go de DDR5 sur ses NAS de milieu de gamme. Le F4-425 Plus est ainsi très bien équipé pour un produit de ce type et son rapport qualité/prix semble intéressant.
« Semble ? En effet, si sur les plans matériel et tarifaire il n’y a guère de reproches à formuler, Terramaster pèche toujours un peu côté logiciel. Le processeur Intel N150, la présence de quatre baies sur berceaux simples d’accès, les trois ports M.2, le double contrôleur 5 GbE et, donc, les 16 Go de DDR5 sont autant d’atouts indiscutables pour un produit que l’on peut trouver entre 650 et 700 euros. Hélas, cela ne compense pas complètement les faiblesses de TOS.
Ne forçons pas le trait et le système reste exploitable, mais la comparaison avec les concurrents de Terramaster est douloureuse. Synology et QNAP ont des années d’avance, mais même ASUSTOR fait bien mieux avec des fonctionnalités plus nombreuses et des modules beaucoup plus variés. Sans qu’il soit question de crier au scandale, souhaitons que Terramaster réagisse.
- 4 x baies + 3 M.2 : de quoi faire !
- Double contrôleur réseau 5 GbE
- Processeur N150 tout à fait capable
- 16 Go de DDR5 d'emblée
- Peu de chauffe, peu de bruit
- TOS 6 doit encore progresser
- Port HDMI largement inutile
- Application mobile à revoir
Fiche technique Terramaster F4-425 Plus
Résumé
| Type de processeur | Intel N150 |
| Norme(s) ethernet | 5 Gbps Gigabit Ethernet (5 GbE) |
| Nombre maximal de disques supportés | 4 |
| RAID supporté | Oui |
| Système de fichier | Btrfs, Ext4 |
Processeur
| Type de processeur | Intel N150 |
| Fréquence CPU | 3600 MHz |
| Taille de la mémoire | 16Go |
| Type de mémoire | DDR4 |
Réseau
| Norme(s) ethernet | 5 Gbps Gigabit Ethernet (5 GbE) |
| Connecteur(s) Réseau | 5 Gigabit Ethernet x2 |
| Wake On LAN | Oui |
| Bluetooth | Non |
| Wi-Fi | Non |
Stockage
| Capacité | 144To |
| Interface interne | Serial ATA 6Gb/s (SATA Revision 3), M.2 - PCI-E 3.0 1x |
| Format de disque | M.2, 3" 1/2, 2" 1/2 |
| Nombre maximal de disques supportés | 4 |
| RAID supporté | Oui |
| Modes RAID supporté(s) | TRAID +, TRAID, 6, 5, 1, RAID 0, Single Disk, JBOD |
| Système de fichier | Btrfs, Ext4 |
| Connecteur(s) | USB 3.2 Gen 2 |
Compatibilité
| Fonctions du serveur | FTP, Impression, Multimédia, Photo, Vidéo-surveillance, Virtualisation, Web |
| Téléchargement sans PC | Oui |
Caractéristiques physiques
| Rackable | Non |
| Niveau sonore | 20.9dB |
| Largeur | 181mm |
| Hauteur | 150mm |
| Profondeur | 219mm |
| Poids | 2.9kg |
Les alternatives au NAS Terramaster F4-425 Plus :
- Design réussi, pratique à l'usage
- CPU 8 cores, RAM 8 Go, 2,5 GbE
- Chauffe peu, consomme peu
- Structure solide, format pratique
- Bonne réserve de puissance CPU
- 2x RJ45 5 GbE avec agrégation
